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Objet : Alaa Abdel Fattah, en danger de mort, doit être libéré immédiatement !
Monsieur le Président de la République,
Je
vous écris pour vous demander de libérer le militant égypto-britannique
Alaa Abdel Fattah, détenu arbitrairement, avant qu’il ne soit trop
tard. Depuis plus de 200 jours, il ne consomme que 100 calories par jour
afin de protester contre son emprisonnement injuste et contre la
privation de visites consulaires dont il fait l’objet. Le 31 octobre,
dans une lettre adressée à sa famille, il a annoncé qu’il intensifiait
sa grève de la faim en supprimant tout apport de calories. Le
6 novembre, date à laquelle débute la Conférence des Nations unies sur
le changement climatique (COP27), il a également cessé de boire de
l’eau. Il a écrit : « J’ai décidé de franchir un pas de plus à un moment
que je considère adéquat pour la lutte que je mène afin d’obtenir ma
liberté et celle des personnes prisonnières d’un conflit auquel elles ne
prennent pas part ou auquel elles essaient d’échapper ; et pour les
victimes d’un régime incapable de résoudre ses crises autrement qu’en
recourant à l’oppression, incapable de se maintenir autrement qu’en
recourant à l’incarcération. »
La situation
d’Alaa Abdel Fattah est extrêmement inquiétante compte tenu de son
mauvais état de santé et de sa détermination à cesser de boire de l’eau
tant que les autorités égyptiennes ne l’auront pas remis en liberté. De
plus, comme les autorités carcérales l’ont régulièrement privé de toute
correspondance avec ses proches, je crains que sa famille ne reçoive
aucune nouvelle de lui après qu’il ait cessé de boire de l’eau, alors
qu’il se trouve dans une situation critique. Leur prochaine visite à la
prison est prévue pour le 18 novembre.
Alaa
Abdel Fattah a été arrêté pour la dernière fois en septembre 2019. Il a
été soumis à la torture et à d’autres mauvais traitements, et condamné
par un tribunal d’exception en décembre 2021 sur la base de fausses
accusations et uniquement parce qu’il a exercé pacifiquement ses droits
fondamentaux. Cet homme, qui n’aurait jamais dû être incarcéré, est un
prisonnier d’opinion. Les autorités qui le détiennent sont au bout du
compte responsables de sa vie.
Je vous prie
instamment de libérer immédiatement et sans condition Alaa Abdel Fattah,
ainsi que son avocat spécialiste des droits humains et également
emprisonné Mohamed El-Baqer. Je vous demande d’annuler leur déclaration
de culpabilité et d’abandonner toutes les charges à leur encontre car
ces deux hommes étant détenus alors qu’ils n’ont fait qu’exercer
pacifiquement leurs droits humains.
Veuillez agréer, Monsieur le Président de la République, l’expression de ma très haute considération.
Marie-José Fressard présidente Solidarité Maroc 05
17 rue Jean Eymar
05000 GAP