2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

dimanche 23 février 2020

Déclaration de presse de Mr Oubbi Bouchraya, membre du Secrétariat National du F.Polisario chargé de l’Europe et l’Union Européenne




Dans sa réponse à une question parlementaire et au nom de la Commission Européenne datée ce 18 fév 2020, Mr. Josep Borrell, chef de file de la diplomatie européenne et vice-président de la Commission, persiste et signe dans ses efforts d’offrir au Maroc ce qui n’appartient qu’à Dieu et à César ! Tout en rappelant le soutien de l’UE aux efforts de l’ONU pour régler la question du Sahara Occidental. 
Le chef de la diplomatie européenne termine sa réponse par un nouveau dérapage en affirmant que « l’accès et les conditions d’entrée dans un territoire non autonome tel que le Sahara Occidental sont déterminées par les autorités administrantes du territoire ». Ce paragraphe contient deux affirmations erronées, contraires au droit international et européen et trahit les obligations de l’UE en matière des droits de l’homme.

Maroc : Le mouvement du 20 Février raconté en 20 vidéos

Ce billet fait partie du dossier de Global Voices sur la contestation au Maroc 2011.
Avertissement : certaines vidéos de cet article contiennent des images violentes par nature. Discrétion conseillée lors du visionnage.
En janvier de cette année, avec le succès de la révolution tunisienne, des militants marocains ouvrirent un débat sur Facebook autour du thème du changement au Maroc, et créèrent un groupe qu'ils appelèrent “Liberté et Démocratie maintenant.” Quelques jours plus tard, le groupe émettait sa première déclaration “fondatrice” [en arabe]. Elle s'adressait au Roi.
Le roi du Maroc Mohammed VI jouit de vastes prérogatives constitutionnelles qui font de lui un monarque absolu qui selon la tradition règne et gouverne. Dans un pays où le chef de l'Etat est considéré comme sacré, le geste des activistes était sans précédent. Leur message est apparu à la fois hardi et dangereux. Il courait le risque d'une confrontation avec l’establishment [en anglais] mais était aussi porteur de ce que beaucoup de Marocains voulaient faire entendre au roi : apporter “les réformes nécessaires au système politique pour permettre aux Marocains de se gouverner eux-mêmes”; “rompre avec le passé pour de bon et irrévocablement.”
Le dimanche 20 février fut choisi pour une manifestation nationale non-violente qui se tiendrait dans toutes les villes du Maroc. C'est la date qui marquera le début du mouvement pour la démocratie au Maroc et lui donnera son nom.

Les médias généraux, pour la plupart propriété ou sous influence du pouvoir, ignorèrent l'appel. Seule une poignée de journaux papier et en ligne [en arabe] transmirent le message. Les activistes durent se tourner vers l'internet, et utilisèrent à plein un puissant média social pour faire passer leurs mots d'ordre, par la vidéo.
Tandis que leurs opposants voulaient discréditer le mouvement à coup de vidéos eux aussi, les activistes eurent l'audace de révéler leur identité, de regarder la caméra en face et raconter leur histoire eux-mêmes. Ils ont filmé les manifestations, chanté des chants pour la réforme, retransmis en direct des rassemblements, parodié leurs détracteurs et rallié des concitoyens à leur cause.
Voici un choix des 20 vidéos les plus vues et diffusées qui ont balisé le cours du Mouvement du 20 février depuis ces 10 derniers mois.
Lire :   https://fr.globalvoices.org/2011/12/29/92778
Premier appel
La première vidéo postée par “Liberté et Démocratie maintenant” montre Oussama Lakhlifi, un des fondateurs, décliner les principales revendications du groupe [en arabe] (vidéo mise en ligne par Lakomechannel):
“Je suis Marocain et je me joins à la contestation”
Un virulent débat en ligne a ensuite mis aux prises les partisans et opposants à la manifestation programmée. Des responsables publics se sont embarqués dans une campagne de discrédit [en anglais] du mouvement basé sur la jeunesse, pendant que d'autres figures publiques le soutenaient ouvertement [en anglais].
Une semaine avant le début des manifestations, les activistes publièrent une vidéo soigneusement réalisée pour expliquer pourquoi ils descendaient dans les rues. Le film aussitôt devenu viral a été déterminant, pense-t-on, pour rallier au mouvement un grand nombre de sympathisants [sous-titres en anglais] (vidéo mise en ligne par le Mouvement20fevrier, réalisée par Montasser Drissi):
Le film de Montasser Drissi a créé un ‘mème’ qui a été copié par d’autres activistes [en anglais] à travers le pays et au-delà (Paris, Montréal, etc.).
“Qui nous sommes et ce que nous voulons”
Pour tâcher de faire taire les rumeurs [en arabe] et accusations [en anglais], les activistes publièrent une vidéo “explicative” sur le mouvement deux jours avant le début des manifestations [sous-titres en anglais] (vidéo mise en ligne par le Mouvement 20 Fevrier, réalisée par Montasser Drissi):
Le 20 février
Au jour dit, des dizaines de milliers de manifestants ont défilé dans tout le pays. Sauf quelques cas de vandalisme à Marrakech, les manifestations se sont déroulées sans violence, démentant les affirmations qu'elles dégénéreraient en chaos. Le mouvement paraissait avoir remporté sa première victoire. Le blogueur de la première heure Larbi d'écrire :
Le mouvement du 20 février a donné beaucoup de gages aux autorités marocaines. Charge au pouvoir marocain de ne pas être sourd et aveugle, de se montrer responsable et de répondre aux aspirations légitimes des manifestants. A chacun de prendre ses responsabilités. Et aujourd’hui le sens de responsabilité se place du côté des manifestants pas du côté du pouvoir marocain.
Le discours du roi
Le 9 mars, le roi parut répondre pour la première fois aux contestataires dans un discours annonçant une réforme constitutionnelle et son engagement à transmettre certaines de ses prérogatives à des représentants élus.
Pour les activistes, les réformes annoncées étaient loin du compte, et ils publièrent une nouvelle vidéo [en arabe] annonçant une “semaine d'action et de volontariat pour mobiliser sur les déficiences des services publics.” La semaine commencerait par une campagne de don du sang et s'achèverait avec une manifestation à l'échelle nationale (vidéo mise en ligne par Moroccans For Change):
Un nouveau clip [en arabe] sur internet appela à une manifestation de masse le 20 mars (vidéo mise en ligne par le Mouvement 20 Fevrier, réalisée par Montasser Drissi)
Le 20 mars a vu un nombre record de manifestants dans les rues relayer le mouvement dans pratiquement chaque village et bourg du pays.
La marche de la “loyauté”
En avril, un obscur groupe pro-régime annonça son propre rassemblement, appelant à une marche de “loyauté au roi.”
La vidéo ci-après [en arabe], réalisée Ghassan El Hakim, a reçu le prix du Meilleur Film [en anglais] au Festival Yallah du Film, à Paris, qui couronne les courts-métrages dédiés aux révolutions arabes. Les acteurs jouent un partisan et un opposant de la “Marche de la loyauté.” Tous deux tombent finalement d'accord pour finalement ne pas participer (vidéo mise en ligne par Che Ghassan, réalisée par Ghassan El Hakim) :
Le Makhzen
De nombreux slogans répétés lors des manifestants visaient l'élite corrompue du Maroc, ce que les Marocains ont coutume d'appeler le Makhzen [en anglais]. Sur cette vidéo mise en ligne par Mamfakinch , un petit Einstein explique le concept de Makhzen en détail :
Hoba Hoba Spirit
Le groupe marocain de musique pop Hoba Hoba Spirit a alors publié une chanson de soutien au mouvement du 20 février, qui revisitait l'hymne national tunisien : “Quand le peuple veut vivre, le destin ne peut manquer de répondre. L'oppression disparaîtra. Les chaînes se briseront à coup sûr” (clip vidéo mis en ligne par Mamfakinch):
Mai sanglant
Le 15 mai, les activistes pro-démocratie décidèrent de marcher sur un supposé centre secret de détention [fr], surnommé Guantémara situé à l'extérieur de la capitale Rabat. La police a eu la main lourde pour les accueillir.
Une semaine après, la police dispersa brutalement les manifestants en les rouant de coups et les pourchassant dans les rues de Rabat et d'autres grandes villes. Hilana Rizky, une militante du mouvement du 20 février, a publié ce témoignage sur YouTube de ce qui s'est passé le 22 mai (vidéo mise en ligne par Moroccans For Change) :
Mai a marqué un tournant dans l'attitude des autorités envers les contestataires. Les plate-formes de médias citoyens comme Mamfakinch.com ont ont joué un rôle significatif pour collationner et diffuser des matériaux documentant les violences policières, et la parodie également, comme le montre le clip ci-après [en arabe], mis en ligne par Zorro of Morocco :
Chants de la révolution
L'art a été un recours fréquent pour les activistes qui s'en sont servi pour dénoncer la répression policière. Dans cette vidéo [en arabe], les rappeurs Mouad “L7a9ed” et Jihane chantent “Mellit!” (j'en ai marre !) (Vidéo mise en ligne par l7a9d) :
Moad “L7a9ed” a été arrêté le 9 septembre 2011, pour agression. Beaucoup pensent que sa détention a un motif politique, et est plutôt due aux paroles de ses chansons qui critiquent ouvertement le régime. Une mobilisation a appelé à la libération immédiate de Mouad. Pour plus d'information, voir L7a9ed.com).
“L'homme à la hache”
Fin mai, la vidéo ci-après [en arabe] n'a pas tardé à faire sensation sur internet. Elle montre un ultra-nationaliste anonyme menacer des militants du 20 février avec une hache, et les qualifier de traîtres (vidéo mise en ligne par insansarih) :
Le changement ? Quel changement ?
Le 17 juin, le roi prononça un second discours esquissant la réforme constitutionnelle. Télévision publique et presse furent mobilisées pour propager les idées réformistes. Les ondes ont réduit à la portion congrue les opposants aux amendements proposés, à qui il ne resta que l'internet pour faire valoir leur point de vue.
La vidéo ci-après parodie le genre d'enthousiasme aveugle et uniforme souvent dépeint par la télévision d'Etat (vidéo mise en ligne par nordahhan) :
Les réformes proposées restaient loin des attentes du mouvement du 20 février, qui publia une nouvelle vidéo appelant au boycott du référendum (vidéo mise en ligne par le Mouvement 20 Fevrier, réalisée par Montasser Drissi):
D'autres vidéos allaient dans le même sens, comme ce petit film [en arabe] du jeune réalisateur Nadir Bouhmouch:
Le jour du scrutin, des activists armés de leurs appareils photos et téléphones portables détectèrent les irrégularités et postèrent images et vidéos sur l'internet. Le blog 24-Mamfakinch publia la vidéo suivante qui se répandit rapidement sur les journaux en ligne et montre des individus non identifiés tripoter une urne bien après la fermeture du bureau de vote et avant tout décompte des voix (vidéo mise en ligne par Referendum Maroc) :
Réforme en trompe l'oeil
La nouvelle constitution fut adoptée par un raz-de-marée mais les activistes restaient résolus. Ils publièrent une nouvelle vidéo au début de septembre, appelant à une protestation nationale pour dénoncer ce qui est pour eux une réforme en trompe l'oeil et une constitution laissant au monarque un droit de veto prévalant sur les représentants élus (vidéo mise en ligne par Movement20Fev, réalisée par Montasser Drissi) :
Mamfakinch !
En octobre, les blogueurs et activistes arabes de premier plan se sont réunis à Tunis. Ils ont eu ce message pour leurs homologues marocains : Mamfakinch! (Nous ne renoncerons pas !) (vidéo mise en ligne par Mamfakinch.com) :
“Mon Makhzen et moi”
Nadir Bouhmouch est un jeune cinéaste marocain qui vit en Californie. Il a suivi tout l'été les jeunes activistes du mouvement du 20 février et s'apprête à sortir sous le titre “Mon Makhzen et Moi !”, son nouveau film qui “enquête sur ce qui a donné naissance à la révolte et sur les obstacles qu'elle rencontre dans sa lutte pour la liberté, la démocratie, les droits fondamentaux et la fin de la corruption et de la pauvreté.” Voici la bande-annonce :
L'an prochain, inchallah
Le mouvement du 20 février a été un élément moteur du changement au Maroc pendant tout 2011. Comme dans les autres pays arabes, il s'est servi abondamment des médias sociaux et d'internet pour coordonner les actions de ses membres et diffuser son message. Malgré les réformes menées par le régime (une nouvelle constitution en juillet, un parlement nouvellement élu en novembre et un gouvernement de coalition conduit par le parti islamiste PJD dont l'annonce est attendue cette semaine), le roi n'en reste pas moins le chef absolu, avec un entourage qui détient des pouvoirs politiques et économiques exorbitants.
Quel rôle pourra jouer l'année prochaine le mouvement du 20 février alors que la fatigue révolutionnaire commence à gagner du terrain ? Restera-t-il assez créatif pour tenir ?
Zineb Belmkeddem, l'un des visages les plus reconnaissables du mouvement du 20 février, fait voeu de poursuivre la lutte. Elle chante “longue vie au peuple !” (vidéo mise en ligne par MoroccanYouth(‘Jeunesse marocaine’) :
Ce billet fait partie du dossier de Global Voices sur la contestation au Maroc 2011.

samedi 22 février 2020

Au Maroc, le régime continue à battre des records en matière de nombre de prisonniers




En Espagne, avec une population de 46,8 millions d'habitants, soit 10 millions de plus qu'au Maroc, il y a 27 250 prisonniers de moins qu'au Maroc. En Algérie, avec une population de 42 millions d'habitants, il n'y avait que 63 000 prisonniers en 2018. 
La journaliste Hajar Raisouni, 28 ans, a été condamnée à un an de prison à Rabat en août dernier pour avoir avorté, ce qu'elle a nié. Pendant les trois mois où Raisouni a été privée de sa liberté, avant que le roi Mohamed VI ne lui accorde la grâce, la journaliste a souffert des problèmes causés par la surpopulation des prisons marocaines, une maladie que les autorités diagnostiquent depuis plusieurs années et à laquelle elles ne peuvent pas faire face. "Dans notre cellule," rappelle Raisouni au quotidien EL PAIS, "nous étions 12 ou 15 détenus, selon ceux qui étaient transférés. Il n'y avait que huit lits de ciment. Les autres ont dû dormir par terre, sans matelas ni couverture. Aucun de nos camarades n'a pu manger ce qu'on nous a donné. La plupart des prisonniers ne prenaient que le poulet et la dinde qu'ils distribuaient deux fois par semaine et refusaient le reste de la nourriture. "J'ai eu beaucoup de peine pour les adolescentes", poursuit Raisouni. "J'ai vu le mauvais traitement qui leur était infligé, les passages à tabac des gardiens. 

La dissidence au Maroc : d'Abraham Serfaty à Nasser Zefzafi

Courrier du Rif 19/2/2020 

 Bien que l'expression de la dissidence ait changé au cours des dernières décennies, la réaction des autorités marocaines face à celle-ci n'a pas changé. Le recours à la manipulation institutionnelle pour étouffer les protestations persistantes de ces huit dernières années n'est pas si différent des outils utilisés par les autorités dans les années 1970 contre l'opposition de gauche - une réalité que Serfaty aurait sûrement déplorée et critiquée s'il avait vécu assez longtemps pour en être témoin.  

Aujourd'hui marque le huitième anniversaire de la mort d'Abraham Serfaty, un éminent militant politique juif marocain. Serfaty était un nationaliste communiste et anticolonialiste reconnu qui s'opposait au protectorat français au Maroc. Militant marxiste-léniniste de premier plan, il a d'abord été arrêté et exilé par les autorités coloniales françaises au début des années 1950, puis emprisonné pendant 17 ans et dépossédé de sa citoyenneté par la monarchie marocaine dans les décennies suivantes. En 2000, il a été réhabilité après la mort du roi Hassan II, autorisé à retourner au Maroc et même doté d'un poste de conseiller royal par le roi Mohammed VI. 
Serfaty est décédé quelques mois avant que la vague de soulèvements arabes ne frappe le Maroc en février 2011. Son décès en novembre 2010 - juste un mois avant que le vendeur de rue tunisien Mohamed Bouazizi ne se soit immolé par le feu en déclenchant les soulèvements arabes - a symboliquement marqué l'avènement d'une nouvelle génération de mouvements de protestation au Maroc. Contrairement aux forces d'opposition officiellement organisées et motivées idéologiquement que Serfaty dirigeait dans les années 1970, les formes et méthodes actuelles d'activisme au Maroc sont sans leader, non idéologiques, et souvent déclenchées par des événements accidentels emblématiques des luttes socio-économiques quotidiennes de la population générale. Bien que l'expression de la dissidence ait changé au cours des dernières décennies, la réaction des autorités marocaines face à celle-ci n'a pas changé. Le recours à la manipulation institutionnelle pour étouffer les protestations persistantes de ces huit dernières années n'est pas si différent des outils utilisés par les autorités dans les années 1970 contre l'opposition de gauche - une réalité que Serfaty aurait sûrement déplorée et critiquée s'il avait vécu assez longtemps pour en être témoin. 

vendredi 21 février 2020

Maroc, la « moisson » des consciences par salahelayoubi



20 février 2011, 20 février 2020. Les Marocains auraient dû célébrer, aujourd’hui, le neuvième anniversaire de leur révolution pacifique, sous la bannière du « Mouvement du 20 février ». Ils pleurent leurs morts et leurs camarades emprisonnés. Comme il en a la coutume, depuis toujours, le Makhzen a cueilli, dans un premier temps, les meneurs,  avant de s’en prendre aux autres. 
 Au cours  de ces neuf longues années, la « moisson des consciences » n’a jamais cessé. Elle s’est même accélérée au cours des derniers mois, n’épargnant même plus les enfants.  Ils sont à présent des centaines qui croupissent dans les geôles du régime marocain, depuis l’autre printemps, celui du Rif, mené par des citoyens exaspérés par l’ostracisme pratiqué par le Makhzen envers leur région et qui les a privés  de leur droit légitime à l’éducation, à la santé, au travail et à tout ce qui fait la dignité de l’homme.

L’Etat au banc des accusés
Selon Amina Bouayach, la nouvelle Présidente du Conseil National des Droits de l’Homme, « il n’existe pas de prisonniers politiques au Maroc », pas plus que la torture n’y est pratiquée. Une déclaration qui n’aura étonné personne. Son prédécesseur, Driss El Yazami, qui a siégé au même poste, lors de l’éclosion du Mouvement du 20 février, entre mars 2011 et jusqu’à décembre 2018, ne procéda pas autrement, lorsque furent arrêtés plusieurs activistes pour des charges fictives. L’ex-prisonnier politique qui  avait pris la tête de l’Instance Equité et Réconciliation, fut précisément un des  membres de la Commission consultative de révision de la Constitution en 2011. Celle-là même qui, au lieu de répondre aux aspirations des Marocains pour une monarchie parlementaire, travestit la constitution, en enlevant au monarque d’une main ce qu’elle lui rendait largement de l’autre. 
Le projet fit long feu, en raison du refus obstiné de Mohammed VI de renoncer à ses gigantesques pouvoirs. Dans un aveuglement et un orgueil caractéristiques à cette dynastie, l’homme doit sans doute s’éprouver « encore plus roi aujourd’hui qu’hier », selon l’expression de son propre père Hassan II, au lendemain du coup d’Etat de Skhirat de juillet 1971 qui faillit lui coûter le trône. En effet, malgré les dénonciations unanimes des organisations internationales des Droits de l’Homme, le régime ne recule pas d’un pouce et  persiste dans sa propension à poursuivre tous ceux qui lui apportent la contradiction ou qui le ciblent à travers les réseaux sociaux.
Pourtant il n’y a guère besoin de prendre de la distance du Maroc, pour entendre une réponse cinglante aux dénégations d’Amina Bouayache. En effet, mardi 18 février, le Directeur Général d’Amnesty International Maroc, Mohamed Sektaoui, expliquait sarcastique, lors du séminaire intitulé « La détention politique au Maroc entre hier et aujourd’hui »:
-       « Notre amie est parfaitement au courant des lois et règlements internationaux. C’est l’État qui enfreint les droits humains qui devrait être sur le banc des accusés. »
Pendant que les consciences de ce pays se souviennent qu’elles furent,  il y a neuf ans, à deux doigts de réaliser un rêve de liberté vieux de plus de soixante ans, Mustafa El Ramid est à Genève,  afin d’exposer les prétendues avancées du Maroc, en termes de Droits de l’Homme, au Palais des Nations. Télescopage improbable entre deux actualités antinomiques. L’homme fut Ministre de la Justice, lors du printemps marocain. Il occupe aujourd’hui,  le fauteuil de Ministre chargé des Droits de l’Homme et des Relations avec le Parlement. Il n’a jamais cessé de nier l’existence de prisonniers politiques et de la torture,  dans les commissariats et dans les prisons marocaines.

Un pays qui bout de colère
Le Makhzen s’est joué pour la énième fois des Marocains et de leurs espérances en s’enjoignant les services de politiciens, couards et assoiffés d’un enrichissement précipité.
Les mafieux sont toujours aux commandes du pays. Ils sont plus que jamais impliqués dans un affairisme qui n’épargne plus aucun secteur de l’économie: industrie, immobilier, construction, éducation, tourisme, hôtellerie.......Les Marocains, pour ce qui les concerne sont toujours plus pauvres et enferrés dans une telle misère économique, familiale, culturelle, sociale, qu’ils n’ont d’autre choix que de fuir leur pays, parfois au péril de leur existence. Meurtris, face au sort qui attend leurs enfants, les parents les incitent à s'exiler, coûte que coûte, avec ces mots: “Mort, pour mort. Va tenter ta chance ailleurs, loin d’ici !!”.
Aux simples d’esprits,  le pouvoir continue d’agiter l’épouvantail du chaos syrien ou libyen. Le Parti de la Justice et du Développement (PJD), complice de la monarchie dans ses basses œuvres, a précipité, le pays,  en une dizaine d’années, dans un obscurantisme et une ignorance jamais atteints, jusque-là.
Les partis politiques qui auraient dû appuyer le printemps marocain se sont ligués contre ses activistes. Ils ne peuvent s’en prendre qu’à eux-mêmes, les Marocains les vomissent en raison des promesses jamais tenues et des retournements spectaculaires de vestes dont ils sont passés maîtres.
Le pays bout de colère et le régime persiste, dans son aveuglement, à ignorer les revendications de liberté, de justice et de dignité de ses citoyens. Plutôt que de s’exécuter, il exécute, punit, embastille, bastonne, torture et agonit.  L'Histoire nous raconte comment les tyrans s'éprouvent toujours invincibles jusqu'à ce que leurs peuples reviennent  les tourmenter encore et encore pour précipiter leur chute !

Nouvel article sur Le blog de Salah Elayoubi

mercredi 19 février 2020

Procès de Julian Assange, et soirée J.A. l’extradition vers les Etats-Unis violerait gravement les droits de l’Homme



Communiqué commun
 
Le 19 février 2020, la Maison des Lanceurs d’Alerte et seize organisations de France (Ligue des droits de l’Homme, La Quadrature du Net, Syndicat national des journalistes), d’Allemagne (Whistleblower Netzwerk), des Pays-Bas (Liga voor de Rechten van de Mens), d’Espagne (Xnet, Fondation Baltasar Garzón), de Suisse (Ligue suisse des droits de l’Homme, Adetra, Solidarité Bosnie, Cetim), de Belgique (Ligue des droits humains), d’Europe (Association européenne pour la défense des droits de l’Homme, EuroMed Droits) et du monde (Fédération internationale des Ligues des droits de l’Homme, The Signals Network) ont saisi la commissaire aux droits de l’Homme du Conseil de l’Europe, Dunja Mijatović, du cas de Julian Paul Assange, fondateur de Wikileaks.

Dans ce mémo, les signataires demandent à la commissaire d’intervenir en faveur de la libération immédiate de Julian Assange et à l’abandon des charges pesant sur ce dernier.
En 2012, Julian Assange s’est réfugié dans l’ambassade d’Équateur à Londres pour échapper à une extradition vers la Suède, pays dans lequel il aurait été exposé à un renvoi vers les États-Unis. Il y a séjourné près de sept années dans des conditions qualifiées de « détention arbitraire » par le groupe de travail des Nations unies sur la détention arbitraire.
 
Le 11 avril 2019, suite au retrait par l’Équateur de son droit d’asile, la police britannique a procédé à l’arrestation du fondateur de Wikileaks au prétexte que ce dernier avait violé les termes de sa libération conditionnelle. Celui-ci a été immédiatement incarcéré dans la prison de haute sécurité de Belmarsh où il séjourne jusqu’à ce jour.
Le 25 février puis le 18 mai 2020, un tribunal britannique décidera du sort de Julian Assange, en se prononçant sur la demande d’extradition présentée par les États-Unis. Pays dans lequel un grand jury de l’état de Virginie a engagé, le 23 mai 2019, des poursuites contre le fondateur de Wikileaks sur fondement de l’« Espionage Act » de 1917. Les dix-huit charges que ce grand jury a retenues contre lui l’exposent à une peine de cent soixante-quinze ans de prison.
Les signataires ont, en premier lieu, attiré l’attention de la commissaire sur la gravité des conséquences que pourraient avoir un renvoi de l’intéressé vers les États-Unis. L’enfermement dans lequel Julien Assange s’est trouvé pendant près de sept ans au sein de l’ambassade d’Équateur, suivi d’une détention de presque un an dans une prison de haute sécurité, a considérablement fragilisé l’état de santé de ce dernier. Dans ces conditions, un renvoi vers les États-Unis, où il est menacé d’une peine de cent soixante-quinze ans de prison sans avoir la pleine capacité de se défendre de manière équitable, l’exposerait à des traitements inhumains et dégradants au sens de l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’Homme (CEDH).
Les organisations ont, en second lieu, rappelé que la surveillance illicite des communications entre Julian Assange et ses avocats hors de tout cadre juridique a violé de manière frontale le principe de la confidentialité des communications entre les avocats et leurs clients, principe d’une valeur fondamentale pour les démocraties européennes.
En dernier lieu, les signataires ont insisté sur le fait que les charges contre Julian Assange reposent quasi exclusivement sur des activités que mènent au quotidien tous les journalistes d’investigation, à savoir celle de publier des informations auparavant tenues secrètes.
Au-delà du sort réservé au fondateur de Wikileaks, une telle inculpation porterait donc une atteinte grave au droit fondamental à la liberté d’expression, de nature à réduire à néant la protection dont bénéficient les journalistes dans toute l’Europe.
Paris, le 19 février 2020 Télécharger le communiqué en format PDF
 
Le sort de Julian Assange nous concerne toutes et tous, journalistes et citoyens, professionnels de l’information et publics auxquels elle est destinée. C’est pourquoi RSF, des médias (dont Mediapart, Regards et Le Média qui en ont lancé l’idée, mais aussi L’Humanité et bien d’autres), des syndicats (SNJ-CGT, SNJ, UGICT-CGT), des associations (Ligue des droits de l’homme, Maison des lanceurs d’alerte) et organisations professionnelles organisent une soirée d'informations en défense des lanceurs d’alerte ce :

Jeudi 20 février à 19h
29 bd du Temple, 75003 Paris

En présence de Christophe Deloire, Edwy Plenel, Paul Moreira et Eva Joly.

Si vous souhaitez participer, l'entrée est libre et gratuite, mais attention dans la limite des places disponibles.



Un immense merci pour votre mobilisation aux côtés de Julian Assange !

Vous pouvez continuer à nous aider à atteindre notre objectif en partageant le plus possible la pétition autour de vous avec l’hashtag #FreeAssange ! Vous êtes le meilleur des relais pour faire entendre cet appel contre son extradition vers les États-Unis, merci d’avance !
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Le 20/10/2015 le comité de soutien à Ali Aarrass interpelle Reynders en pleine conférence

Le comité de soutien à Ali Aarrass interpelle Reynders en pleine conférence

Le comité de soutien à Ali Aarrass se bat depuis 2010.
Le comité de soutien à Ali Aarrass se bat depuis 2010. - © ABDELHAK SENNA - AFP
Moment tendu, lundi soir, au Bozar. Au cours d'une conférence donnée par Didier Reynders (MR) dans le cadre du cycle des Grandes conférences catholiques, le ministre des Affaires étrangères a été interpellé par surprise par des membres du comité de soutien à Ali Aarrass. Luc Vervaet, cheville du collectif Free Ali, a pris la parole pour demander quelles actions le gouvernement belge comptait mener pour la libération de ce Bruxellois emprisonné au Maroc depuis 2010. Luc Vervaet a rapidement été interrompu avant d'être évacué par des agents de sécurité comme le montre une vidéo tournée sur place et diffusée sur les réseaux sociaux.

Le comité accuse la Belgique de ne pas venir en aide au Belgo-Marocain accusé d'activités terroristes par le Royaume chérifien. Des faits que l'intéressé nie formellement. Ali Aarrass a d'ailleurs mené plusieurs grèves de la faim pour dénoncer ces accusations, ses conditions d'incarcération et les actes de torture qu'il dit subir de la part des forces marocaines. Une vidéo montrant son état de santé a d'ailleurs été diffusée voici quelques jours.

mardi 18 février 2020

“Le dossier du journaliste Bouachrine est le plus inquiétant pour les autorités marocaines " selon RSF

Reporters Sans Frontières : “Le dossier du journaliste Bouachrine est le plus inquiétant pour les autorités marocaines

Chaque fois qu’elle publie un rapport ou une déclaration, les yeux du régime  sont grands et le considère avec suspicion et colère alors qu’elle affirme  qu’elle ne fait qu’observer et enregistrer la situation de la liberté d’opinion et d’expression, et que sa mission consiste à protéger le droit des journalistes à parler dans un contexte caractérisé par une « haine » croissante contre les journalistes du monde entier . Il s’agit de l’organisation internationale Reporters sans Frontières . 
 Nous donnons l’occasion dans cette interview avec son représentant en Afrique du Nord, Mr Soheib Khayyatti, à nos lecteurs pour écouter sa version sur les relations entre RSF et l’Etat Marocain , les circonstances du dialogue entre les deux parties et les dossiers les plus pénibles qu’elle a eu l’occasion de traiter  et qui ont provoqué la colère des autorités, ainsi que sur la probabilité pour le Maroc de glisser vers la catégorie des  pays franchement hostiles à la liberté de la presse.
À l’approche de l’annonce par votre organisation du classement annuel international de la liberté de la presse, comment peut-on décrire 2019 à ce niveau ?
Nous pensons que les menaces à la liberté de la presse dans le monde augmentent de façon spectaculaire à mesure que les attaques contre les journalistes et les organisations de médias s’intensifient et que la rhétorique anti-presse des dirigeants politiques et des forces politiques et religieuses s’intensifie. De nombreux endroits sont devenus dangereux pour les journalistes. Nous notons ici que le nombre de journalistes tués en 2019 est le plus bas en 16 ans en raison de la baisse des meurtres de journalistes dans des zones de conflit armé comme la Syrie, le Yémen et l’Afghanistan, tandis que les journalistes sont susceptibles d’être tués dans des zones décrites comme des «pays en paix», et ce pourcentage augmente d’année en année.  
En revanche, le nombre de journalistes victimes de détention arbitraire a augmenté et nous avons enregistré 389 cas à la fin de 2019, dont la moitié en Chine, en Égypte et en Arabie saoudite. Nous rappelons que le titre choisi pour le rapport de l’année sur le classement mondial est  « Le Mécanisme de la peur travaille à plein régime » pour démontrer que la fréquence de la haine contre les journalistes a atteint des degrés dangereux de violence et que les régimes autoritaires resserrent leur emprise sur les médias dans un environnement d’hostilité à leur égard.
Au cours de la dernière année, votre organisation a interagi avec certains dossiers soumis à la justice Marocaine et un nombre élevé de communiqués de RSF ont été consacrés au Maroc, Est-ce spécifique au Maroc ou bien votre démarche  s’applique-t-elle à tous les pays de la région ?
L’Office nord-africain opère sur quatre pays, à savoir la Libye, la Tunisie, l’Algérie et le Maroc, et ses tâches comprennent le suivi et la documentation des violations dans la région, nos règles et normes s’appliquent à tous les pays et nous travaillons avec les mêmes mécanismes et il n’y a aucune intention d’augmenter la taille ou le nombre de communiqués publiées à propos d’un pays ou d’un autre. Si on note une baisse de ceux consacrés à  la Tunisie, cela est dû à une diminution du nombre  de violations, et dans le cas de la  Libye, cela est dû à l’absence de journalistes sur le terrain et au départ  de la plupart des médias hors de Libye. Nous ne « traquons » pas un pays, nous ne faisons que publier des cas de  violation. Ces dernières semaines, nous avons fait un grand effort pour travailler sur la situation des journalistes algériens, qui n’est pas mesurée par le pourcentage de communiqués  simplement parce que les tâches de l’intervention sont multiples.
N’avez-vous pas une certaine influence  sur la conduite des procès t des jugements  et en général sur  le travail de la justice avec vos communiqués?
C’est souvent le cas des organisations nationales et internationales de défense des droits de l’homme qui luttent pour exiger un procès équitable et  s’intéressent à des procès d’opinion et des procès politiques. Il ne nous appartient pas à nous ni  à d’autres d’interférer dans la marche du pouvoir judiciaire ou de nuire à son indépendance, mais il est de notre devoir d’alerter chaque fois que nous constatons des abus ou des manquements de quelque part que ce soit. La norme actuelle  dans de nombreux pays, c’est que ce sont les acteurs politiques et les forces influentes qui interfèrent dans le travail du pouvoir judiciaire et non les défenseurs des droits de l’homme qui réclament toujours l’indépendance du pouvoir judiciaire et que les  droits soient garantis. Il y a de nombreux cas, dans notre région, où le pouvoir judiciaire a rendu une décision ou un verdict criminalisant le travail journalistique, mais il s’agissait de décisions politiques qui instrumentalisent le pouvoir judiciaire, et c’est la différence fondamentale entre ceux qui prônent l’indépendance de la magistrature et luttent contre son instrumentalisation et ceux qui emploient le pouvoir judiciaire et nous accusent ensuite d’interférer dans le cours de la justice!!
Immédiatement après que votre organisation a annoncé que le Maroc se classe à la 135e position à l’échelle internationale en matière de  liberté de la presse pour 2019, le ministère de la Communication a répondu par un communiqué vous accusant d’impartialité et d’agressivité à l’égard du Maroc. Quels critères sont adoptés dans la classification et comment interagissez-vous avec les réactions officielles?
Je commencerai par la deuxième partie de votre question, car après la publication de cet communiqué le 19 avril 2019, nous avons envoyé un représentant de l’organisation qui a  rencontré M. Mohamed Al-Araj, le ministre de la Communication de l’époque, et M. Mustafa Al-Ramid, ministre des droits de l’homme, et les positions de l’organisation ont été présentées, mais en gros nous voulions exprimer aux autorités marocaines que nous ne voulions pas cibler le Maroc dans l’absolu et nous demandons le dialogue et cherchons à nous associer à lui afin d’atteindre les objectifs que nous partageons avec les instances, les associations et les militants du Maroc et du monde entier.