2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

mardi 27 août 2019

Relâchez Nasser Zefzafi et ses Camarades !

Ya Momo & Smala sachez que l'Intelligence Artificielle ne vous lâchera d'une babouche si ne vous relâchez pas Nasser Zefzafi et ses Camarades !

lundi 26 août 2019

Acculé, le Maroc a dégainé toutes ses ressources médiatiques

Vu d'Espagne. Le roi du Maroc, Mohamed VI, suit les traces de la dictature de son père, Hassan II, notamment dans le Rif. Les déclarations des prisonniers politiques rifains ont démontré la fausseté d'un État gouverné par des criminels.

 Dès la première minute après leur arrestation, les prisonniers ont subi toutes sortes de tortures physiques, des coups avec des objets métalliques, des insultes et des humiliations. Certains ont été déshabillés de force sous la menace de les violer avec une bouteille en verre pour obtenir de faux témoignages contre leurs compagnons. On est arrivé à montrer à un prisonnier la photo de sa fille mineure lui annonçant qu'elle allait être violée avec son épouse s'il refusait de signer les fausses déclarations élaborées par des agents policiers.

Après avoir entendu les premiers cas de torture, le roi du Maroc a ordonné d'enquêter sur ces cas. Les Rifains du Hirak, comme les  défenseurs des droits de l'homme, nous avons compris que les ordres du roi d'enquêter sur la torture systématique n'étaient que de faux messages destinés à la consommation médiatique: du milieu familial des détenus et de leurs avocats nous avons entendu que la torture continue, tout comme se poursuit l'impunité des tortionnaires.

Nasser Zafzafi, le visage visible du Hirak, est incarcéré depuis plus de 2 ans dans le module d'isolement; une cellule minuscule, sans contact avec personne sauf avec son père, qui peut voir que deux heures par mercredi. 

dimanche 25 août 2019

G7 : la lutte contre les inégalités doit se faire avec la société civile, pas avec des régimes répressifs

Le 22 août 2019
Lettre ouverte dont la LDH est signataire
Du 24 au 26 août 2019, le président français Emmanuel Macron accueillera à Biarritz un G7 contre les inégalités, notamment femmes-hommes. La FIDH et 68 de ses organisations membres à travers le monde s’étonnent qu’à cette occasion l’Élysée, prétendant élargir la participation au sommet, ait invité des Etats notoirement coupables de violations graves et systématiques des droits humains tels que l’Inde et l’Égypte, et ait rencontré le président russe Vladimir Poutine quelques jours seulement avant le sommet. L’Union africaine et le G5 Sahel seront également représentés au moment où les violations des droits humains perpétrées dans le cadre de la lutte contre le terrorisme au Sahel sont de plus en plus dénoncées. Nous pressons le président français Emmanuel Macron d’aborder sérieusement la question des inégalités, en mettant les représentants des populations affectées, la société civile ainsi que les droits humains au cœur des débats, et en appelant à la mise en œuvre effective des recommandations pertinentes des représentants spéciaux des Nations unies.
Ce sommet « au format renouvelé » - selon la communication présidentielle - ayant pour thème la lutte contre les inégalités, en particulier femmes-hommes, était supposé comprendre la participation d’ « acteurs clés de la société civile ». Pourtant, il ne devrait finalement être ouvert qu’à seulement dix personnalités issues d’organisations nationales et internationales, lesquelles ne sont pour l’instant pas admises dans la plupart des enceintes de discussions, dont le centre des médias. 

COMMUNIQUE / URGENT Les détenus politiques rifains réclament, officiellement, la déchéance de leur nationalité marocaine

Nous, SOUSSIGNÉS, les détenus politiques du mouvement populaire dans le RIF, dans les prisons de l'État marocain, et objets de décisions judiciaires en représailles des opinons et des positions politiques que nous avons exprimées et qu'a exprimé publiquement et massivement le mouvement populaire dans le RIF, critiquant le climat, le paysage et la structure politique mekhzienne marocaine. 
Après le silence que nous avons observé depuis le premier jour de notre arrestation, dans l’espoir que les décideurs politiques fassent une autocritique et rectifient le sens qu'ils ont choisi officiellement pour traiter avec le mouvement populaire et à ses détenus, lequel choix est basé sur le règne de la raison sécuritaire, fondée sur la répression physique et psychologique, le blocus, les restrictions, les arrestations et la détention politiques. 
Après avoir observé les circonstances de notre jugement en première instance, durant laquelle nous avons été convaincus que l’État instrumentalise le système judiciaire comme une annexe à l'institution sécuritaire et un prolongement de ses plans et ses stratégies, ce qui nous a conduit à boycotter intégralement la phase d’appel afin de ne pas participer à cette farce, qui vise à assujettir le pouvoir judiciaire à la raison sécuritaire de l'État, qu'il a fait régner à l'encontre de notre RIF, son mouvement populaire , et par la suite, à l'encontre de ses prisonniers politiques. Cette approche s'inscrivait dans la continuité d’une politique de fuite en avant, menée via l’approche sécuritaire, tout en faisant prévaloir comme une option stratégique unique pour l'État marocain au lieu de faire valoir la raison, la prudence , admettre l’échec des politiques publiques , commencer à rectifier les erreurs en écoutant d’abord la voix de nos masses populaires et leurs revendications légitimes exprimées dans les chartes revendicatives dans le RIF, et en lançant une transition effective basée sur la corrélation entre responsabilité et reddition des comptes, la présentation des excuses publiques au RIF et aux Rifains. Au lieu de cela, l’État marocain a favorisé le renforcement de la logique de la force et de la répression, en diabolisant notre mouvement et en exploitant les médias publics pour duper l’opinion publique, et faire passer les mensonges et les contre-vérités au sujet de la ligne directrice du mouvement, ses objectifs et son discours, puis d'instrumentaliser les mosquées, mobiliser la religion à des fins politiques dans le but d'inciter contre notre mouvement, au lieu de recourir au dialogue que nous avons réclamé dès le début du mouvement, la fabrication d'événements afin de piéger le mouvement populaire pacifique et la tentative de lui faire endosser un caractère violent. Ce fut le cas le 26 mars 2017, à IMZOUREN, et le 5 mai 2017 à BOUKIDARN. La situation a atteint un niveau sans précédent au point de vouloir attenter à la vie humaine (Nador), diffamer les militants du mouvement et attenter à l'honneur des militants, dans le but de les discréditer auprès de l'opinion publique.
Ce feuilleton d'entêtement et d’indifférence a continué à mobiliser l'appareil exécutif contre le peuple et ses aspirations, par la publication d'une déclaration des partis de la majorité gouvernementale, accusant les rifains de séparatisme, ce qui est une violation flagrante du rôle du gouvernement en tant qu'institution et de ses fonctions, et sa conversion d'une instance exécutive vers un dispositif qui approuve l'option sécuritaire de l'État marocain, il s'en est suivi des accusations, par le parquet, à notre égard, d'être génétiquement contestataires, après notre arrestation par les autorités marocaines, cela confirme clairement l’absence de toute apparence du slogan de l’Etat des institutions, qui est brandi officiellement et formellement. Cela s’ajoute à la violence à l'encontre de la population du RIF , non armée, au recours à la force et à la répression, à la détention de mineurs et de femmes, et à la poursuite judiciaire des milliers de personnes en raison des opinions exprimées, qui ont été considérées comme un acte d’accusation, violant ainsi les dispositions des conventions et traités internationaux signés par l’État marocain. Pire, il y a eu une violation du droit à la vie, lequel droit est stipulé dans la Charte universelle des droits de l'homme, par l'assassinat du martyr MOHCINE FIKRI , D'IMAD AL ATTABI et ABDELHAFID AL HADDAD et le classement de leurs affaires à l'instar de celles des martyrs du 20 février 2011, à Al Hoceima.
La méthode de domestication forcée, par les autorités marocaines, à notre encontre , par le falsification des procès-verbaux, en passant par la torture physique et psychologique, dans une logique punitive, et qui a été consignée dans le dernier rapport du Conseil national des droits de l'homme, qui a été classé par les autorités, qui ont tout fait pour empêcher sa publication, en tant que preuve publique de la torture pratiquée pour couvrir ses crimes politiques.
Devant l'instrumentalisation du pouvoir judiciaire et son contrôle, afin de nous condamner en faisant disparaitre tout élément de preuve établissant notre innocence totale. bafouant le principe de neutralité et de présomption d'innocence par l'adoption, intégralement, du récit policier et sécuritaire,
Devant les restrictions imposées à notre encontre au sein des prisons marocaines, en nous dispersant et en nous provoquant sous toutes les formes possibles, rabaissant la dignité humaine,
Devant les restrictions imposées à l'encontre de nos familles et nos proches, en les intimidant psychologiquement, en les pourchassant policièrement, et en les empêchant d'exercer leur droit constitutionnel à l'organisation et à l'action civile, stipulé par la loi sur les libertés publiques, en leur interdisant d'exercer dans un cadre civil pour suivre notre dossier et notre cause,
Face à la persistance du siège sécuritaire du RIF, en application du dahir de la militarisation. persuadés que l'Etat marocain est déterminé à maintenir sa structure autoritaire et traditionnelle ,à maintenir la sourde oreille à toutes les voix et les aspirations de couper avec cette structure et d'opérer une transition vers un état moderne et civil,
Devant l'absence d'un contrat social réel qui institue le caractère sacré de la loi et la consécration la primauté des droits et devoirs entre le peuple et le gouvernant au nom duquel les jugements injustes ont été rendus à notre encontre,
Devant la liquidation de l'ensemble de nos droits en tant que citoyens à part entière , la privation de notre liberté, le déni et le retrait de la citoyenneté systématiquement et avec force,
Devant notre traitement en tant que séquestrés et non en tant que citoyens, nous informons l'opinion publique nationale et internationale ce qui suit :
· PRIMO, nous affirmons notre détermination, en plein possession de nos capacités mentale, physique, à abandonner la nationalité de l'État marocain et sa déchéance, ainsi qu’à rompre le lien d'allégeance, à partir de la date de parution de ce communiqué.
· DEUXIO, nous tenons l'État marocain pleinement responsable de tout préjudice qui pourrait nous affecter mentalement et physiquement et ce, à compter de cette date.
· TERTIO, nous chargeons la communauté internationale, ses instances et ses institutions, de la responsabilité du suivi de notre dossier à partir de la date de parution de ce document.
Nous soulignons que ce que nous exprimons dans ce communiqué est une conviction ferme et une conséquence inévitable du suivi de la tournure de notre cause et notre situation, situé dans le prolongement des relations de l'État marocain avec le RIF, historiquement, qui sont basées sur l'exclusion, la répression, le mépris, et toutes les formes de persécution politique, culturelle, sociale, économique et psychologique. Ce qu'a décrit MOHAMED SELLAM AMEZIANEn demeure la description la plus précise de la situation " Nous et eux, sommes de deux côtés opposés”. Nous avons désiré la vie et ils nous voulut l'obscurité. Nous avons voulu une PATRIE pour tout le monde, ils l'ont voulu comme une propriété dont ils ont le monopole, bradant son peuple et pillant ses ressources. Nous pleurons la patrie, nous lui avons sacrifié la fleur de notre âge et nous lui donnerons notre vie, cependant, nous ne serons jamais prêts à cautionner un État qui veut enterrer un peuple, une patrie et un rêve d'une dignité et d'une liberté.
SIGNATAIRES :
1. Mohamed AL HAKI
2. Nabil AHAMJIK
3. Nasser ZEFZAFI
4. Samir IGHID
5. Wassim BOUSTATI
6. Zakaria ADEHCHOUR

La prison de Ras El Ma -Fès
Le 23 août 2019

samedi 24 août 2019

Le Maroc au top 25 des pays les plus pollueurs, selon Greenpeace




En émettant 216 kilotonnes de dioxyde de soufre chaque année.

Drew Angerer via Getty Images
ENVIRONNEMENT - Des centrales thermiques du Maroc figurent sur la cartographie mondiale de la pollution atmosphérique publiée par Greenpeace Inde, dimanche dernier. Réalisée à partir de données de la NASA, cette cartographie cite la centrale thermique de Jorf Lasfar, sur la route d’El Jadida, et celle de Mohammedia. Pour l’organisation de défense de l’environnement, il s’agit de deux zones émettrices de dioxyde de soufre (SO2) parmi d’autres classées sur la liste des zones les plus polluantes du globe.
Dans un rapport détaillé (basé toujours sur les données de la NASA), l’organisation internationale établit un classement des pays les plus pollueurs au titre de l’année 2018. Le Maroc se retrouve au top 25 avec 216 kilotonnes de dioxyde de soufre émises chaque année. 

En plus des deux centrales à charbon de Jorf Lasfar et de Mohammedia qui émettent, selon ce rapport, respectivement 113 kt/an et 73 kt/an de SO2, une troisième, celle de Safi, émet 30kt/an. 
Le SO2, un gaz émis par la combustion du charbon, est considéré comme étant l’une des plus principales causes de la pollution de l’air. Une pollution qui, selon Greenpeace, cause la mort de 7,4 millions de personnes par an. Ce polluant, particulièrement fin, peut rentrer dans l’organisme, attaquer les organes, et causer de lourds problèmes de santé, allant de l’infertilité à la démence, en passant par les maladies pulmonaires et cardiaques. “Le danger est particulièrement grand chez les enfants, chez qui le dioxyde de soufre peut très rapidement amoindrir les capacités cognitives”, souligne dans une déclaration au HuffPost Maroc Abderrahim Ksiri, président de l’Alliance marocaine pour le climat et le développement durable (AMCDD).

Pour ce militant, “il est inacceptable que nous continuons à utiliser du charbon”. “Même si nous ne sommes pas le pays qui émet le plus de dioxyde de soufre, nous demeurons responsables de la santé nos citoyens. Continuer à utiliser le charbon, c’est participer à un problème de santé publique qui menace les habitants de ces régions”, affirme-t-il. Et de rappeler que la centrale de Mohammedia jouxte une zone d’habitation. “Il est plus que jamais nécessaire que nous changions notre modèle énergétique actuel”, estime-t-il.
Une solution ? Ksiri en voit une dans l″implication du Maroc dans le développement des énergies renouvelables. “Les efforts déployés par le royaume doivent être poursuivis, mais ils ne suffiront pas si les administrations, les entreprises, les banques et les collectivités locales ne s’investissent pas à leur tour”, prévient-il.
“Ce manque” d’investissement de la part des différents acteurs vient d’un verrou imposé par le gouvernement marocain. Ksiri rappelle que ce dernier ne permet qu’à l’ONEE et à différents acteurs privés d’assurer la distribution électrique en basse tension à travers le pays. “Il faut absolument ouvrir ce secteur aux investisseurs publics, sans quoi le Maroc ne pourra pas se doter d’un réseau énergétique propre et efficace, et ce réseau continuera de coûter cher aux Marocains. Ce signal fort envoyé par Greenpeace doit poser ce problème sur la table, et le pays doit s’en saisir urgemment”.

vendredi 23 août 2019

Le Maroc à l’assaut de Ceuta et Mellila



Le Maroc à l’assaut de Ceuta et Mellila



Durant ces derniers mois, le Maroc a entravé la contrebande avec les deux enclaves espagnoles de Ceuta et Mellila et suspendu le commerce légal avec cette dernière. Une manière de pousser Madrid à renoncer à sa souveraineté sur ces territoires.


« Femmes mules » marocaines venues d’Espagne attendant pour passer la douane à Ceuta et rentrer au Maroc.
Fadel Senna/AFP, 20 septembre 2017

Elles transportent sur leur dos des paquets de dizaines de kilos et si à Ceuta (pas à Melilla) elles peuvent pousser un chariot, le colis peut alors peser plus de cent kilos. Elles se pressent, elles se bousculent avec leurs marchandises dans le couloir métallique du Barrio chino qui relie Melilla à Beni Enzar au Maroc. Elles essayent de traverser la frontière autant de fois que possible dans une même matinée pour, au total, gagner en fin de journée l’équivalent de quelques dizaines d’euros. Elles supportent le harcèlement verbal et physique de ceux qui sont chargés de surveiller la frontière, signale le rapport de la mission exploratoire de la chambre des représentants (chambre basse du Parlement marocain) publié le 9 juillet 2019. Les députés marocains se sont rendus au printemps à la lisière de la ville espagnole de Ceuta. Ils mentionnent sans plus de précision « les organisateurs » comme seuls responsables des tourments des contrebandières. Seul Abdelfattah El-Aouni, député du Parti authenticité et modernité (PAM), a signalé à la presse avoir entendu de ses propres oreilles « des insultes à leur égard proférées par les autorités marocaines ».
Elles sont entre 12 000 et 15 000, en majorité des femmes, à trimbaler des marchandises de contrebande entre Ceuta et le Maroc, et entre 3 000 et 5 000 à en faire autant entre Melilla et le Maroc, d’après une estimation du gouvernement espagnol qui remonte à mai 2017. Elles ont en général entre 30 et 60 ans, sont souvent analphabètes et nombre d’entre elles sont des mères célibataires originaires de provinces marocaines éloignées de deux villes espagnoles. Elles exercent probablement l’un des métiers les plus pénibles. En 2018, deux d’entre elles sont mortes en traversant la frontière et 84 ont été blessées d’après le rapport parlementaire marocain. Un chiffre qui sous-estime la réalité, selon des ONG espagnoles. Novact, Iridia ou l’association andalouse de défense des droits humains (Asociación Pro Derechos Humanos Andalucía, APDHA) dénoncent depuis des années les supplices qu’endurent les « femmes mules », comme les appelle la presse marocaine. Les forces de l’ordre espagnoles portent aussi leur part de responsabilité, car elles donnent facilement de la matraque.

Un « commerce atypique » qui rapporte

La contrebande s’effectue également en véhicules particuliers. Ceuta exporte annuellement pour 700 millions d’euros de marchandises au Maroc, selon l’estimation de Guillermo Martínez, un ancien conseiller municipal aux finances. Quant à Melilla, ses exportations seraient de l’ordre de 450 millions d’euros, selon le seul calcul, effectué il y a une douzaine d’années, par la délégation du gouvernement (préfecture) dans la ville. Nabil Lajdar, le directeur général des douanes du Maroc, a de son côté donné une fourchette qui oscille entre les 1 100 et les 1 460 millions d’euros lorsqu’il a comparu, en févier, devant le Parlement.
Grâce à ce « commerce atypique », comme le définissent les autorités locales, les deux villes enclavées sur la côte nord marocaine et qui n’ont ensemble que 170 000 habitants sur une superficie de 31 km2 vendent au Maroc presque l’équivalent des exportations espagnoles en Australie. Mille six cents emplois locaux en dépendent. Cela procure aussi des revenus fiscaux pour chacune des deux municipalités, de l’ordre de 40 millions d’euros. Certes la tendance est à la baisse, mais s’ils n’atteignent pas le niveau requis, l’État espagnol compense le déficit budgétaire. Ce commerce, « c’est le moteur économique de Melilla », affirme Enrique Alcoba, qui préside la plateforme des entrepreneurs de la ville.


Pour le Maroc, la contrebande revêt une importance bien plus grande. Elle donne du travail non seulement à 20 000 femmes et hommes « mules », mais également à plusieurs dizaines de milliers de personnes dans les provinces de Tétouan et de Nador. La chambre de commerce américaine à Casablanca avait estimé, dans un rapport publié il y a une quinzaine d’années, que jusqu’à 400 000 personnes vivaient de ce trafic, un calcul qui semble aujourd’hui exagéré.
C’est à cause de ce tohu-bohu commercial que ces deux frontières sont les plus traversées, et peut-être aussi les plus chaotiques d’Afrique. Plus de 6 millions de personnes passent annuellement à pied celle de Ceuta et presque autant celle de Melilla. Entre 15 000 et 20 000 voitures en moyenne les franchissent quotidiennement, surtout pendant l’été quand les immigrés marocains en Europe rentrent chez eux en vacances. Seule la frontière entre San Diego (Californie) et Tijuana (Mexique) dépasse de loin ces chiffres. À cela il faut ajouter les 223 500 Marocains qui, en 2018, se sont vu interdire l’accès à ces deux villes par la police, car leurs papiers n’étaient pas en ordre d’après le ministère de l’intérieur espagnol.

Trafics de cannabis, blanchiment et bakchichs

La contrebande se fait pour l’essentiel en dirhams, une monnaie cotée à Ceuta et Melilla qui permet au Maroc d’épargner des devises. Elle facilite aussi le blanchiment d’une partie des 12 milliards de dollars (10,74 milliards d’euros) que génère selon l’estimation des Nations unies le trafic de résine de cannabis dont le Maroc est le premier exportateur mondial. C’est l’une des principales raisons de sa persistance dans le temps, d’après les explications fournies par de hauts responsables de la police et de la guardia civil (gendarmerie espagnole) qui ont accueilli dans les deux villes des délégations du Parlement européen.
Ce commerce « atypique » est aussi une source de revenus complémentaires pour les douaniers et policiers marocains qui travaillent sur place. Aux bakchichs qu’ils touchent des contrebandiers s’ajoute leur propre participation à ce négoce. Le rapport parlementaire marocain signalait que parmi les véhicules particuliers qui transportent aussi la contrebande à Ceuta, des centaines appartiennent à des agents de la police et de la douane. Ils ont droit, quand ils traversent la frontière, à un traitement « spécial ».
Dans la province de Nador, dont la population a rapidement crû jusqu’à dépasser les 600 000 habitants, l’arrivée d’une immigration originaire des régions de l’Oriental ou de Fès pour travailler dans la contrebande a aussi servi pour diluer son caractère rifain et donc contestataire. « Dommage, disait en privé un responsable sécuritaire marocain, que la province d’Al Hoceima, la plus rebelle de toutes celles du Rif, ne soit pas située sur la frontière de Melilla ».

Entraver le commerce terrestre avec l’Espagne

Malgré l’importance économique, voire politique, de la contrebande, le Maroc semble petit à petit s’atteler à en finir avec tout le commerce terrestre avec l’Espagne. Le 1er août 2018 Rabat fermait, sans même en informer Madrid au préalable, la douane commerciale de Melilla par où passaient des exportations légales — 47 millions d’euros en 2017 — vers le Maroc. Son ouverture datait pourtant du traité de Fès de 1866 entre l’Espagne et le Maroc, et avait été reconfirmée, à la demande de Rabat, en 1956. Le royaume enfin indépendant avait besoin d’exporter les minerais du Rif et le seul port existant dans la région était celui de Melilla relié à l’époque par le train au Maroc.
Tétanisé par la peur de l’immigration irrégulière en provenance du Maroc qui a battu un nouveau record l’année dernière, le gouvernement socialiste espagnol n’a pas protesté après avoir été mis devant le fait accompli. Les commerçants de la ville crient à l’asphyxie et sont même descendus dans la rue pour le dire. Eux qui comptaient jusqu’alors sur la hausse du commerce légal pour compenser le recul prévisible de la contrebande... Car maintenant vient, en effet, le tour de la contrebande. En janvier 2019, le ministre de l’intérieur Abdelouafi Laftit a prôné devant le Parlement « une solution globale » à ce « problème grand et complexe ». Il a reconnu qu’elle ne pourrait être mise en œuvre sans provoquer des « dommages collatéraux » parmi ceux qui en profitent. Un mois plus tard, Nabil Lajdar, le directeur des douanes, a confirmé ces propos devant les députés en évoquant surtout des arguments économiques. Selon ce dernier, à cause de la contrebande le fisc marocain perd annuellement entre 360 et 540 millions d’euros en droits de douane, un chiffre que des experts espagnols considèrent exagéré.
Pourtant, le vrai problème économique est ailleurs pour le Maroc. La contrebande a nui au développement du nord où des usines ont dû fermer face à cette concurrence déloyale et où des investissements ne se sont pas concrétisés par crainte de ce déferlement de produits bon marché venus d’Espagne. Deux mois avant que Laftit n’intervienne devant le Parlement, l’agence chargée du développement de la région Tanger-Tétouan-Al Hoceima (Artta) avait déjà commandé, pour 180 000 euros, une étude sur l’impact de la contrebande de Ceuta et ses alternatives. Cette reconversion économique de la région qu’envisage Rabat serait bien plus facile à faire en collaboration avec l’Espagne, mais le Maroc, qui ne reconnaît pas la souveraineté espagnole sur ces deux villes, ne veut pas en entendre parler.
Les autorités marocaines ont aussi récemment interdit l’importation de vêtements et chaussures neuves à partir de ces deux villes. À travers le poste-frontière de Farhana, entre Melilla et le Maroc, les voitures ne peuvent plus maintenant transporter des marchandises que dans leur coffre et non pas sur les sièges. On est « en plein dans les caprices, aujourd’hui les fruits secs rentrent [au Maroc], demain les tissus rentrent, après-demain non ; on est dans l’incertitude la plus totale », se plaignait José Reyes, le président du patronat de Melilla, dans une interview avec Melilla Hoy, le journal local, le dimanche 4 août. « Chaque jour il est plus difficile de traverser cette frontière, ajoutait-il. Le Maroc veut étrangler Melilla économiquement, pour qu’on jette l’éponge et que nous nous en allions tous ».

Fermetures des frontières

Les fermetures des frontières au « commerce atypique » à l’occasion des fêtes religieuses musulmane ou chrétienne ou des vacances sont aussi de plus en plus longues. À Ceuta elles dureront cet été 42 jours d’affilée, un record, pendant lesquels les « femmes mules » seront au chômage technique. Un certain nombre de véhicules continueront cependant discrètement à transbahuter des marchandises. Les dates de ces fermetures sont, en théorie, décidées d’un commun accord entre les autorités locales des deux pays, mais c’est en fait les autorités marocaines que les fixent.
Le dernier obstacle dressé par Rabat a consisté à mettre à jour une circulaire qui interdit à ses diplomates et hauts fonctionnaires de mettre les pieds dans les deux villes, même s’ils ne font que transiter pour se rendre dans la péninsule ibérique en vacances. Et dire qu’il fut un temps (1991) où le ministre de l’intérieur Driss Basri se rendait à Ceuta ! Il y a encore quelques années, des fonctionnaires de haut rang se regroupaient au sein de leur administration à Rabat pour envoyer régulièrement le chauffeur de l’un d’entre eux à Ceuta acheter des produits meilleur marché ou inexistants au Maroc. On pouvait ainsi voir une voiture avec une plaque officielle traverser la frontière remplie, jusque sur le siège avant, d’une marque de couches pour bébés très prisée au Maroc.
Au-delà des raisons économiques avancées par le Maroc, des diplomates européens qui suivent de près le Maghreb soupçonnent Rabat de chercher à ce que ces deux villes deviennent encore davantage un fardeau pour l’État espagnol — elles sont déjà largement subventionnées — dans l’espoir qu’il finira par les laisser tomber. Melilla appartient à l’Espagne depuis 1497 et Ceuta, qui était sous domination portugaise, est devenue espagnole en 1580, à une époque où le Maroc n’existait pas, selon les historiens espagnols — ce que leurs collègues marocains contestent. Autant le roi Hassan II revendiquait à chaque occasion, notamment lors de son discours du trône, la souveraineté marocaine sur ces enclaves, autant son fils Mohamed VI garde le silence depuis 2007. Il a préféré mettre l’accent sur le développement du nord de son royaume, spécialement des zones environnantes de Ceuta et Melilla, en évitant d’inviter ces deux villes à s’insérer dans le nouveau tissu économique qui émerge.
Si la classe politique à Madrid ne réagit guère, l’inquiétude monte à Ceuta, et plus encore à Melilla qui se sent plus vulnérable. L’opposition de droite est celle qui se remue le plus. Fernando Gutiérrez Díaz de Otazu, le député du Parti populaire de la ville, a encore dénoncé en août 2019 l’attitude « inamicale » du Maroc dont il se demande s’il cherche à rendre la vie « insoutenable » à sa population majoritairement musulmane, mais espagnole, d’après l’Observatorio Andalusi, un centre d’études qui dépend de la Conférence islamique d’Espagne. À Ceuta les musulmans frôlent la majorité. L’extrême droite de Vox, qui a fait un bon score électoral au printemps à Ceuta, demande sans sourciller que l’Espagne prenne des mesures de rétorsion. Son leader local à Melilla, Jesús Delgado, un médecin, exige que « plus une seule ambulance en provenance du Maroc ne puisse rentrer et que plus une seule Marocaine ne puisse accoucher » à l’hôpital public de la ville. Plus de la moitié des accouchements qui s’y pratiquent sont le fait de femmes marocaines non résidentes qui ont traversé la frontière. Une forte proportion de Marocains sont également reçus aux urgences.

La carte de l’Union douanière européenne

L’Espagne a à sa portée une parade face au Maroc, non pas pour l’empêcher d’en finir avec la contrebande — pour des raisons humanitaires c’est plus que souhaitable —, mais pour l’inciter à rouvrir la douane de Melilla et à en ouvrir une deuxième à Ceuta. Ainsi le commerce légal pourrait petit à petit remplacer celui que l’on dénomme « atypique ». Ces deux villes ne font pas partie de l’Union douanière européenne, car, pour conserver leur privilège fiscal — dont une TVA qui oscille entre 0,5 % et 10 % au maximum — elles ont voulu en être exclues quand, en 1986, l’Espagne a adhéré à ce qui allait devenir l’Union européenne. Leur frontière avec le Maroc est donc hispano-marocaine et non pas euro-marocaine.
Ceuta et Melilla pourraient demander à changer leur statut et à rentrer dans l’union douanière. Il serait alors bien plus difficile au Maroc de refuser l’ouverture d’une douane comme celle qui existait jusqu’à l’année dernière. C’est en tout cas le gouvernement espagnol qui devrait défendre cette modification auprès des institutions européennes, une tâche à priori assez facile à mener à bien. Il n’est pas certain qu’il veuille s’y atteler.
Ce n’est pas souvent que les responsables politiques espagnols se prononcent sur ce sujet. Lors d’une visite à Ceuta, en 2013, Iñigo Méndez de Vigo, à l’époque secrétaire d’État à l’Union européenne, s’est ouvertement opposé à l’inclusion de la ville à cette zone de libre-échange améliorée, invoquant des arguments économiques saugrenus. En fait, l’Espagne craint que le Maroc se fâche, car cette décision renforcerait le caractère européen des deux enclaves espagnoles. Quand on indispose le Maroc, on risque de subir ses représailles qui peuvent aller, comme ce fut le cas pendant l’été 2014, jusqu’à interrompre sa coopération avec l’Espagne en matière de sécurité, une suspension qui provoqua l’affolement à Madrid. Et dont la menace continue à faire peur.

Répression violente au Sahara Occidental , la CGT réagit



Répression violente au Sahara Occidental



La CGT ainsi de nombreuses organisations européennes condamnent de la répression violente de la police et de l’armée du Royaume du Maroc contre la population civile sahraouie dans les territoires occupés du Sahara Occidental. Le 19 juillet dernier à El Ayoun, alors que des familles sahraouies étaient descendues pacifiquement dans la rue à l’occasion de la victoire de l’Algérie en finale de la Coupe d’Afrique des Nations, pour revendiquer leur droit à l’autodétermination et la mise en œuvre du référendum, la police est intervenue de façon disproportionnée ce qui constitue un cas grave de violence et de répression de la liberté d’expression et de manifestation libre.
En effet, cette répression a causé des dizaines de blessés et la mort d’une jeune femme de 23 ans, Sabah Azman Hameida.
Recours à la détention arbitraire et le déni des droits civils et humains Ce dernier épisode de violence et de répression ne fait que confirmer les faits décrits dans le dernier rapport du Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’homme (Ohchr) qui s’inquiète de la persistance « de la torture et de la violence, du recours à la détention arbitraire et le déni des droits civils et humains les plus élémentaires des prisonniers politiques », appelant les institutions marocaines à assumer leurs responsabilités et à garantir le respect des droits humains et la liberté d’expression à tous, sans discrimination aucune.
La paix, la sécurité et la coexistence entre les différentes communautés de la région ne pourront certainement pas être mis en œuvre par la violence et la répression.
Seules l’application de la légalité internationale, des résolutions des Nations unies et la réalisation du référendum d’autodétermination auquel se sont engagés les parties permettront le règlement de ce conflit.
Punir les responsables Les syndicats signataires, qui ont toujours été attachés à la paix et au respect des droits humains, condamnent le recours à la violence et à la répression par la police et l’armée marocaines contre la population civile sahraouie. Ils exhortent les autorités du Royaume du Maroc à ouvrir une enquête et punir les responsables de ces actes et de la mort de Sabah Azman Hameida.
Nous appelons l’Union européenne et la communauté internationale à adopter des mesures efficaces pour faire pression sur l’État marocain, afin qu’il soit mis un terme à la répression contre la population sahraouie.
réunion syndicalistes Sahara Occidental
Congrès de l’Union générale des travailleurs sahraouis UGT SARIO en décembre 2016 à Bojador qui avait réuni entre autres de nombreuses organisations syndicales du monde dont la CGT.

jeudi 22 août 2019

COMMUNIQUÉ DE PIA KLEMP



« Paris, je t’aime. Je t’aime pour tous les gens libres et solidaires qui vivent en ton sein. Des gens qui se battent pour la liberté chaque jour, debout, bras dessus bras dessous, distribuant des couvertures, de l’amitié et de la solidarité. Je t’aime pour ceux qui partagent leur logement, leur amour et leurs luttes chaque jour, sans se soucier de la nationalité des personnes ni de savoir si elles ont des papiers ou pas.
Madame Hidalgo, vous voulez me décorer pour mon action solidaire en mer Méditerranée, parce que nos équipages « travaillent quotidiennement à sauver des migrants dans des conditions difficiles ». Simultanément votre police vole les couvertures de gens contraints de vivre dans la rue, pendant que vous réprimez des manifestations et criminalisez des personnes qui défendent les droits des migrants et des demandeurs d’asile. Vous voulez me donner une médaille pour des actions que vous combattez à l’intérieur de vos propres remparts. Je suis sûre que vous ne serez pas surprise de me voir refuser votre médaille Grand Vermeil.
Paris, je ne suis pas une humanitaire. Je ne suis pas là pour « aider ». Je suis solidaire à tes côtés. Nous n’avons pas besoin de médailles. Nous n’avons pas besoin de pouvoirs décidant qui est un « héro » et qui est « illégal ». En fait, il n’y a pas lieu de faire cela, car nous sommes tous égaux.
Ce dont nous avons besoin, c’est de liberté et de droits. Il est temps de dénoncer les honneurs hypocrites et de combler le vide par la justice sociale. Il est temps que toutes les médailles soient lancées comme des fers de lance de la révolution!
Papiers et logements pour toutes et tous!
Liberté de circulation et d’installation! »

Pia KLEMP, 20 août 2019

Pénurie d’eau potable : Le Maroc approche-t-il du «jour zéro» ?



Pénurie d’eau potable : Le Maroc approche-t-il du «jour zéro» ?
Source : Lesinfos.ma
20/08/2019 17:20

Des robinets à sec et des coupures incessantes. Tel a été le quotidien de milliers de citoyens dans plusieurs villes du royaume. Une situation terrifiante qui laisse entrevoir l’approche d’un «jour zéro».   


Plusieurs coupures d’eau potable ont été enregistrées dans les quatre coins du Maroc ces dernières semaines. C’est du moins ce que rapportent, ce mardi, plusieurs quotidiens marocains, évoquant également plusieurs protestations découlant de cette pénurie. 
Ces coupures ont touché plusieurs localités à El Jadida, Khénifra, Zagora, Oujda, Ouazzane, Taroudant, ou encore Casablanca, pour ne citer que ces villes. La population s’est même organisée pour dénoncer cette situation, à Oulad Berhil, Oulad Khallouf, Moulay Bouazza. En effet, des sit-in ont eu lieu devant les locaux des administrations locales au cours des derniers jours.

La menace d’un «jour zéro»  

Loin d’être disparates ou même fortuites, ces coupures confirment peu à peu le constat des experts, qui affirment que la prochaine crise de l’eau pourrait être déclenchée, en partie, par le Maroc. Pire encore, le pays pourrait être confronté à ce qu’on appelle le «jour zéro», jour où plus aucune goutte d’eau ne sortira des robinets. 

Une situation dramatique et à laquelle plusieurs autres villes devront également faire face. D’autres y sont déjà confrontées. Citons Cape Town en Afrique du Sud, Sao Paolo au Brésil, ou encore Chennai en Inde. 

De plus, selon un récent rapport du World Resources Institute (WRI – Institut des ressources mondiales), un quart de l’humanité est proche du jour zéro. Selon le spécialiste des questions sécuritaires liées aux ressources en eau, Franck Galland, interrogé par RFI, «on a une diagonale de la soif qui va de Tanger au nord nord-est de la Chine

mercredi 21 août 2019

Le Premier ministre appelle à la protection du peuple sahraoui désarmé face à la politique "de répression de l'occupant marocain"

Boumerdès (Algérie), 27 juil 2019 (SPS) Le Premier ministre, Mohamed Wali Akeik a appelé, samedi à Boumerdes, le Conseil de sécurité et le Secrétaire général des Nations unies à l'impératif  "d'assumer l'entière responsabilité" dans la protection du peuple sahraoui désarmé, face à la politique "de répression de l'occupant marocain".
Le peuple sahraoui subit "une réelle politique de répression pratiquée par le régime d'occupation marocain, accompagnée d'une campagne médiatique inique, d'un blocus intense contre les Sahraouis, d'une confiscation des libertés et d'un pillage des ressources naturelles", a déclaré le Premier ministre à l'ouverture de la 10ème édition de l'Université d'été des cadres de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et du Front Polisario.
Face à "ces pratiques répressives, nous demandons, aujourd'hui et plus que jamais, de permettre à la Mission des Nations Unies pour l'organisation d'un référendum au Sahara Occidental (MINURSO), d'exercer son rôle qui lui sied dans la protection et la surveillance des droits de l'Homme et l'établissement de rapports à cet effet et de ne pas fermer les yeux sur les actes criminels perpétrés par le régime d'occupation marocain dans la région", a-t-il soutenu.

La rentrée scolaire : Le symbole de l’échec du Maroc


La rentrée scolaire : Le symbole de l’échec du Maroc
Source : Lesinfos.ma17/08/2019 

La rentrée scolaire approche à pas de titan et la frustration qui va avec tout autant. Dans peu de jours, nous prendrons d’assaut grandes surfaces et autres librairies et frôlerons à coup sûr la syncope en réglant les factures salées des fournitures de nos petites têtes brunes. Et ces maudites fournitures, dont nous ne comprenons pas l’utilité de plus de la moitié (mais que diable vont-ils faire avec autant de pinceaux ? Nous n’avons pas la prétention d’en faire des Picasso, soyons réalistes), ne seront que l’affreux pic d’un énorme iceberg qui nous fera sombrer dans les profondeurs de la « dèche ». Oui, parce qu’après la « taxe » des protège-cahiers en quadrichromie viendront les frais d’inscription, puis les frais de scolarité, puis ceux de la cantine, puis ceux de la garderie, puis ceux des sorties scolaires (…). Autant vous dire que septembre est le mois qui symbolise le mieux nos souffrances et aussi l’échec d’un pays qui s’est lavé les mains depuis belle lurette de l’éducation et qui nous a lâchés dans la nature sans un froncement de sourcils.
Moi, pour vous dire, je suis un pur produit de l’école marocaine du temps où elle valait encore quelque chose. Et de mon temps, et croyez-moi quand je vous dis que je ne suis pas si « vieille » mais plutôt une « trentenaire au dynamisme moyen », nous étions les enfants de toutes les couches sociales et nous nous côtoyions sans difficulté aucune. 
Il n’y avait pas ce fossé, énorme, qui s’est creusé aujourd’hui entre les enfants du pays qui se regardent - loin les uns des autres - avec curiosité, indifférence, incompréhension, parfois même avec haine et mépris.
La faillite de l’école publique a non seulement amplifié l’inégalité des chances mais elle a aussi exacerbé une douloureuse fracture sociale : les nantis et les « moyens » d’un côté, qui « réussissent » à scolariser leurs enfants dans des structures privées et autres missions (qui poussent d’ailleurs comme des champignons parce que cette faillite profite aux autres, naturellement) et qui essayent de garantir à leurs enfants une certaine qualité d’éducation. Puis sur l’autre rive, en face, les « autres », et ils sont majoritaires, qui sont « parqués » dans des écoles publiques sans niveau et qui ne seront que les futurs « galériens » du Maroc. Oh ! Il y aura certainement des « chanceux », je n’en doute pas, mais ils ne seront au final que les exceptions qui confirmeront la terrible fatalité.
Et tout ceci parce que le royaume chérifien est gouverné par des médiocres qui participent à l’enterrement des non-privilégiés, en prenant consciencieusement de mauvaises décisions, pour creuser davantage cet ignoble fossé. Des médiocres, aux discours fourbes et populistes, qui viennent expliquer à une opinion publique avide de polémiques stériles que l’arabisation c’est une question d’identité, que la langue de Molière c’est de la bouse et que la situation – et ils le jurent – s’arrangera dans 15 ou peut-être 20 ans. Mais en réalité, chers lecteurs, cette bande de bras cassés s’en fout. Ils s’en foutent tous. Tous leurs grands discours (et on en a entendu des discours), leurs grandes promesses, leurs grandes stratégies, c’est de la poudre aux yeux comme à chaque fois. Eux, leurs enfants fréquentent les meilleures écoles, généralement des missions bien françaises ou encore américaines (pour l’identité et la bouse, on repassera), ils touchent des salaires indécents (nos ministres figurent parmi les mieux rémunérés dans le monde, excusez le peu) et enverront leurs enfants poursuivre leurs études à l’étranger. Ces mêmes enfants qui reviendront une fois le diplôme en poche avec la certitude de trouver un emploi, parce que dans ce pays, tout est aussi une question de réseau et quand on a le pouvoir, on a le réseau qui va avec, comprenez-moi et vous n’avez qu’à jeter un regard franc autour de vous pour constater l’ampleur des dégâts. Bon, il ne s’agit pas ici de fustiger les enfants de ces « médiocres », eux ils sont nés dans ce système, ils ont grandi dedans, et peut-être que ce qui est inadmissible pour les uns est une norme pour les autres, je ne leur en tiens pas rigueur. Mais je n’excuse pas les « médiocres » et je n’excuse pas tous ceux qui voient la catastrophe dans laquelle sombre ce pays et se taisent.
Je suis un pur produit d’une école marocaine qui fut, il y a vingt ans, parmi les plus respectées et aujourd’hui je regarde impuissante l’école privée – celle-là même qui fût le symbole de l’échec et qui me siphonne mon salaire – incarner soudainement l’excellence … Mais rassurez-vous, l’école privée demeure un échec. Elle est l’échec des Marocains qui baissent la tête, s’endettent jusqu’au cou pour scolariser leurs enfants alors que l’éducation est un droit inaliénable (enfin, dans des pays qui respectent les droits fondamentaux de leurs citoyens, j’entends bien), et la réussite de l’Etat, qui accouche d’enfants à l’éducation médiocre, inconscients, lettrés mais sans savoir, qui ne réclameront jamais leur dû … Parce qu’ils l’ignorent, tout simplement, au grand bonheur de l’Etat.

Majda EL KRAMI

mardi 20 août 2019

l'avocate espagnole Cristina Martinez empêchée de se rendre à Laâyoune

Sahara occidental: l'avocate espagnole Cristina Martinez empêchée de se rendre à Laâyoune
MADRID - L’avocate espagnole Cristina Martinez a été empêchée, dimanche, pour la deuxième fois en moins d'un mois par l'occupant marocain de se rendre dans la ville de Laâyoune occupée où elle devait assister au procès intenté contre 8 militants sahraouis, ont rapporté lundi des médias espagnols.
Arrivée dimanche à l'aéroport de Casablanca avant de se rendre à Laâyoune occupée, l'avocate espagnole s’est vue interdire de continuer son chemin vers la capitale sahraouie par des agents marocains sans lui fournier aucun motif à ce sujet, a indiqué l'agence de presse espagnole Efe.
"La police marocaine m'attendait à la porte de l'avion. Sans m'expliquer, ils m'ont informé que je ne pouvais pas me rendre dans les zones occupées du Sahara occidental", a déclaré Mme Martinez, qui a été déjà expulsée par les autorités d'occupation marocaines le 6 août dernier.
L'avocate espagnole devait assister en tant qu'observateur international au procès illégal convoqué par le régime marocain contre 8 militants sahraouis arrêtés le 19 juillet dernier, après les manifestations pacifiques de célébration de la victoire de l'équipe d'Algérie de football lors de la finale de la coupe d'Afrique des Nations.
Ce jour-là, la célébration avait culminé avec le meurtre d'une jeune manifestante sahraouie, Sabah Othman Omeida et plusieurs cas de blessés graves parmi les manifestants causés par l'intervention violente des agents de la police marocaine venus réprimer les Sahraouis.
Selon des sources médiatiques locales, la jeune militante sahraouie a été tuée par un véhicule de la police marocaine qui a foncé à pleine vitesse sur la foule sortie célébrer pacifiquement la victoire de l'équipe algérienne face à la sélection sénégalaise.
Au cours de ces manifestations, des dizaines d'autres militants sahraouis ont été arrêtés arbitrairement par les forces d'occupation marocaine et aucun détail n'a été communiqué sur leur état de santé et leur lieu de détention.
C'est en l'absence des observateurs internationaux et avec une procédure jugée "illégale" par des organisations de défense des droits de l'Homme que devra commencer, aujourd'hui, le procès des 8 jeunes militants sahraouis.
Durant l'année 2019, le Maroc a expulsé plus de 30 observateurs internationaux, avocats et journalistes qui devaient se rendre au Sahara occidental occupé pour s'enquérir notamment de la situation des droits de  l'Homme et des conditions de détention des militants politiques sahraouis.
Plusieurs organisations internationales ont condamné cette attitude marocaine, exigeant le respect de la légalité internationale et l'entrée libre aux observateurs des droits de l'Homme dans les territoires sahraouis occupés.