2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

lundi 27 janvier 2020

COLLECTIF POUR LA COMMÉMORATION DU CENTIÈME ANNIVERSAIRE DE LA NAISSANCE DE MEHDI BEN BARKA 1920 ‒ 2020 
COMMUNIQUÉ 
L’année 2020 marquera le centième anniversaire de la naissance de Mehdi Ben Barka et la 55ème année de sa disparition ; une occasion de revenir sur sa vie et son héritage politique. Penseur et homme d ́action, il a mené un combat pour une société d'hommes et de femmes égaux et libres, refusant tout compromis lorsqu'il s'agissait de défendre la cause des plus démunis et de promouvoir les conditions pour plus de justice et plus de dignité. 
Constitué par des organisations démocratiques marocaines en France – associations, partis politiques : PADS-Europe PSU-France - Voie Démocratique-Europe AMDH ASDHOM APADM FMVJ-France AMF ATMF - Institut Mehdi Ben Barka-Mémoire vivante, ce Collectif, rassemble également en son sein des personnes physiques. Il s’inscrit dans la dynamique autour de cet hommage pour : 
- Faire connaître aux jeunes générations l’extraordinaire itinéraire politique du leader progressiste marocain, sa dimension tant nationale qu’internationale. Au-delà de sa disparition, il reste pour plusieurs générations de ses compatriotes une référence incontournable de la lutte pour l’indépendance et pour l’édification d’une société de progrès. 
- Rappeler sa pensée, son action, son rôle dans l’évolution du Maroc et dans les luttes des peuples du Tiers-monde, et contribuer par là à l’indispensable travail de mémoire, nécessaire pour la connaissance et pour la compréhension des événements historiques de cette période, afin de mieux appréhender le présent et de construire l’avenir. L’actualité de sa pensée politique dans les luttes d’aujourd’hui ainsi que son influence sont incontestables. 
- Se mobiliser pour la vérité sur sa disparition et le sort de toutes les victimes des disparitions forcées. Le Collectif dénonce l’obstruction à la vérité et à la justice des Etats Marocain et Français et témoigne sa solidarité et son soutien à la famille de Mehdi Ben Barka et à son avocat, Maître Maurice Buttin, dans le dur combat qu’ils mènent depuis de longues années pour la manifestation de toute la vérité sur l’enlèvement et la disparition du leader politique marocain. 
Le Collectif salue le combat courageux et digne pour la vérité et la justice de toutes les familles des victimes de la disparition forcée au Maroc. Il soutient leurs actions persévérantes pour connaître enfin le sort de leurs proches et mettre fin à toutes les formes d’impunité. 
Durant toute l’année 2020, le Collectif envisage de définir et de réaliser un programme d’actions couvrant diverses thématiques, à même de mobiliser toutes les potentialités pour répondre aux exigences de l’hommage. 
Novembre 2019

samedi 25 janvier 2020

Virus en Chine : l'appel au secours d'une centaine de Marocains mis en quarantaine à Wuhan

26 morts, près de 1000 cas recensés... c’est l’actuel bilan du coronavirus qui se propage en Chine et au-delà, à une vitesse inquiétante. À Wuhan, ville considérée comme le “berceau” du virus et mise en quarantaine, une centaine d’étudiants marocains appellent au secours.

Par

23 janvier, à 1000 km de Wuhan, les habitants de Beijing portent des masques pour se protéger du virus qui se répand en Chine. Crédit: Nicolas Asfouri/AFP
Le coronavirus est apparu le mois dernier à Wuhan, une ville au centre de la Chine, aujourd’hui mise en quarantaine. La circulation des transports publics y est interdite, la plupart des commerces fermés, et les vivres se font de plus en plus rares. Une centaine d’étudiants marocains font partie des personnes mises en quarantaine par mesure de sécurité.

Inquiétude justifiée

Tout a commencé en décembre. On a commencé à entendre parler d’un virus qui pouvait probablement être tueur. Il ne s’était propagé que dans une zone connue pour le commerce de poisson frais. Ils ont procédé à une mise en quarantaine de cette zone, croyant que le virus se propageait à travers les aliments. Mais tout a changé après les premiers cas de décès”, révèle à TelQuel Mohamed, un étudiant de 24 ans qui prépare son master à l’université de Wuhan.

État de panique générale. L’augmentation des prix du peu d’aliments disponibles ne facilite pas la vie des étudiants marocains qui se sont retrouvés en quarantaine, avec interdiction de quitter la ville. Les autorités nous ont indiqué que toute tentative de sortie de la ville était passible d’amende et de prison ferme, précise Mohamed, qui s’inquiète particulièrement pour les Marocains habitant loin du centre-ville, également privés de transports publics.
J’ai acheté des billets d’avion pour rentrer au Maroc, dès que le virus a commencé à prendre de l’ampleur. Puis on m’a informé que tous les vols étaient annulés, et que personne n’avait le droit de quitter la ville. On ne sait pas quoi faire, nos parents sont inquiets, on attend toujours”, relate Nada, 18 ans, qui vit sa première année en tant qu’étudiante en Chine.
Je connais plusieurs étudiants qui ont été pris de court par l’interdiction des transports publics, ils n’ont même pas pu faire leurs courses, sachant qu’on nous a conseillé de ne manger que des fruits et légumes, c’est compliqué”, ajoute Mohamed, qui nous indique que l’ambassade marocaine de Pékin a déjà contacté la communauté marocaine de Wuhan. Par le biais d’un communiqué, l’ambassade a demandé aux étudiants de s’en tenir aux consignes de sécurité en attendant de trouver une solution pour une éventuelle évacuation.

L’ambassade à la rescousse

Dans ce communiqué daté du 24 janvier, l’ambassade marocaine de Pékin, qui dit être en contact permanent avec les autorités chinoises compétentes pour trouver une solution, a tenté de rassurer les étudiants. “L’ambassade du Royaume du Maroc appelle tous les membres de la communauté marocaine à rester vigilants et à suivre toutes les mesures préventives préconisées par les autorités chinoises, sachant que l’Organisation mondiale de la santé n’a pas qualifié la situation comme une urgence sanitaire”, lit-on dans le communiqué.
Contacté par TelQuel, Abdellah Achach, premier secrétaire de l’ambassade marocaine à Pékin, nous confie que les autorités chinoises ont réagi à la demande marocaine. “Pour le moment, nous sommes en contact permanent avec les autorités chinoises, qui nous ont demandé une liste comportant les noms des Marocains que nous comptons évacuer”, nous a-t-il déclaré.
Ce matin, ils nous ont rassurés en nous confiant qu’il n’y avait aucune interdiction de quitter la ville en cas d’intervention de l’ambassade, et que c’est plus une question de logistique, pour trouver un moyen de transport qui soit sécurisé, et pour que les mesures préventives et autres tests soient effectués sur les Marocains de Wuhan”, ajoute notre interlocuteur.

Attac France : Contre la réforme des retraites “et son monde”, ne lâchons rien




Le mer. 22 janv. 2020 à 20:31, Attac France <attacfr@attac.org> a écrit :
Cet email ne s’affiche pas correctement ? Voir ce communiqué dans votre navigateur..
Sympathisant·e ou adhérent·e d’Attac, à vous toutes et tous, nous voulons lancer un appel, comme une urgence.
La grève a dépassé les 40 jours, elle est une des plus longues de notre histoire pourtant bien fournie. Les secteurs qui l’ont porté, notamment dans les transports, marquent logiquement le pas.
Mais si la grève reconductible peine à s’élargir, les actions se multiplient sur le terrain, avec des formes diverses et inventives. Elles entretiennent la flamme de la contestation d’un mouvement toujours populaire.
Les gilets jaunes occupaient les ronds points, ce sont à présent les lieux de travail et de pouvoir qui sont occupés, les outils de travail qui sont déposés. De nouvelles alliances naissent dans les AG locales entre professions, des artistes aux avocat·e·s en passant par les enseignant·e·s ou les personnels hospitaliers.

L’espoir n’est pas mort

Il n’est pas encore écrit que la stratégie gouvernementale de pourrissement fonctionne. Le mouvement peut gagner en se transformant et en s’ouvrant à celles et ceux qui ne sont pas encore mobilisé·e·s.
La semaine qui vient est décisive. Chacun·e peut trouver sa place dans les actions proposées : le matin avant le travail, la journée en grève reconductible, entre midi et deux, le soir du jeudi 23 janvier pour les marches aux flambeaux, le vendredi 24 janvier lors des manifestations qui se tiendront tandis que le gouvernement présentera la loi en Conseil des ministres.
Motivez vos ami·e·s et vos collègues, dites-leur que chaque personne compte, chaque nouvelle tête est un encouragement, chaque idée, chaque action, chaque intention est précieuse.

Pour vous aider à les convaincre :

Des ressources, des analyses, des outils, des revues de presse, à retrouver sur le site d’Attac France ainsi que sur Vie Interne.
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Pour vous mobiliser :

Et n’oubliez pas, en 2020 :


Attac France

21 ter rue Voltaire
75011 PARIS
France

vendredi 24 janvier 2020

la Namibie et le Timor s’attaquent à l’Espagne à Genève

Publié Le 22/01/2020 à 18h18

L'Espagne a procédé ce mercredi à son troisième examen périodique universel (EPU) au Conseil des droits de l'homme à Genève. Une occasion en or pour les pays soutenant le Front Polisario. En effet, selon l’ONG pro-Polisario Western Sahara ressources Watch (WSRW), la Namibie et le Timor oriental ont «profité de l'occasion pour exprimer leurs préoccupations concernant la participation de l'Espagne au pillage des ressources naturelles du Sahara occidental».
Les deux Etats, qui reconnaissent la «RASD», ont ainsi «recommandé à l'Espagne de respecter le cadre international relatif aux entreprises et aux droits de l'Homme» des Sahraouis. «L'Espagne a le devoir de décoloniser le territoire du Sahara occidental et continue de porter des responsabilités à l'égard du peuple sahraoui indigène», se sont-ils justifiés.
Ils ont également appelé à «respecter le droit du peuple sahraoui à un consentement libre, préalable et éclairé en ce qui concerne l'exploitation des ressources naturelles du Sahara occidental».
«Lors des deux précédents examens de l'EPU effectués par l'Espagne en 2010 et 2015, aucun État n'a abordé la responsabilité continue de l'Espagne vis-à-vis du Sahara occidental», rappelle l’ONG.
A rappeler que le Maroc ne figure pas sur le calendrier de cette 35e session de l’examen périodique universel, tenue jusqu’au 31 janvier.
La rédaction
Journaliste Yabiladi.com






Le Maroc, premier pays arabe en nombre de SDF et de mendiants

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Bladinet 4 août 2019 - 10h10 - Société
La mendicité est un phénomène qui a pris une dimension inquiétante dans les rues marocaines. Le nombre de mendiants, au Maroc, place le pays à la tête des pays arabes en la matière et invite à se poser des questions quant aux origines et aux ramifications de ce phénomène sociétal.
Selon des statistiques officielles, le Maroc est le pays le plus touché par ce fléau social, avec 195.000 mendiants, suivi de l’Égypte, avec 41.000 et, l’Algérie, en troisième position, avec 11.000 mendiants.
La problématique de la mendicité a été l’objet d’un débat à la Chambre des Conseillers, le 4 juin dernier, en présence de la Ministre de la Famille et de la solidarité, Bassima Hakaoui. La séance s’est concentrée sur les différentes formes de mendicité, ainsi que sur les solutions à proposer pour y faire face.
Parmi ces formes, on retrouve des individus qui utilisent les enfants ou les nouveaux-nés, à des fins de mendicité. Les pleurs et les jérémiades, les tares ou les maladies physiques, les dons pour la construction de mosquées, les factures d’électricité, de loyer ou les ordonnances médicales, les périodes de fête ou le ramadan. Ce sont des moyens exploités par les mendiants pour susciter l’intérêt et la compassion.
Plusieurs facteurs sont à l’origine de ce fléau social, selon les députés, qui ont insisté sur la nécessité de mettre en oeuvre des solutions pragmatiques, à des niveaux aussi bien social qu’économique. La pauvreté, le chômage et la cherté de la vie sont les principaux responsables de la prolifération de ce phénomène, bien que d’autres éléments, plutôt subjectifs, sont à incriminer.

jeudi 23 janvier 2020

HRW Rapport Maroc 2020

Bien qu’il restait de la latitude, au Maroc, pour les discours d’opposition – tant que la monarchie et autres « lignes rouges » restaient à l’abri des critiques virulentes – les autorités ont continué à cibler certains détracteurs en particulier, à les traduire en justice, à les emprisonner et à les harceler. Elles ont aussi continué de faire appliquer des lois répressives, notamment vis-à-vis des libertés individuelles.



Liberté de réunion, violences policières et système pénal

Le 6 avril, la Cour d’appel de Casablanca a confirmé les verdicts prononcés en première instance contre des leaders du « Hirak » dans la région du Rif au Maroc. En juin 2018, ces derniers avaient été condamnés à des peines de prison allant jusqu’à vingt ans, et ce principalement sur la base de déclarations qu’ils affirment avoir faites sous la torture, dans des locaux de police.
Le Hirak, mouvement de protestation né dans la région du Rif en 2016, a organisé plusieurs grandes manifestations pacifiques afin de lutter pour de meilleures conditions socioéconomiques, jusqu’à ce qu’une vague de répression policière en mai 2017 conduise à l’arrestation de plus de 450 activistes, dont une cinquantaine de leaders, qui seront par la suite jugés à Casablanca, dans un procès collectif qui durera plus d’un an.
Depuis la confirmation des verdicts, les leaders du Hirak sont détenus dans différentes prisons marocaines. Plusieurs d’entre eux ont observé des grèves de la faim pour dénoncer ce qu’ils estiment être un procès politique.
Selon le code de procédure pénale, un accusé a le droit de contacter un avocat au bout de 24 heures de garde à vue, laquelle peut être prolongée jusqu’à 36 heures. Cependant, les détenus n’ont pas le droit à la présence d’un avocat lors de leur interrogatoire par la police, ou lors de la signature de leur déclaration.

Liberté d’association

Le 16 avril, la Cour d’appel de Casablanca a confirmé la dissolution de l’association culturelle Racines, quatre mois après qu’un tribunal de première instance en ait donné l’ordre. Ce verdict clôturait un procès intenté par le gouverneur de Casablanca à l’association, au motif qu’elle avait « organisé une activité incluant des interviews parsemées d'outrages évidents aux institutions ». À l’origine de la plainte : en août 2018, Racines avait prêté ses bureaux de Casablanca pour l'enregistrement d’une émission diffusée sur YouTube, au cours de laquelle des invités avaient critiqué les discours et les politiques du roi Mohammed VI.

mercredi 22 janvier 2020

“ Rappelez-moi comment c’est à l’extérieur.0148 Un texte inédit d’Ali Aarrass


« Rappelez-moi comment c’est à l’extérieur. Dites-moi, c’est quoi la liberté … », un texte inédit d’Ali Aarrass

"... Un désir profond de serrer ma fille dans mes bras..."
Ce texte inédit d’Ali Aarrass, avec ses Lettres de prison, publiées en 2016, a sa place à côté des plus beaux textes de prison du Palestinien Mahmoud Darwish, de l’Américaine Assata Shakur ou de l’Allemande Rosa Luxembourg. 
Il y a quelque temps j’avais demandé à Ali d’écrire la préface d’un livre que j’avais l’intention d’écrire, regroupant des textes parus sur le site Free Ali pendant ses années de détention. Pour de multiples raisons ce livre ne s’est pas fait. La préface d’Ali, je l’ai gardée pour moi comme un précieux cadeau.  Aujourd’hui, deux mois avant sa libération (le 2 avril 2020), j’en partage quelques extraits avec vous.  Ce texte est un message d’humanité, aussi poétique et émouvant que bouleversant. Une réflexion profonde sur la liberté et la dignité, que seuls ceux qui ont dû traverser l’enfer, sont capables d’écrire.    Que tout le monde en puise des forces pour continuer son combat pour la justice et l’égalité.  Merci de faire connaître les paroles d’Ali et de les partager autour de vous. 
Luk Vervaet
« … Demain, je serai honoré de vous connaître sur le terrain. Vous, le Comité de soutien et tous les sympathisants.  Si je sors un jour à la vie, ma maison n’aura pas de clés. Elle sera toujours ouverte, comme la mer, le soleil et l’air. Qu’ils entrent : les oiseaux, le jour, la nuit, la pluie bleue, et la lune, ma douce amante…  Mais avant, rappelez-moi comment c’est le monde à l’extérieur ? Parce que la prison, c’est comme un insatiable vampire, qui peu à peu absorbe mes souvenirs.  Dites-moi aussi comment est la justice, car là où je me trouve entre ses quatre murs maudits, la justice est une caricature, une mascarade !  Mais ne me dites pas ce qu’est la dignité.  Parce que je l’ai connu intimement.  C’est avec elle que je me couche, avec elle je me lève, je mange à sa table, je lui offre ma faim, elle est la pure essence de la liberté. C’est elle qui m’a fait comprendre que j’étais incarcéré, mais libre.  Aujourd’hui, je me dois un grand respect vers ceux qui croient et voient en elle la sincérité, la cohérence, un compromis d’amour actif envers les autres, en particulier envers les plus humiliés, les offensés. Vous comprendrez que l’homme n’est homme que s’il se convertit à l’humanité. 
Luk, en dépit des circonstances souvent désastreuses, a-t-on le droit de rêver ?  Car un de mes rêves, c’est de voir un monde sans faim, sans guerres, sans inégalités sociales, où le soleil sort et nous réchauffe tous. Mais sommes-nous prêts à tout accepter, quoi qu’il arrive ? Il faut avoir confiance en soi, connaître ses capacités, avoir la volonté d’arriver au but. Se réaliser que toutes les expériences négatives qu’on vît, doivent être perçues comme de véritables opportunités pour se remettre en question, et jamais, à aucun moment, permettre aux échecs apparents de nous décourager. 
Si nous tombons, relevons-nous tout simplement. Et essayons encore. Et ne soyons à aucun moment satisfaits de rester statiques. Il faut aller en avant, toujours en avant ! Nous devons être parmi ses hommes qui pendant des siècles ont été à l’image de l’arbre privé à la fois d’air et de racines. Ce n’est pas la première fois que des hommes auront joué ce rôle dans la cristallisation de la conscience, de l’espoir et de souvenirs. Et cela malgré la répression, la prison ou le bannissement quand ils n’ont pas choisi l’exil.  Aujourd’hui, plus que jamais, l’être humain doit être solidaire, il doit simplement défendre la paix, la liberté et la sécurité des siens.
Luk, alors que je suis plongé dans l’écriture, mon stylo s’arrête de lui-même et observe une minute de silence. Que se passe-t-il ? Y-at-t-il  un opprimé qui meurt quelque part ? Oui, nombreuses sont les lampes qui ont honte de ce qui se passe autour d’elles. Elles détournent le regard vers le plafond… Quant à moi, je me sens toujours prisonnier de celui qui me tend la main. Durant toutes ces années en prison, au lieu d’être angoissé, ça a donné plus de valeur à mon existence, dans une dimension spéciale, avec un désir profond de sentir un jour la liberté, de pouvoir marcher sur l’herbe, de regarder le grand ciel bleu, les étoiles, et de serrer ma fille dans mes bras. Ce sentiment de pouvoir découvrir, de posséder à nouveau un jour, me rendait heureux. 
Oui, je sais parfaitement encaisser les chocs, en me serrant les dents, en mobilisant mes ressources pour affronter et traverser les épreuves pendant les tempêtes. Il fallait que je reste concentré sur mon objectif pour arriver à bon port, sain et sauf. Je dois reconnaître aussi que le recours à l’endurance provient d’un long entrainement. Qui prend très souvent une source dans l’enfance. C’est là, que j’ai dû apprendre à ne compter que sur moi pour m’en sortir des situations difficiles. Le choc de l’épreuve non seulement ne provoque pas l’effondrement, mais il met celui qui le subit en contact direct avec ses ressources et ses compétences de survie. C’est pour cela que nous devons savoir que la volonté et la possession d’une boîte à outils personnelle nous permet de ne pas se sentir démuni face à adversité. De se programmer pour résister dans le temps. Aide-toi, le ciel t’aidera ! 
Celui qui doit endurer ne quitte pas son armure. Il vît comme s’il fallait être prêt à tout moment à affronter une épreuve. Aujourd’hui, toutes ces épreuves ne m’ont pas broyé ! Je suis toujours là, ici. Ils ont voulu me briser dans des conditions de détention inhumaines, mais au contraire je suis resté debout et bien raide avec ma dignité inséparable. Je les remercie d’avoir fait de moi un homme plus fort encore, avec ma conscience et ma dignité d’homme libre toujours dans mon esprit. Je dois dire que j’ai pleinement conscience d’être un privilégié, Dieu merci, de toutes ces années dures et difficiles. Je sais de quoi je parle. 
Je me pose cette question : peut-on faire un grand pas dans la vie sans avoir des garanties ? Ou devons-nous prendre le taureau par les cornes et s’engager très vite sur une autre voie, si ce n’est que pour éviter cette catastrophe ou au moins tenter de l’atténuer.
Luk, au nom de tous les opprimés du monde, je vous remercie, et tout le Comité de soutien, ainsi que tous les hommes et toutes les femmes dont l’aide nous a été précieuse pour mener à bien votre combat. Et surtout de ne jamais avoir baissé les bras… ».
Ali Aarrass

Les « Focos du Net »

"La lumière sera ou l'humanité se perdra !"




Chaque jour qui passe voit la répression des libertés entreprise par le Makhzen gagner en intensité et le délit d’opinion  se généraliser jusqu’à  rapprocher dangereusement  le pays des années de plomb, de sinistre mémoire. Plus personne ne semble à l’abri de cette déferlante de procès orchestrés par le régime en vue de semer la terreur.

Les « Focos du Net »
Dans son pamphlet contre Hassan II, « Notre ami le roi », Gilles Perrault décrivait les actions subversives initiées par Mohamed Basri de « Focos du Fqih ». Une allusion claire aux  célèbres « Focos du Che » qui pensait que la lutte armée, menée par un petit groupe d’activistes, avait toutes les chances de rallier à la cause le plus grand nombre et mettre en place les conditions d’un changement de régime. Le guérilléro échoua à mener à bien son entreprise. Il le paya de sa vie, le 9 octobre 1967, dans la jungle bolivienne alors qu’il tentait d’allumer un de ses fameux feux,  dans le pays.
Fqih Basri, ancien résistant et  co-fondateur de l’Union nationale des forces populaires (UNFP) avait, en effet, décidé d’en découdre avec le régime marocain en s’inspirant des feux préconisés par Ernesto Guevara. Il n’eut guère plus de succès que son modèle argentin mais conserva toutefois la vie.
Les temps ont bien changé. Le « Foquisme »  a échoué et la lutte pacifique a été si bien théorisée et expérimentée, sous ses formes les plus diverses qu’elle  a remisé aux oubliettes,  sinon ringardisé  la lutte armée et les soulèvements meurtriers.
Qu’ils se soient appelés « Mouvement des Indignés »,  « Occupy Wall Street », « Nuit Debout » ou « Mouvement du 20 Février », les pacifistes sont les héritiers du combat initié par Henry David Thoreau, le transcendantaliste américain, en lutte contre l’esclavage et la guerre américano-Mexicaine ou encore  Mohandas Karamchand Gandhi confronté au colonialisme britannique  ou Martin Luther King, le défenseur des droits civiques des noirs américains.

Les « Pyromanes de la Liberté »
Mais si la  violence et les armes ont désormais cédé le pas au pacifisme, il n’en demeure pas moins que subsiste toujours  le principe du groupuscule  ralliant à ses idées les masses. Le régime marocain avait pris le pli de faire son marketing à travers les associations des Marocains Résident à l’Etranger, (RME) dont il tirait les ficelles en sous-main. Il actionnait également les Imams qu’il envoyait prêcher aux quatre coins de l’Europe. Il comptait également sur ses légions de lobbyistes-voyageurs. Une manipulation des masses qui lui coûte chaque année des centaines de millions de Dollars.    Les amis de la liberté,   qui ont abandonné kalachnikovs et bombes, n’ont plus pour seule arme et pour toute fortune qu’un simple téléphone portable. Les messagers de jadis,  sillonnant la campagne afin de battre le rappel des troupes ou distribuant des tracts,  ont été remplacés par de simples Tweets ou Posts. N’importe quel patriote peut désormais  allumer ses propres « Focos du Net » et les entretenir à sa convenance. Ces incendies sont si dévastateurs pour l’image des despotes qu’ils les terrorisent. Et ils les terrorisent tant et si bien que ces derniers croient avoir trouvé la parade en investissant massivement dans une contre-subversion par le Net. Mais le vieil adage prétend que « c’est s’avouer vaincu que de copier les armes de son adversaire. Le temps de les reproduire, ce dernier est déjà passé à une nouvelle arme ». Les sécuritaires sont à ce point convaincus de leur propre défaite, qu’ils puisent à présent, dans les recettes éculées du passé: les procès fabriqués et  les machinations qui font taire.
zefzafi
La mythologie de la stabilité
La stabilité et l’exception marocaines ne sont que des constructions mythologiques imaginées par des prédateurs en bande organisée, vendeurs de chimères de surcroît, qui se sont accaparés le pouvoir et n’acceptent plus de le partager qu’à la condition,  sine qua none, qu’on se plie à leurs diktats et qu’on nourrisse les mêmes sombres desseins que les leurs.
Mohamed Sekkaki, Alias « Moul Kaskita », Mohamed Boudouh, Alias «  Moul Hanout » et avant eux, Nasser Zefzafi et ses compagnons ou encore les journalistes,  aujourd’hui emprisonnés ou forcés à l’exil,  sont les auteurs de ces innombrables  « Focos du Net ». Ce sont les « Pyromanes de la liberté ». Ils se sont donnés comme mission de démontrer que la mécanique, les rouages du Makhzen et son modus operandi sont les seuls et uniques responsables de la tragédie marocaine.
Les sécuritaires et leurs complices au ministère de la justice, pourront sans doute éteindre quelques incendies, en circonscrire  d’autres,    emprisonner les incendiaires, rien n’y fera jamais. Les flammes continueront de dévorer à petit feu, le monstre du Makhzen jusqu’à l’abattre tôt ou tard. Et pour paraphraser Abraham Lincoln,  « On peut éteindre une partie du feu tout le temps et tout le feu, une partie du temps, mais on ne peut éteindre tous les feux,  tout le temps. »

/ Human Rights Watch dénonce la condamnation et l’isolement depuis 3 ans du Belgo-marocain Abdelkader…



  • « C’est déjà terrible qu’un homme soit condamné à perpétuité par déni de justice, mais l’incarcérer en plus dans des conditions inhumaines pendant des années, c’est comme enfoncer le couteau dans la plaie », a déclaré Eric Goldstein, directeur Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch par intérim. 
    « Abdelqader Belliraj et tous les prisonniers du Maroc devraient être traités avec humanité, ce qui implique des contacts quotidiens avec d’autres êtres humains. »
    Selon « L’Ensemble de règles minima pour le traitement des détenus » de l’ONU, également connu sous l’appellation « Règles Nelson Mandela », le régime d’isolement carcéral consiste à passer 22 heures ou plus par jour sans « contact humain significatif ». L’isolement carcéral prolongé – plus de 15 jours consécutifs – est considéré comme un traitement cruel, inhumain ou dégradant, ce qui est strictement interdit par le droit international.
    « Au bout d’un certain temps, l’opinion publique tend à perdre de vue les affaires comme celle de Belliraj, même si elles étaient entachées d’irrégularités », a conclu Eric Goldstein. « Dix ans après leur procès injuste, huit hommes sont toujours en prison aujourd’hui, dont au moins un dans des conditions apparemment inhumaines. N’oublions pas leur détresse. »