Venue participer à l'université d'été des cadres du Front Polisario
et l'Etat sahraoui, organisée du 10 au 23 août à Boumerdès, elle s’est
distinguée par une foultitude de sorties et de déclarations médiatiques.
A chaque occasion, elle dénonce les pratiques de l’occupation marocaine
et salue le soutien de l’Algérie à la cause sahraouie.
Ainsi, après
la conférence de presse qu’elle a animée au siège de l’ambassade
sahraouie à Alger le 26 août en cours, Aminatou Haidar a été reçue,
hier, par la présidente du Conseil national des droits de l’homme
(CNDH), Fafa Benzerrouki.
Cette dernière a dénoncé les violations des
droits des Sahraouis par les autorités marocaines, exprimant le soutien
du Conseil à la lutte du peuple sahraoui pour son indépendance à
travers un référendum d’autodétermination.
L’oratrice a appelé les
autorités du Maroc à libérer les détenus sahraouis qui se trouvent dans
les prisons du royaume, notamment dans les territoires occupés.
De
son côté, Aminatou Haidar, également présidente du Collectif sahraoui
des défenseurs des droits de l'homme (CODESA), a salué le soutien de
l’Algérie à la cause de son pays, affirmant que le combat du peuple
sahraoui n’est pas contre le peuple marocain mais contre le régime
royal, accusé de violation des droits de l’homme.
Elle a exprimé sa
crainte du retour à la lutte armée, surtout que la patience du peuple
sahraoui semble avoir atteint son seuil, lui qui exerce des pressions
sur le Front Polisario pour revenir à cette option.
L’oratrice a
précisé que la démarche de son pays s’inscrit dans une solution
pacifique à la crise, appelant la communauté internationale à œuvrer
afin d’éviter l’éclatement d’une guerre dans la région.
Et dans un
entretien accordé hier à l’APS, la militante sahraouie a appelé à
l'impératif d'assurer une protection aux Sahraouis et d'accélérer
l'organisation d'un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui,
en vue de trouver une solution définitive au conflit du Sahara
occidental.
Elle a expliqué que les violations des droits des
Sahraouis par l'occupation marocaine «se poursuivront à tous les
niveaux, tant que la question sahraoui n'est pas réglée», ajoutant que
«les exactions commises par le régime marocain à l'encontre des
Sahraouis sont essentiellement liées au non-respect du droit du peuple
sahraoui à l'autodétermination et à la confiscation de ses droits
civils, économiques, sociaux et culturels».
Mme Haidar a souligné que
le Maroc «confisque le plus élémentaire des droits des Sahraouis,
notamment le droit à la constitution d'associations et à la liberté de
circulation, outre les intimidations exercées à l'encontre des militants
des droits de l'homme», citant, à titre d'exemple, les membres de la
délégation sahraouie ayant participé récemment à l'université d'été de
Boumerdès «qui ont été maltraités et arrêtés pour certains d'entre eux
au niveau des aéroports de Casablanca et d'El-Ayoun».
«Les
arrestations sont devenues quotidiennes et les militants sahraouis
arrêtés sont jugés au sein de procès sommaires sur la base d'aveux
obtenus sous la contrainte et la torture», a-t-elle dit.
En matière
de liberté d'expression, tous les rassemblements pacifiques appelant «à
accélérer l'organisation d'un référendum d'autodétermination du peuple
sahraoui et à la libération des détenus politiques ainsi qu'à stopper la
spoliation de ses ressources naturelles, outre les fêtes
internationales dont la Journée mondiale de la femme, sont interdites
par les autorités marocaines», précise Mme Haidar.
Elle a affirmé que
l'occupation marocaine visait «à changer la carte démographique des
territoires sahraouis et suit la politique d'intimidation, d'expulsion
et d'exode forcé des Sahraouis vers les villes éloignées et isolées».
Karim Aimeur