2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

mercredi 10 juillet 2019

Alerte info : Les Haut-Alpins veulent gérer les barrages hydrauliques de leur département, notamment celui de Serre-Ponçon


ALERTE INFO

Les Haut-Alpins veulent gérer les barrages hydrauliques de leur département, notamment celui de Serre-Ponçon

Ce vendredi 12 juillet, le Conseil Départemental des Hautes-Alpes délibèrera pour gérer Serre-Ponçon et les barrages hydrauliques du département au travers de Sociétés d’Economie Mixte (SEM) Hydroélectriques.

Au moment où la France est mise en demeure par la Commission Européenne d’ouvrir à la concurrence la gestion de quelque 150 barrages, les Haut-Alpins font entendre une voix singulière dans le débat, celle des territoires. L’ambition est clairement affichée : gérer ces ouvrages pour préserver une ressource rare et fragile, mieux réguler les usages et répartir équitablement la richesse créée.

Un défi de taille car l’eau est incontestablement l’un des grands enjeux du siècle qui s’ouvre.



La création de SEM Hydroélectriques : une opportunité pour les Hautes-Alpes

La Commission Européenne a récemment mis en demeure la France d’ouvrir les concessions hydroélectriques à la concurrence notamment du fait de la position monopolistique d’Électricité de France (EDF) qui détient 80 % des concessions et produit 66% de l’énergie issue de l’hydraulique. L’hydroélectricité représente 10 à 12 % de la production d’électricité nationale et 61 % de celle d’origine renouvelable.

Les Hautes-Alpes se saisissent de cette opportunité et de celle offerte par la Loi de transition énergétique pour la croissance verte, qui prévoit, sur décision de l'État, la possibilité de créer un partenariat public-privé au travers de SEM Hydroélectriques pour exploiter les barrages. Ces sociétés nouvelles permettent d’associer collectivités et énergéticiens selon une répartition du capital relativement flexible (34% à 66% pour l’ensemble des personnes publiques avec un minimum de 34% pour l’opérateur).

Le département compte une quinzaine d’ouvrages. Presque tous sont propriété de l’État et exploités par EDF, notamment celui de Serre-Ponçon, l’un des plus gigantesques de France, construit dans les années cinquante pour « dompter » la Durance.

Salek Laasairi, quelques minutes depuis le parloir

Salek Laasairi, Sahraoui, prisonnier politique sahraoui du régime du Maroc et condamné à perpétuité, a réussi à joindre par téléphone un de ses amis en France.

2 minutes 57 secondes pour transmettre d'une voix sans sourire sa détresse, son soucis de tous ses amis, et puis une phrase suspendue pour glisser rapidement un  "à bientôt mon très cher ami…" avant de raccrocher précipitamment.

Salek a pu avoir brièvement accès au téléphone public du parloir parce qu'il est transféré à la prison de Marrakech pour passer son baccalauréat. Il est au "rattrapage" comme l'année dernière, et il a des épreuves jusqu'au 8 juillet. Ensuite il sera re-transféré à Safi, la prison où il est incarcéré depuis qu'il avait brusquement cessé de donner de ses nouvelles en février dernier. 

Il était alors à la prison de Ait Melloul où juste avant de disparaitre, il avait été sévèrement battu après avoir protesté lors de la visite de sa famille, contre l'expulsion de sa sœur avant qu'elle n'ait pu lui parler. Protestation, coups, cachot, transfert, privation de communication… sa grève de la faim pour protester encore.

A Safi, dans la prison Moul el Bergui connue comme une prison "punition", Salek est dans une cellule isolée dans le quartier sécurité. Il n'a le droit qu'à un quart d'heure de sortie dans la cour par jour, et 5 minutes d'accès au téléphone par semaine. Il les consacre à sa mère.

Il avait transmis par sa famille que les conditions y étaient très difficiles. Il a redit son isolement, sa solitude. Il dit "avoir la dépression" et demande qu'on le soutienne...

Pour lui écrire : 
Salek Laasairi - n°d'écrou 4037
Prison centrale Moul el Bergui
Safi
Maroc

Les articles précédents sur Salek : 
- Salek a disparu (les nouvelles au 20 mars. Disparition depuis le 11 février)
Pour en savoir plus sur Salek (cliquez pour voir les textes) :
"Drole d'occupation pour une grand-mère, histoire de prisonniers politiques sahraouis, petite histoire du conflit". Livre de MJ Fressard, Ed Apso. Chapitre Salek.
Lettre ouverte à Monsieur Tamek, Délégué général de l'administration des prisons au Maroc, prisonniers pour la justice 

Claude Mangin-Asfari, une expulsion de trop !

Communiqué de Presse

Claude Mangin-Asfari, une expulsion de trop !

Notre amie, Claude Mangin-Asfari, épouse d’un des prisonniers politiques sahraouis du groupe dit de Gdeim Izik, n’a pu ce jour entrer au Maroc pour visiter son mari, Naama Asfari.

Après 30 jours de grève de la faim en mai 2018, Claude Mangin avait enfin obtenu, en janvier 2019, de rendre visite à son mari emprisonné, conformément au droit international. Pour mémoire, ce droit lui avait été supprimé pendant 2 ans par le Royaume du Maroc.

Claude Mangin-Asfari est aux côtés de son mari pour défendre le droit du peuple sahraoui à l’autodétermination. C’est cet engagement que le Royaume du Maroc veut « punir » en lui interdisant tout contact avec son mari, détenu depuis 8 ans et demi.

À noter que le Comité contre la torture (CAT) des Nations-Unies a examiné le cas de Naâma Asfari lors de la séance du 16 mai 2019 consacrée aux Articles 19 et 22 de la Convention contre la torture et à la question des représailles. Vu la gravité du dommage, le CAT a décidé de faire mention de ce cas dans son rapport annuel.

L’Association des Amis de la RASD et toutes les associations en France et en Europe solidaires avec les Sahraouis ou simplement attentives à l’application d’un droit élémentaire, le droit de visite à un parent prisonnier, dénoncent cette nouvelle expulsion et déclarent leur total soutien à toutes les initiatives que pourra prendre Madame Mangin-Asfari pour pouvoir entrer dans la prison de Kénitra où se trouve enfermé son mari.

 Elles vont s’adresser aux autorités françaises afin que de nouveau elles soutiennent Claude Mangin-Asfari dans l’application de son droit de visite.
Association des Amis de la République Sahraouie Démocratique (AARASD)
Association des Amis de la RASD- bur.aarasd@wanadoo.fr
Facebook : Amis de la République Sahraouie

dimanche 7 juillet 2019

Affamés, torturés, disparus: l'impitoyable piège refermé sur les migrants bloqués en Libye


Afrique

Dans un centre de détention pour migrants à Zawiyah (à l'ouest de Tripoli), le 17 juin 2017
Dans un centre de détention pour migrants à Zawiyah (à l'ouest de Tripoli), le 17 juin 2017afp.com - Taha JAWASHI
Malnutrition, enlèvements, travail forcé, torture: des ONG présentes en Libye dénoncent les conditions de détention des migrants piégés dans ce pays, conséquence selon elles de la politique migratoire des pays européens conclue avec les Libyens.
Le point, minuscule dans l'immensité de la mer, est ballotté avec violence: mi-mai, un migrant qui tentait de quitter la Libye dans une embarcation de fortune a préféré risquer sa vie en plongeant en haute mer en voyant arriver les garde-côtes libyens, pour nager vers un navire commercial, selon une vidéo mise en ligne par l'ONG allemande Sea-Watch et tournée par son avion de recherche.
L'image illustre le désespoir criant de migrants, en grande majorité originaires d'Afrique et de pays troublés comme le Soudan, l'Érythrée, la Somalie, prêts à tout pour ne pas être à nouveau enfermés arbitrairement dans un centre de détention dans ce pays livré au conflit et aux milices.
Des vidéos insoutenables filmées notamment dans des prisons clandestines aux mains de trafiquants d'êtres humains, compilées par une journaliste irlandaise et diffusées en février par Channel 4, donnent une idée des sévices de certains tortionnaires perpétrés pour rançonner les familles des migrants.
Allongé nu par terre, une arme pointée sur lui, un migrant râle de douleur alors qu'un homme lui brûle les pieds avec un chalumeau. Un autre, le tee-shirt ensanglanté, est suspendu au plafond, un pistolet braqué sur la tête. Un troisième, attaché avec des cordes, une brique de béton lui écrasant dos et bras, est fouetté sur la plante des pieds, selon ces vidéos.
Dans la nuit de mardi à mercredi, au moins 44 migrants ont été tués et une centaine blessés dans un raid contre un centre de détention à Tajoura, près de Tripoli, une frappe dénoncée comme un possible "crime de guerre" par l'ONU qui a demandé une "enquête indépendante" et dont le Conseil de sécurité devait se réunir mercredi en urgence.
La frappe aérienne a été attribuée par le gouvernement d'union nationale (GNA) basé à Tripoli aux forces rivales de Khalifa Haftar engagées dans une offensive pour s'emparer de la capitale.
Selon des acteurs humanitaires, ce drame était "prévisible" depuis des semaines.
Depuis janvier, plus de 2.300 personnes ont été ramenées et placées dans des centres de détention, selon l'ONU.
"Plus d'un millier de personnes ont été ramenées par les gardes-côtes libyens, soutenus par l'Union européenne depuis le début du conflit en avril 2019. A terre, ces personnes sont ensuite transférées dans des centres de détention comme celui de Tajoura...", a réagi mercredi auprès de l'AFP Julien Raickman, chef de mission de Médecins sans frontières (MSF) en Libye.
Selon les derniers chiffres de l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), au moins 5.200 personnes sont actuellement dans des centres de détention en Libye. Aucun chiffre n'est disponible pour celles détenues dans des centres illégaux aux mains de trafiquants. 


samedi 6 juillet 2019

Comme le loup de Ouarzazate (mémoires de prison) |

Les chiens m’ont entouré de partout. Je ne les vois pas parce que l’endroit est sombre, mais je les entends aboyer tout près de moi et essayer de me mordre. Je tiens des pierres en main pour me défendre. J’essaie de les éloigner. Cela a duré presque dix minutes, jusqu’à ce que je me réveille. C’était un cauchemar. Encore un cauchemar !

Il est 4h30. Je me lève et, avant de l’oublier, j’écris mon «rêve» rapidement sur mon bloc-notes. Tout le monde dort. Une odeur nauséabonde se dégage des matelas et des couloirs. J’observe la porte blindée, le loquet et les barreaux de la fenêtre. J’essaie de dormir à nouveau, en vain. Se lever et préparer tranquillement un «café»?...Un petit pot de mayonnaise me sert de tasse. Je bois mon café et j’allume une cigarette, dans le coin des toilettes, en soufflant la fumée par la petite fenêtre ronde. Un trou. L’ouverture me rappelle les vieux navires. Pourquoi suis-je là ? Les services secrets ont monté un dossier de toutes pièces. Cinq minutes après l’arrivée d’une amie à mon domicile, une dizaine d’agents en civil de la police des mœurs ont défoncé la porte, m’ont agressé violemment et m’ont déshabillé avant de me filmer nu sur le lit. J’ai été inculpé pour «tenue d’un local de prostitution», avant que le motif d’accusation ne soit changé en «adultère». Malgré les contradictions flagrantes dans le dossier, le juge, à l’issue d’un procès kafkaïen, m’a condamné à 10 mois de prison ferme.
Par esprit de vengeance, les services secrets marocains ont alors ordonné mon transfert au Bloc « D », appelé communément Zebbala (poubelle) par les prisonniers. Ce bloc est normalement réservé aux récidivistes mais il accueille souvent des dissidents. Composée de deux compartiments et d’une cour, la quinzaine de cellules prévues pour accueillir 15 personnes, abrite en fait entre 40 et 60 prisonniers selon les périodes.
A window at the Meaux penitentiary center. Meaux, France. November 23, 2016. © Paolo Pellegrin A window at the Meaux penitentiary center. Meaux, France. November 23, 2016. © Paolo Pellegrin

Faute de place, la majorité des détenus dorment par terre. Ils doivent attendre leur tour avant d’avoir un «lit». Le tour n’est pas toujours respecté car il n’est pas tenu par l’administration mais par le Lcabran (Caporal), c’est-à-dire le chef de cellule. Les nouveaux arrivés peuvent acheter une place (50€ en moyenne). Les anciens détenus peuvent les vendre quelques semaines avant leur départ. Cela laisse donc rarement de lits à ceux qui ne peuvent ou ne veulent pas payer. L’administration ne met en place aucun règlement quant à l’heure du couvre-feu par exemple. Le pain et les repas sont distribués par les prisonniers appelés Lcrafa (les gens de la corvée). Sans gants, ils enfoncent leurs mains sales (tout en fumant parfois) dans d’énormes marmites pour distribuer des morceaux de poulets mal cuits, dont se dégage une odeur écœurante. La quasi totalité des prisonniers (organisés en groupes appelés Laâchra) réchauffent les repas à l’aide de réchauds électriques (interdits officiellement, mais tolérés par l’administration). 

Après un raid aérien dans un centre pour migrants en Libye, l'ONU dénonce un «crime de guerre»




Une quarantaine de migrants ont été tués dans un raid aérien nocturne contre un centre de détention près de Tripoli. Une frappe attribuée aux forces de Khalifa Haftar qui a suscité de vives condamnations.

Le bilan préliminaire des services de secours fait état d’au moins 40 migrants tués et 70 blessés dans cette attaque. Mais «Le bilan pourrait s’aggraver», a ajouté Osama Ali leur porte-parole, précisant que 120 migrants étaient détenus dans le hangar quand il a été touché de plein fouet.
Selon un photographe de l’AFP arrivé tôt sur place ce mercredi, plusieurs corps gisaient au sol aux côtés de restes humains mêlés aux affaires et vêtements des migrants maculés de sang. Les services de secours recherchaient d’éventuels survivants sous les décombres, tandis que des dizaines d’ambulances avaient été déployées.
Dans un communiqué, le Gouvernement d’union (GNA) basé à Tripoli et reconnu par l’ONU a dénoncé «un crime odieux». Il a attribué l’attaque au «criminel de guerre, Khalifa Haftar», l’homme fort de l’est libyen qui mène une offensive depuis début avril pour conquérir la capitale. Le GNA a accusé les forces pro-Haftar d’avoir mené une attaque «préméditée» et «précise» contre le centre. Cette frappe n’a pas été revendiquée mais des médias pro-Haftar ont fait état mardi soir d’une «série de raids aériens» à Tripoli et Tajoura. La banlieue de Tajoura, qui compte plusieurs sites militaires appartenant aux groupes armés pro-GNA, est régulièrement la cible de raids aériens des forces pro-Haftar.

«Une horrible attaque» condamnée 

Dans de premières réactions, l’ONU a fait part de son effroi. «Cet attentat pourrait clairement constituer un crime de guerre, frappant des innocents […] contraints d’échouer dans cet abri par des conditions de vie épouvantables», a indiqué Ghassan Salamé, l’émissaire de l’ONU en Libye. Il a appelé la communauté internationale «à condamner ce crime et à imposer les sanctions appropriées à ceux qui ont mené cette opération en violation flagrante du droit international humanitaire».

Sahara occidental: RSF dénonce la persécution et la répression des journalistes sahraouis



Paris, 11 juin 2019 (SPS) 

Reporters sans frontières (RSF) a dénoncé dans un rapport sur la liberté de la presse au Sahara occidental, territoire occupé par le Maroc, la persécution et la répression des journalistes sahraouis.
Présenté mardi à Madrid par sa section espagnole et publié sur son site, RSF révèle dans son rapport "un territoire coupé du monde, véritable trou noir de l’information, devenu une zone de non-droit pour les journalistes".
Intitulé "Sahara occidental, un désert pour le journalisme", le rapport est le premier travail de recherche jamais réalisé sur la liberté de la presse dans ce territoire non-autonome.
Les rédacteurs du document inédit mentionnent que le silence entourant le territoire est "principalement lié à la persécution et à la répression constantes des journalistes sahraouis qui s’efforcent de faire leur métier en dehors des circuits officiels marocains, mais aussi à l’impossibilité pour les journalistes étrangers de travailler dans la région", rappelant le refoulement "quasi systématique" par le Maroc, puissance occupante, des journalistes étrangers qui veulent se rendre au Sahara occidental.
"Le Maroc applique une politique de refoulement quasi systématique de la presse étrangère qui tente de se rendre au Sahara occidental et punit très sévèrement les journalistes citoyens qui essaient de donner une version autre du discours officiel sur les réseaux sociaux", ont expliqué les rédacteurs, soulignant que ces différents blocages ont transformé le Sahara occidental au fil des ans en "un véritable trou noir de l’information".
"Plus personne ne parle du Sahara occidental", a expliqué le président de la section espagnole de RSF, Alfonso Armada.
"Le territoire qui n’est ni en guerre ni en paix, est désormais abordé uniquement sous l’angle humanitaire par les médias étrangers alors que le conflit se perpétue sans issue depuis quatre décennies", a-t-il ajouté.
Le rapport évoque la situation des journalistes sahraouis emprisonnés qui sont souvent condamnés à de très lourdes peines*. Il donne, pour la première fois, la parole à ces acteurs essentiels pour la paix dans la région ainsi qu'à des spécialistes du conflit.
Il fait un focus sur le rôle des médias internationaux, notamment espagnols et français, qui ont oublié la question du Sahara occidental, présentant une nouvelle génération de journalistes sahraouis qui "surmonte tant bien que mal ces obstacles et constitue une nouvelle source d’information précieuse pour la presse étrangère et les organisations internationales". (SPS)
020/090/700

*Hassan Dah, journaliste sahraoui de l'equipe media, purge une peine de 30 ans. Les faits qui lui sont reprochés ont eu lieu un mois avant le démantèlement du camp de Gdeim Izik. Ces journalistes du groupe  Gdeim Izik sont emprisonnés depuis le 10 octobre 2010, dans des conditions inhumaines.    M-J F Solidmar                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                                  
 

mercredi 3 juillet 2019

La capitaine du navire humanitaire « Sea-Watch 3 » déclarée libre par la justice italienne


Un tribunal d’Agrigente a levé l’assignation à résidence de Carola Rackete, la capitaine allemande arrêtée ce week-end à Lampedusa après avoir accosté de force avec 41 migrants.

Carola Rackete, la capitaine du « Sea-Watch 3 », à Porto Empedocle (Italie), le 1er juillet 2019.
Carola Rackete, la capitaine du « Sea-Watch 3 », à Porto Empedocle (Italie), le 1er juillet 2019. Guglielmo Mangiapane / REUTERS
Une juge italienne s’est prononcée, mardi 2 juillet, en faveur de la libération de Carola Rackete, la capitaine allemande du navire humanitaire Sea-Watch 3 arrêtée samedi pour avoir accosté de force dans la petite île de Lampedusa avec quarante et un migrants à bord. La juge chargée de l’enquête préliminaire a en effet indiqué aux médias italiens qu’un décret italien sur la sécurité n’était « pas applicable aux actions de sauvetage ».
Le ministre italien de l’intérieur, Matteo Salvini, qui a vivement déploré la décision de la magistrature italienne, a précisé que la capitaine allemande allait faire l’objet d’une mesure d’expulsion vers l’Allemagne, car elle est « dangereuse pour la sécurité nationale ». La mesure d’éloignement du territoire italien, avec accompagnement à la frontière, doit encore être confirmée par les autorités judiciaires, a-t-il précisé.
« Elle retournera dans son Allemagne, où ils ne seraient pas aussi tolérants avec une Italienne si elle devait attenter à la vie de policiers allemands », a commenté celui qui est aussi vice-premier ministre et patron de la Ligue (extrême droite). « L’Italie a relevé la tête : nous sommes fiers de défendre notre pays et d’être différents des autres petits leadeurs européens qui pensent pouvoir encore nous traiter comme leur colonie », a-t-il ajouté.

Défense des droits de l’homme

L’ONG Sea-Watch a, pour sa part, exprimé son soulagement dans un tweet : « Nous sommes soulagés que notre capitaine soit libre ! Il n’y avait aucune raison de l’arrêter, car elle était engagée dans la défense des droits de l’homme en Méditerranée et prenait ses responsabilités là où aucun gouvernement européen ne le faisait. »
L’Allemande de 31 ans avait été arrêtée dans la nuit de vendredi à samedi, placée samedi matin aux arrêts domiciliaires à Lampedusa, puis transférée lundi matin à Agrigente, la ville de Sicile dont dépend la petite île italienne. Lundi, elle avait été entendue pendant trois heures par la juge chargée de vérifier la validité de son arrestation.
 

Sahara occidental : Campagne pour la libération des détenus

El Watan, R. I.,1/7/ 2019 

Les organisations Adala-UK et Forum d’action pour le Sahara occidental (WSAF) ont lancé une campagne au Royaume-Uni, à travers laquelle elles ont adressé une lettre à l’ambassadeur marocain à Londres, a rapporté hier l’APS citant l’agence de presse sahraouie, SPS.
Dans cette lettre, elles demandent à Rabat de cesser les violations des droits de l’homme au Sahara occidental occupé et de libérer tous les détenus politiques sahraouis. 
 Cette campagne coïncide avec la visite au Royaume-Uni de la militante sahraouie des droits de l’homme et présidente du Collectif des défenseurs sahraouis des droits de l’homme (Codesa), Aminatou Haider, et ce dans le cadre d’une large campagne pour la libération des détenus politiques sahraouis.
Cette campagne constitue une occasion de rappeler l’absence d’une volonté politique chez les membres du Conseil de sécurité, dont le Royaume-Uni, concernant l’obligation de tenir leurs engagements liés à l’organisation du référendum d’autodétermination, ainsi que l’échec du Conseil quant à l’élargissement du mandat de la Mission des Nations unies pour l’organisation d’un référendum au Sahara occidental (Minurso) à la surveillance des droits de l’homme.
Ce que revendiquent le peuple sahraoui et les organisations non gouvernementales (ONG), telles que Human Rights Watch et Amnesty International. La présence de la militante Aminatou Haider est une opportunité de plus pour évoquer «la brutalité de la police marocaine, les détentions arbitraires, les simulacres de procès et les violences physiques et verbales dont sont victimes les civils sahraouis», ainsi que d’autres atrocités commises quotidiennement par les autorités de l’occupant marocain contre les Sahraouis.

mardi 2 juillet 2019

Migrants : Martine Aubry se dit prête à accueillir à Lille les réfugiés du navire Sea-Watch

Hauts-de-France, Nord, Lille
© Anaelle LE BOUEDEC / LOCALTEAM / AFP
© Anaelle LE BOUEDEC / LOCALTEAM / AFP
Les réfugiés de l'Aquarius avaient également été accueillis, l'an dernier.
Par Q.V
"C'est la fin d'un long calvaire" a assuré la maire (PS) de Lille Martine Aubry à propos des migrants de Sea-Watch, sains et saufs sur l'île italienne de Lampedusa. L'élue s'est fendue d'un tweet dans lequel elle assure que "nous sommes prêts à Lille à nous mobiliser pour les accueillir, comme nous l'avons fait avec les réfugiés de l'Aquarius et d'autres avant eux."

Jointe par téléphone, la maire indique vouloir "porter un accueil à tous ceux qui fuient la guerre". "Dès que j'ai appris que la France s'était portée candidate pour recevoir dix personnes, je me suis proposée pour pouvoir les recevoir" précise l'édile, qui reconnaît que la balle est désormais dans le camp du gouvernement français.

"On ne sait pas s'il s'agit de jeunes, de familles, etc. Pour l'instant, on attend que l'OFPRA (Office français de protection des réfugiés et des apatrides) soit allé sur place. Si ces personnes obtiennent le statut de réfugiés, car c'est à cette condition seulement qu'ils pourront venir, ça veut bien dire qu'ils fuient la guerre, les persécutions ou le terrorisme" précise-t-elle encore.
 

Accostage de force

Le navire Sea-Watch a accosté de force dans la nuit du 28 au 29 juin dans le port de Lampedusa, et sa jeune capitaine, Carola Rackete a été arrêtée, avant que ne débarquent 40 migrants bloqués à bord depuis 17 jours.

"Nous attendons encore et toujours une solution qui ne se dessine malheureusement pas. C'est pourquoi j'ai maintenant moi-même décidé d'accoster dans le port",
avait déclaré la militante allemande dans une vidéo relayée par Sea-Watch sur les réseaux sociaux.

Les migrants du Sea-Watch avaient été secourus dans les eaux internationales au large de la Libye. Au fur et à mesure, 13 d'entre eux avaient été évacués vers Lampedusa, essentiellement pour des raisons médicales. Pour les 40 restants, c'était encore l'incertitude.

La France prête à accueillir des réfugiés

Vendredi après-midi, le ministre italien des Affaires étrangères, Enzo Moavero, avait annoncé que cinq pays européens (France, Allemagne, Portugal, Luxembourg et Finlande) étaient disposés à les accueillir.

La ville de Lille avait en effet accueilli 42 réfugiés du navire humanitaire l'Aquarius, après que ce dernier a accosté en Espagne en juillte 2018. Nous en avions d'ailleurs retrouvé une partie en décembre dernier. L'un d'eux, Abdelrassoul, était parvenu à décrocher un CDI à mi-temps.

 

Le Maroc empêche de nouveau la présence d’avocats


Procès de la journaliste sahraouie Nazha Al Khalidi

Amnay Idir,25 juin 2019 

Ces expulsions d’avocats et d’observateurs surviennent après celle, enregistrée le 19 mai dernier, d’une autre délégation d’avocats espagnols qui devait se rendre au Sahara occidental occupé pour assister au procès, prévu le 20 mai, de la journaliste sahraouie.
Les autorités marocaines ont empêché l’accès à El Ayoun occupée aux avocats espagnols Miguel Angel Jerez, Jose Maria Costa et Ines Miranda, a rapporté hier l’APS citant les médias espagnols.
Ils sont accrédités par le Conseil général du droit espagnol (CGAE) pour assister au procès de la journaliste sahraouie Nazha El Khalidi, prévu hier, 24 juin. Elle est poursuivie pour ses activités de défense des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés.
Arrivés dans la capitale du Sahara occidental occupé en provenance de Las Palmas de Gran Canaria, les juristes espagnols ont été empêchés par la police marocaine de descendre de l’avion et ont dû rentrer le même jour aux îles Canaries, ont poursuivi les mêmes sources.
Selon le site d’information sahraoui Equipe Media, deux autres observateurs internationaux n’ont pas aussi été autorisés samedi à se rendre à l’aéroport de Casablanca (Maroc) pour assister au procès de la journaliste sahraouie.
Ces expulsions d’avocats et d’observateurs surviennent après celle, enregistrée le 19 mai dernier, d’une autre délégation d’avocats espagnols qui devait se rendre au Sahara occidental occupé pour assister au procès prévu le 20 mai contre la journaliste sahraouie, avant d’être reporté au 24 juin.
Il s’agit de cinq avocats espagnols, en l’occurrence Ramon Campos Garcia, Maria Lorettis Barron, Ruth Sebastian Garcia, Maria Dolores Traviso et Sidi Talib Bouya Hassan, ainsi que de deux observateurs norvégiens d’une organisation non gouvernementale (ONG), Vigard Fuso Semifole et Kirsty Brevik Miller, qui ont été contraints de rester dans le hall de l’aéroport de Madrid pendant cinq heures jusqu’à leur vol à destination de Casablanca, avant d’être expulsés par les autorités marocaines vers leurs pays d’origine.
Le procès de la journaliste Nazha El Khalidi aurait dû se tenir le 20 mai, mais le tribunal de première instance d’El Ayoun a reporté l’audience pour vérifier le contenu du téléphone de la journaliste, saisi par la police marocaine alors qu’elle assurait la couverture médiatique d’une manifestation de Sahraouis.
L’arbitraire légal
Les Nations unies ont exprimé de «sérieuses préoccupations» à propos de cette affaire. La vice-présidente du groupe de travail sur la détention arbitraire Elina Steinerte, le rapporteur spécial pour la promotion du droit à la liberté d’opinion et d’expression, David Kaye, le rapporteur spécial sur la torture et autres traitements dégradants, Nils Melzer, ont envoyé une lettre au gouvernement marocain dans laquelle ils ont exprimé leur préoccupation pour l’arrestation de la journaliste sahraouie et exigé l’abolition de la législation qui criminalise les personnes pour pratique du journalisme sans autorisation préalable.
Ils ont déclaré que l’article 238 du code pénal marocain, qui accuse Nazha Al Khalidi d’exercer le métier de journaliste sans s’être déclarée au préalable, est contredit par le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, signé et ratifié par le Maroc. Ils ont invité Rabat à répondre aux questions sur la torture pratiquée sur la journaliste.
Des organisations internationales, dont Reporters sans frontières (RSF), ont récemment dénoncé le fait que le Sahara occidental est «l’un des lieux les plus fermés au monde» aux journalistes, dénonçant «des détentions arbitraires, du harcèlement, des tortures, des emprisonnements et des condamnations lourdes et injustes».
De leur côté, les ONG Human Rights Watch (HRW) et Amnesty International ont contesté le procès de la journaliste sahraouie, qu’elles jugent «incompatible avec le droit de rechercher, de recevoir et de diffuser des informations et des idées garanti par la Déclaration universelle des droits de l’homme».

Pia Klemp et Carola Rackete : deux capitaines valeureuses





Pia Klemp et Carola Rackete : deux capitaines valeureuses



Pia Klemp et Carola Rackete sont allemandes. Toutes les deux commandaient des bateaux chargés d’émigrés qu’elles tentaient de sauver. Deux valeureuses, aujourd’hui en état d’arrestation.
Entendons-nous bien : non, les migrations en cours ne sont pas « un bienfait pour l’Europe » comme se plaisent à le proclamer certains inconscients illuminés. La vague migratoire actuelle est un fléau engendré par deux autres fléaux, les guerres et le dérèglement climatique dont nous, nations occidentales « favorisées », portons l’écrasante responsabilité. Les migrations sauvages de masse résultent toujours d’un déséquilibre planétaire grave.
Oui, ces migrations de masse menacent de déséquilibre démographique les pays où se précipitent les migrants. Ces problèmes seraient sans doute moindre si les pays occidentaux s’entendaient pour réguler et répartir ce flux sauvage. Mais qu’attendre de pays malades, recroquevillés sur un lustre d’antan envolé ?
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