2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

jeudi 20 août 2020

Gap 05 : Expulsion du Césai au mépris de toutes les règles, de toutes les lois–



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Expulsion Césai – Communiqué – 19 Août 2020

by Laurent Eyraud-Chaume

Mercredi 19 août, six heures, des policiers enfoncent à coup de bélier les portes des chambres des habitants du Césaï, le centre social auto-géré de Gap. Ils regroupent tout le monde dans une cour, effectuent des vérifications d’identité. C’est le début de l’expulsion du Cesaï.

Bilan : 43 personnes dehors, 20 hébergées dans des camping, 2 embarquées au poste. 

43 exilé.e.s et sans abris qui ont à peine eu le temps de prendre leurs affaires, de ramasser de la nourriture avant que le Cesaï ne soit muré. 43 personnes sur la place Saint Arnoux, devant la préfecture, bientôt rejoints par des militant.e.s.

Un campement s’organise en attendant une solution qui ne viendra pas de la préfecture, celle-ci craignant toujours plus le fameux «appel d’air». En attendant un endroit où dormir et poser leur sac, familles, jeunes déminorisés, dublinés, sans abris, sont tous ébahis de se retrouver en quelques heures sans logement.

Une expulsion au mépris de toutes les règles, de toutes les lois. La préfecture s’est bien gardé de dire qu’un délai supplémentaire de deux mois était prévu par la cour d’appel de Grenoble après la visite préalable de l’huissier, sans les forces de l’ordre, qui n’a jamais eu lieu. N’ayant pas été prévenus, les habitants n’ont pas exprimé de refus. Ce n’était pas une opération dans la loi mais une expulsion violente et illégale, menée tambour battant. En bonus, le sarcasme de Mr Scarcella, huissier assermenté, qui assure avoir remis le commandement de quitter le lieu, puis ment sur la décision de la cour d’appel et finit par déclarer : «c’est votre parole contre la mienne».

Et maintenant ? On a besoin de soutien.

43 personnes à la rue qui auront besoin d’un toit, de lits, de couvertures.

On dort ce soir devant la préfecture. Et demain ? Impro totale.

Communiqués expulsion Césai – 19 Août 2020URL: https://wp.me/p3g7T0-49H




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Sahara occidental : L’ONU appelée à trouver une solution juste et définitive


PUBLIE LE : 15-08-2020 | 0:00

D.R

Le Front Polisario a appelé la communauté internationale et l’ONU à jouer «un rôle décisif» pour trouver une solution juste et définitive à la question sahraouie, à travers l’organisation d’un référendum d’autodétermination, dénonçant l’exploitation par le Maroc de la situation actuelle marquée par le blocage du processus politique pour «intensifier et généraliser la répression abjecte» contre le peuple sahraoui, a indiqué, jeudi, l’Agence de presse sahraouie (SPS).

Le Front Polisario a lancé cet appel, à l’issue d’une réunion du bureau permanent de son secrétariat national réuni mercredi, sous la présidence de Brahim Ghali, président de la RASD et secrétaire général du front Polisario, consacrée à l’examen de la question sahraouie sous ses différents aspects et les derniers développements enregistrés, ajoute SPS. Le communiqué, dénonce «l’exploitation de la situation actuelle par l’occupant marocain pour intensifier et généraliser la répression abjecte contre le peuple sahraoui dans les territoires occupés» et «semer la terreur dans les rangs des acteurs de l’Intifadha pour l’indépendance et les droits de l’Homme, en infligeant les pires sévices aux détenus politiques sahraouis qui croupissent dans les geôles marocaines». Le bureau du front Polisario a dénoncé, en outre «la poursuite du pillage des richesses et ressources naturelles du Sahara Occidental par le Maroc et ses alliés», exhortant «la communauté internationale et l’ONU en premier lieu à jouer un rôle décisif pour amener le Maroc à cesser ses plans démesurés» qui menacent «l’avenir de la paix, de la stabilité et de la coexistence dans la région», ce qui témoigne de «l’irresponsabilité du régime marocain (Makhzen) et de l’absence de clairvoyance chez ses alliés». Dans son communiqué, le bureau a réitéré «la position du Front populaire qui impute la responsabilité du blocage du processus politique pour la recherche d’une solution juste et définitive, à travers un référendum d’autodétermination du peuple sahraoui, à l’intransigeance de l’occupant marocain, à la complicité de certaines puissances et au manque de fermeté de la part de l’ONU». La réunion du bureau permanent du secrétariat national du Front Polisario a été l'occasion de saluer «les positions fortes et sincères de l’Algérie, pays frère, vis-à-vis de la question juste du peuple sahraoui». Le bureau a également félicité l’Algérie «pour son rôle pionnier dans notre région et dans les régions du voisinage, ainsi qu’aux niveaux africain et international", a souligné SPS.
Dans le même sillage, le bureau a salué les relations «étroites et solides» de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) avec l’Union africaine (UA) et «la dynamique de la participation sahraouie au sein de cette organisation», se félicitant également des positions de soutien ré- exprimées par plusieurs pays africains notamment l’Afrique du Sud qui préside l’UA. Dans la perspective de l'organisation de la Conférence annuelle internationale de solidarité avec le peuple sahraoui, organisée par la Coordination européenne de solidarité avec le peuple sahraoui (Eucoco), le Front Polisario a salué «l’élan de solidarité européen et international en général», les appelant «à davantage de mobilisation et d’accompagnement à la lutte du peuple sahraoui dans tous les domaines».

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Taleb Omar salue le soutien de l’Algérie

L'ambassadeur sahraoui en Algérie, Abdelkader Taleb Omar, a salué mercredi les efforts de l’Algérie, direction, peuple et classe politique, en faveur de la cause sahraouie et du droit du peuple sahraoui à l'autodétermination. Lors de l’audience que lui a accordée le secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), Tayeb Zitouni, l’ambassadeur sahraoui a précisé «avoir informé la direction du parti des derniers développements de la cause sahraouie qui amorce un tournant décisif». Cette rencontre procède de «notre conviction que le soutien partisan et populaire et le rejet, haut et fort, des politiques que le régime marocain tente d'imposer doivent se concrétiser dans des programmes et plans de soutien» à la cause, a souligné le diplomate sahraoui. M. Taleb Omar s’est félicité de la compréhension et du soutien qu'il a perçus chez la direction du parti qu’il a qualifiée d'«amie de la cause ( ) ayant une expérience certaine en matière de solidarité avec le peuple sahraoui». En marge de la rencontre, le diplomate sahraoui a affirmé que «le Front Polisario s’emploiera à intensifier les actions de solidarité avec l’ensemble de la classe politique et la société civile, afin que la voix de la cause reste audible». Selon lui, «il est nécessaire de s'inspirer des expériences partisanes, notamment en matière de formation politique et de diplomatie parlementaire». Cela nécessite, ajoute le diplomate sahraoui, «davantage de coordination avec la classe politique algérienne», rappelant qu'il «a pris attache avec plusieurs formations en vue de programmer d'autres rencontres». Le membre du secrétariat national du Front Polisario s'est dit satisfait «du consensus national en Algérie autour du soutien de la cause sahraouie».
La cause sahraouie «qui se trouve à un tournant décisif, se heurte aux entraves du régime marocain et ses tentatives de modifier le statut du territoire qui doit jouir de son droit à l'autodétermination, pour se l'approprier», a-t-il regretté. «Nous sommes conscients du rôle, à la fois passif et influent, de la France au sein du Conseil de sécurité et de l'Union européenne», a indiqué l'ambassadeur sahraoui, rappelant «ses derniers dépassements dont l'implantation du siège du réseau Afrique de la Francophonie à Dakhla et le projet de l'énergie éolienne à Lâayoune occupée, ce qui est en contradiction avec la position de la France qui dit ne reconnaître aucune souveraineté du Maroc sur les territoires sahraouis».
Pour sa part, le secrétaire général du RND, Tayeb Zitouni a réitéré le soutien de sa formation politique et de ses militants «aux frères sahraouis dans leur lutte contre l'occupation marocaine», soulignant que «ce soutien est une doctrine et un principe immuable consacré et inspiré des valeurs du 1er Novembre». «Telle est la position de l'Etat et du peuple algérien, car il s'agit d'une question de décolonisation et de l'application des résolutions onusiennes», a-t-il affirmé. A cette occasion, M. Zitouni a appelé à «la création d'une plateforme regroupant les partis politiques, les syndicats et les associations de solidarité et à l'établissement d'un véritable partenariat avec le peuple sahraoui». A la fin de l'audience, le SG du RND a annoncé la tenue d'une conférence en décembre prochain sur le droit des peuples à l'autodétermination.

 

mercredi 19 août 2020

Au Maroc, des dizaines de "médias" de diffamation financés par le régime

Ils s'appellent Chouf Tv, Le360, Cawalisse, Al-Ahdath Al-Maghribia, Barlamane etc..., au Maroc, il y a des dizaines de "médias" dotés de grands moyens financiers - provenant de la police politique - ont pour vocation de diffamer tout acteur ou personnalité considérée comme dissidente.

Ils s'appellent Nasser Zefzafi, Maati Monjib, Omar Radi, Hajar Raissouni, Souleiman Raissouni etc..., ces "médias" de diffamation ont ainsi des centaines de victimes. « Plusieurs thèmes de propagande sont employés pour faire tort à la réputation et à l’honneur des opposants, que ceux-ci agissent sur le plan politique ou dans les domaines civiques comme celui des droits humains », a expliqué Maati Monjib dans un article sur la presse de diffamation, et publié en 2015 sur le site Orient XXI. On utilise notamment les accusations de sexe, de drogue, de financement étranger...

Pour réagir à cette situation, un groupe de 110 journalistes professionnels a signé en juillet dernier un manifeste appelant les autorités marocaines à prendre des mesures contre les «médias de diffamation» qui calomnient impunément des «voix critiques». 

Ce mardi 11 août, un autre manifeste intitulé "Cette ombre est là", a été signé par plus de 400 artistes, écrivains, réalisateurs et acteurs culturels pour dénoncer « la répression policière » et « les médias de diffamation ».

« Quel est le rôle des médias et de la culture dans notre société? Est-ce de chercher, discuter, analyser, critiquer, contredire, investiguer, déconstruire, penser, transgresser, imaginer et créer? Ou est-ce de diffamer, criminaliser, blâmer, distraire, insulter, intimider et harceler? Aujourd’hui, plus que jamais, les médias de diffamation appartiennent à cette dernière catégorie. Il est nécessaire d'assumer notre rôle dans la société. Notre silence ne doit pas renforcer la répression et l'abus de pouvoir », a souligné le manifeste. 

Un florilège de ces médias de diffamation

Le site Le360, fondé par Mounir Majidi, le secrétaire particulier du roi du Maroc, a publié un article au lendemain de l'arrestation de Nasser Zefzafi intitulé "Hirak: des financements étrangers mettent Zefzafi dans l'embarras". Pour entacher la réputation de Nasser, le site indique qu'on a trouvé une importante somme d’argent en euros dans son domicile, ainsi que des équipements et autres matériels en provenance de l’étranger, sans omettre qu'un trafiquant notoire de cocaïne figure parmi les collaborateurs de Zefzafi. 



Le site Chouf Tv fondé par Driss Chahtane, celui-ci était directeur de publication de l’hebdomadaire Al-Michaal. Il a été accusé, en 2009, de « délit de publication », de « mauvaise foi », de « fausses nouvelles » et d’ « allégations erronées » suite a la publication d'un article traitant de la santé de Mohammed VI. Il a écopé d'un an de prison ferme avant d'être gracié. Depuis sa sortie de la prison, il est devenu pro régime et proprietaire de l'un des "médias" les plus sordides au Maroc.

mardi 18 août 2020

Imider: « Je veux que cette guerre contre la mafia du profit prenne fin »

A Imider, il y a la plus grande mine d'argent d'Afrique, mais 50 % de la population locale, qui a mené la plus longue action de protestation de l'histoire du Maroc, vit en dessous du seuil de pauvreté. L'actionnaire majoritaire de la société qui effectue l'extraction est un holding privé appartenant à la famille royale du Maroc, du coup, la lutte menée par la population est à la fois politique, environnemental et économique, et les tensions avec les autorités sont exacerbées par des questions d'identité.


"Je m'appelle Mohamed Ed-Daoudy, mais tout le monde me connaît sous le nom de Moha Tawja. J'ai 30 ans, j'aime le football et la photographie, que j'ai appris moi-même. Lorsque notre combat pacifique a commencé sous sa forme actuelle, en 2011, j'étudiais l'économie à l'université. Depuis ce moment, je consacre tout mon temps à lutter aux côtés de ma communauté contre l'exploitation minière de nos terres. Tout le reste, malheureusement, se trouve dans son ombre".

Imider, contre l'industrie minière et pour le droit à l'eau

Moha vit à Imider, au Maroc. Cette ville rurale d'un peu plus de 4 000 habitants est située dans la province de Tinghir, au cœur du pays, et est tombée sous les feux de la rampe ces dernières années parce que l'une des plus grandes mines d'argent d'Afrique se trouve juste à l'extérieur. "Cette mine a été une malédiction pour notre communauté. L'exploitation des eaux souterraines et la pollution menacent nos vies et dévastent l'économie locale, qui a toujours été basée sur l'agriculture et l'élevage. Elle n'a apporté aucun bénéfice aux habitants".

"Plus de 100 familles ont dû quitter Imider entre 1994 et 2004. Mon histoire n'est pas très différente de celle des personnes qui sont parties ou qui sont restées sur place. À cause de cette mine d'argent prédatrice, j'ai dû mettre ma carrière universitaire et professionnelle en suspens pendant huit ans pour essayer de sauver notre vallée, notre droit à l'eau et au développement durable. Mon seul choix a été de me battre, la seule alternative est de partir", raconte Moha.
 

"Des dizaines d'agriculteurs qui travaillaient indépendamment dans leurs fermes ont commencé à protester contre la mine, qui n'a même pas généré d'emplois. Selon le recensement national de 2014, plus de 50 % des personnes de notre communauté vivent en dessous du seuil de pauvreté. Cela ne devrait pas être le cas, étant donné que la plus grande mine d'argent d'Afrique se trouve ici". La mine est un problème de longue date. Depuis le milieu des années 1980, les habitants protestent contre la Société métallurgique d'Imider (SMI) et sa filiale Managem, qui gère la mine, en demandant la protection de l'ancien réseau de puits et de canaux souterrains, appelé khettara, que les usines minières exploitent dans le processus de production.

De graves dommages aux ressources en eau

Les ressources en eau de la région, qui sont déjà rares, ont subi des dommages irréversibles en raison de ce pompage constant. Les populations locales se nourrissent grâce à l'agriculture, et elles ont été privées, tout comme les animaux, de l'eau dont elles ont besoin. Selon les données de l'Association marocaine des journalistes d'investigation, le sol autour d'Imider contient des niveaux très élevés de pollution : l'arsenic, le cadmium et le plomb sont présents à des niveaux beaucoup plus élevés que ceux autorisés par les normes internationales, mais les propriétaires de la mine ont toujours nié toute responsabilité.

SMI a été fondée en 1969 et a commencé l'extraction en 1978. Au fil des ans, les khettaras ont été soit lentement vidées, soit irrémédiablement empoisonnées. "Les khettara sont les canaux souterrains qui relient les sources d'eau, généralement situées au bas des montagnes qui entourent notre vallée, aux terres agricoles. Ils peuvent s'étendre sur des dizaines de kilomètres, et des ouvertures régulières permettent à l'air de pénétrer et d'arrêter les processus de sédimentation. Ces adaptations proviennent des connaissances pratiques transmises par nos ancêtres, qui ont permis aux communautés rurales de s'adapter au changement climatique. Derrière ce système ingénieux se trouve un mécanisme social de gestion de l'eau, permettant aux habitants de bénéficier de cette ressource de manière équitable, en fonction des besoins et de la disponibilité. Lorsque nous nous battons pour l'eau, il ne s'agit pas seulement d'éviter la sécheresse et les crises environnementales. C'est aussi un combat culturel pour préserver notre mémoire collective".

En 2004, SMI a foré un nouveau puits de 40 mètres de profondeur qui a rendu les ressources en eau encore plus rares pour la population locale. 
 
Lire : https://www.courrierdurif.com/2020/08/imider-je-veux-que-cette-guerre-contre.html 
 
Mais les gens ne sont pas restés les bras croisés. "Depuis que l'industrie minière est arrivée dans notre région en 1980, il y a toujours eu des protestations. D'abord pour des emplois, puis à partir de 1986 pour l'eau, puis à partir de 1996 pour les deux, et à nouveau à partir de 2004 pour l'eau. Entre 2011 et 2019, les protestations se sont inscrites dans une prise de conscience socio-économique et environnementale mondiale concernant nos droits. Nous avons grandi en protestant et en luttant, et nous sommes devenus de plus en plus conscients de ce que nous avons subi", explique Moha.

Les protestations sont dirigées contre une organisation très influente. L'actionnaire majoritaire de SMI est la Société Nationale d'Investissement (SNI), un holding privé appartenant à la famille royale du Maroc. Par conséquent, le conflit est à la fois politique, environnemental et économique, et les tensions avec les autorités sont exacerbées par des questions d'identité.

La communauté d'Imider, en harmonie avec la terre

"Notre culture est amazighe. Pour nous, l'eau, la terre et les êtres humains sont les trois piliers de l'identité. Le geste à trois doigts que nous faisons le symbolise. Ici, à Imider, nous nous battons pour notre terre et pour l'eau qui nous entoure. La plupart de nos célébrations culturelles sont liées à la terre et à ce qui y pousse, en particulier les plantes utilisées à des fins médicinales et rituelles. Une de nos anciennes devises dit que "les amandes ont meilleur goût que l'argent". Notre culture est l'union de nos communautés, ce qui nous maintient ensemble. L'appartenance à une grande tribu amazighe renforce nos mouvements et l'union de toutes les communautés qui partagent la même langue maternelle, la même culture et la même histoire". La culture qui, pendant des décennies, a été connue sous le nom de berbère - racine du terme "barbare" - est extrêmement ancienne. En Afrique du Nord, elle est antérieure à l'Islam et aux influences arabes. Elle est souvent ciblée ou négligée par les gouvernements de la région, comme c'est le cas au Maroc et en Algérie, et l'a été en Libye dans le passé.

Bien qu'il ait hérité de la tradition de protestation de sa communauté, Moha voit 2011 comme l'année de la révolution pour sa propre génération. "En 2011, le climat social a été particulièrement dur. Il y avait un chômage généralisé, les puits agricoles s'épuisaient, il n'y avait pas d'eau potable et pas de transports publics pour les étudiants. Les amandiers et les oliviers des oasis mouraient, menaçant le gagne-pain des familles d'agriculteurs. Nous, les étudiants, avons commencé à protester en août, encouragés par ce qui se passait dans la région. La communauté s'est jointe à nous et nous nous sommes appelés Mouvement sur la route 96, en l'honneur de la manifestation de nos parents en 1996 et en soulignant sa continuité. Nous avons fermé la principale canalisation d'eau utilisée par la compagnie minière et nous avons mené la plus longue action de protestation de l'histoire du Maroc".

Les nouvelles de la manifestation ont fait leur chemin dans le monde entier. Un groupe d'activistes est monté au sommet du Mont Albban, où SMI avait commencé à exploiter un puits en le reliant à la mine, en coupant le pipeline et en le défendant contre les agents de sécurité employés par SMI. Les gens le surveillaient jour et nuit. "Grâce à notre combat, il y a eu quelques changements positifs en termes d'infrastructures et de services sociaux pour la communauté. La conduite d'eau principale est toujours bloquée, ce qui a permis d'économiser des millions de tonnes d'eau pour notre khettara et l'agriculture".

"Mais ce n'est pas encore fini. La mine pose encore de nombreux problèmes en termes de pollution et de captage d'eau. Je souhaite que ma communauté puisse vivre en paix dans notre mère patrie, pour laquelle nos ancêtres ont donné leur vie. Je veux que cette guerre contre la mafia du profit prenne fin. Une guerre qui a coûté plus de 60 ans de prison à des dizaines de manifestants. Je continuerai à me battre pour les droits de mon peuple, car j'ai une dette envers ceux qui se sont battus avant moi".

Par Water Grabbing Observatory
Lire l'article en anglais sur Life Gate

 

lundi 17 août 2020

«Le Sahara Occidental est l’appellation consacrée dans toutes les résolutions internationales»

réaffirme l’ambassadeur d’Algérie, suite aux propos mensongers de l’ambassadeur du Maroc en Serbie 

 samedi 08/8/ 2020

L’ambassadeur d’Algérie en Serbie, Abdelhamid Chebchoub, a réaffirmé que l’appellation du «Sahara occidental» est consacrée dans tous les textes et résolutions des organisations internationales, qualifiant de «trompeur» le terme «Sahara marocain»» utilisé par Rabat.

PUBLIE LE : 08-08-2020 

 L’ambassadeur d’Algérie en Serbie, Abdelhamid Chebchoub, a réaffirmé que l’appellation du «Sahara occidental» est consacrée dans tous les textes et résolutions des organisations internationales, qualifiant de «trompeur» le terme «Sahara marocain»» utilisé par Rabat. Dans une mise au point, publiée par le quotidien serbe «Politika», M. Chebchoub a dénoncé «les propos mensongers» de l’ambassadeur du Maroc à Belgrade qui s’est «écarté des usages diplomatiques qu’exige sa fonction» pour participer dans un entretien au même  journal, paru le 24 juillet, à une campagne de propagande contre l’Algérie, usant de mensonges et de contre-vérités pour tromper l’opinion publique serbe. Dans sa réponse à ces propos à caractère fallacieux, notamment sur la question du Sahara occidental, M. Chebchoub a souligné d’abord, qu’en usant du «qualificatif trompeur de Sahara marocain» contrairement au nom consacré de Sahara occidental, stipulé dans toutes les résolutions des Nations unies, l’ambassadeur marocain à Belgrade tente d’embarquer le lecteur dans une fausse piste.
Le «Sahara occidental» est l’appellation consacrée dans tous les textes et résolutions des organisations internationales, y compris la résolution 2468», a tenu à rappeler le diplomate algérien. Et d’ajouter : «Le droit à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental que l’ambassadeur évite de citer est bien inscrit dans le texte de la résolution 2468. Il constitue un droit imprescriptible des peuples sous domination coloniale et le fondement de la recherche d’une solution à ce conflit». De plus, l’affirmation par l’ambassadeur marocain que le Conseil de sécurité a pris en considération «le plan marocain d’autonomie» à l’exclusion de tout autre, «est grossièrement fausse car les résolutions des Nations unies citent également la proposition de règlement soumise par le Polisario», a ajouté M. Chebchoub. L’ambassadeur du Maroc, dans son stratagème de tromper le lecteur, qualifie péjorativement le Polisario de «groupe armé», alors que la communauté internationale le considère comme le représentant du peuple sahraoui, a précisé l’ambassadeur d’Algérie à Belgrade. «Dans le conflit du Sahara occidental, l’Algérie, Etat voisin, a participé, comme la Mauritanie, aux tables rondes organisées par les Nations unies entre les deux parties au conflit, le Maroc et le Polisario. Désigner l’Algérie comme une partie au conflit est un raccourci facile que l’ambassadeur a utilisé pour travestir la réalité», a déploré M. Chebchoub. S’agissant des accusations infondées de violation des droits de l’Homme dans les camps des réfugiés sahraouis, M. Chebchoub a rappelé à l'adresse de son homologue marocain que «ces populations ont fui la brutalité de l’occupation militaire marocaine. De plus, c’est bien le Maroc qui entrave l’action de la mission des Nations unies pour le référendum au Sahara occidental (MINURSO) et s’oppose à l’élargissement du mandat de cette mission à la protection des droits de l’Homme», a-t-il ajouté. «Les camps de réfugiés sahraouis en Algérie sont ouverts aux organismes de défense des droits de l’Homme et aux médias internationaux, alors que le territoire occupé du Sahara occidental leur est fermé depuis longtemps», a relevé le diplomate algérien. Selon l’ambassadeur d’Algérie en Serbie, la grande supercherie que l’ambassadeur du Maroc tente de commercialiser en Serbie, c’est cet «amalgame entretenu sciemment entre la question du Kosovo et celle de la question du Sahara occidental». Le Maroc exploite toutes les occasions pour souligner «la convergence de vues entre le Maroc et la Serbie sur le principe de respect de l’intégrité territoriale des Etats» en laissant croire que sous ce vocable, la Serbie soutient l’annexion du Sahara occidental par le Maroc, a-t-il encore dit. «L’étudiant en première année de droit international sait que le concept d’intégrité territoriale est lié à celui des frontières internationalement reconnues. Or les frontières internationalement reconnues du Maroc n’englobent pas le Sahara occidental, alors que le Kosovo est partie intégrante de la Serbie», a-t-il précisé pour lever  toute équivoque à ce sujet. «Il est triste de constater que l’ambassadeur du Maroc utilise les colonnes d’un quotidien serbe pour transposer dans ce pays ami le déchaînement de haine qui anime les médias marocains contre l’Algérie», a regretté M. Chebchoub, mais s’est dit convaincu que le lecteur serbe, dont la capitale du pays, Belgrade, reste pour les peuples africains l’un des symboles de la lutte anticoloniale, aura, de lui-même, sans doute, relevé l’absurdité des propos de l’ambassadeur du Maroc.


vendredi 14 août 2020

Vidéo. Mort d’un migrant à Tanger: l’AMDH dénonce «l’insouciance totale des autorités»

  La mort tragique d’un migrant vendredi 31 juillet à Tanger a provoqué une vague d’indignation. En cause: la « lenteur » de l’intervention des autorités dénoncée par les associations locales. Une enquête a été ouverte.

La section Nador de l’Association marocaine des droits humains (AMDH ) dénonce le fait que pendant «des heures le cadavre du migrant camerounais a été « jeté » sur la chaussée dans l’insouciance totale des autorités avant l’arrivée de l’ambulance». L’AMDH affirme, sur la base de témoigne, que «le migrant a été arrêté sur la plage et frappé violemment sur la tête».

Pour rappel, une enquête a été ouverte par les autorités compétentes sous la supervision du parquet pour déterminer les circonstances et les causes du décès du migrant subsaharien, ajoute la même source, notant qu’il a été procédé à l’interpellation des personnes qui l’accompagnaient.

Les autorités locales de la wilaya de la Région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima ont affirmé que lors de leur intervention vendredi 31 juillet suite à un incendie au parc Donabo relevant de la compétence territoriale de la circonscription urbaine de Tanger, un ensemble de migrants subsahariens ont été repérés, dont l’un était inconscient. Ce dernier a été transféré à l’hôpital régional Mohammed V et que le médecin de garde avait confirmé son décès.

Ces treize personnes qui tentaient de prendre la fuite, ont été placées en garde à vue, conclut la même source.


Maroc : Après les gifles cinglantes de l’UE, la claque sonore du Programme Alimentaire Mondial (PAM) admin

La claque sonore du Programme Alimentaire Mondial (PAM)

Décidément, en cet été 2020, le Maroc et sa diplomatie monothématique accumulent de sévères déconvenues au niveau des principales capitales européennes sur la question du Sahara occidental. Après les multiples avanies subies à Bruxelles, c’est au tour de Rome, qui abrite le siège du Programme Alimentaire Mondial (PAM) des Nations Unies, d’anéantir les illusions du Makhzen sur les questions de l’aide et du recensement des réfugiés sahraouis. Eclairage sur un procédé retors et malhonnête révélé au grand jour par une note verbale officielle du PAM.

Jamais la diplomatie monothématique du Maroc n’aura autant cassé les codes et foulé au pied les us et pratiques diplomatiques pour sauver ce qui reste de sa prétendue « cause nationale » dont la fiction a été définitivement enterrée par le Haut représentant de l’Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josef Borrell. Dans une toute récente dépêche de l’agence officielle marocaine, qui en a profité pour s’en prendre misérablement à l’Ambassadeur d’Algérie à Bruxelles, la MAP prétend rapporter une « mise au point musclée » (sic) de l’Union Européenne en oubliant, bien entendu, de signaler à ses lecteurs que le Haut représentant a martelé, une nouvelle fois, que « l’UE considère le Sahara occidental comme un territoire non autonome dont le statut final sera déterminé par le processus onusien en cours ». Exit la fiction de souveraineté marocaine sur un territoire tiers « séparé et distinct » selon les termes consacrés de l’arrêt de la cour de justice de l’Union européenne. Cette réponse, gravée dans le marbre des instances communautaires, est consultable sur le site du parlement européen et elle renseigne sur les « divagations » de Rabat, pour reprendre le terme du journaliste, en mal d’inspiration, qui a bâclé ladite dépêche.

En perte de vitesse, sur les deux questions essentielles, relatives à la souveraineté permanente du peuple du Sahara Occidental sur ses ressources naturelles et au nécessaire respect et monitoring indépendant des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés, le Maroc s’est résolu, ces derniers mois, à dépoussiérer sa vieille rengaine sur le prétendu « détournement » de l’aide humanitaire destinée aux réfugiés sahraouis, en exhumant et en décontextualisant un vrai faux rapport de l’Office européen de lutte contre la Fraude (OLAF), vieux de 13 ans et ayant fait l’objet de multiples dénégations tranchées et catégoriques de la part des plus hautes instances décisionnelles de l’UE.

 lire l'article :

moroccomail.fr › maroc-apres-les-gifles-cinglantes-de-l.

Face à l’avancée inexorable des procédures judiciaires en cours en vue de l’annulation des accords scélérats en matière agricole et de pêche et en raison de la sollicitude croissante de la communauté internationale à l’égard du dernier cas de décolonisation en Afrique, la diplomatie marocaine a instruit l’ensemble de ses chancelleries en Europe de mener une large campagne de dénigrement du Front Polisario et de l’Algérie, quitte à pactiser avec l’extrême droite européenne, pour tenter de faire accréditer la thèse farfelue et mensongère du détournement de l’aide humanitaire destinée aux réfugiés sahraouis. Le recours en force aux relais médiatiques obscurs et vénaux (comme la revue italienne insideover ou encore le site italien informazione campania dont le « journaliste » tague l’ambassadeur du Maroc à Rome pour chacun de ses tweets pro-marocains en guise de compte-rendu) et a certaines ONG pro-marocaines (comme l’ONG italienne, Nessuno Tocchi Caino, dont le site internet comporte une carte du Maroc englobant le territoire occupé du Sahara occidental) nous éclaire sur le modus operandi primaire mis au point par la diplomatie marocaine : lancer une vaste campagne de désinformation par le biais de députés vassaux (belges, bulgare) ou appartenant à la mouvance nauséabonde et islamophobe de l’extrême droite (française, Italienne, tchèque..) puis essayer ensuite de mettre la pression sur certains organismes du système de nations unies, comme le programme alimentaire mondial (PAM) pour les amener à reconsidérer leurs actions humanitaires en direction des refugiés sahraouis..

C’est à ce procédé, très peu glorieux, qu’a recouru l’ambassade du Maroc à Rome. Se saisissant d’un projet de résolution, déposé par trois eurodéputés de l’extrême droite et qui finira dans la corbeille à papier de l’hémicycle (le groupe politique identitaire « Identité et Démocratie » n’a jamais réussi à faire passer un seul texte au parlement européen), cette mission a adressé, en date du 10 juillet 2020, une note verbale au PAM pour instrumentaliser ce projet mort-né de l’extrême droite en appelant, pêle-mêle, à un « audit » de l’aide européenne « détournée », à un « recensement » des réfugiés sahraouis, le tout en écorchant au passage le pays hôte des réfugiés, accusé de prélever au passage une taxe de 5pc sur l’aide détournée (sic).

Autant de verbiages creux, inconsistants et infondés, que le PAM a balayés d’un revers de main dans une réponse cinglante datée du 21 juillet. Usant d’un ton tranché et ferme, cette agence onusienne « réaffirme l’engagement pris lors de la session annuelle du Conseil d’administration en juin 2019 et la note verbale du 14 mai 2020 selon laquelle l’assistance humanitaire dans les camps de Tindouf en Algérie continuera d’être fournie aux personnes vulnérables à l’insécurité alimentaire, conformément aux principes humanitaires, d’humanité, d’impartialité, d’indépendance et de neutralité ».

Sur la question du recensement, le PAM rappelle que « tout recensement des populations de réfugiés relève de la responsabilité du gouvernement hôte et de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ». Et d’ajouter que « le PAM estime le nombre de personnes ayant besoin d’une assistance alimentaire sur la base d’une méthodologie d’évaluation objective, en collaboration avec d’autres agences humanitaires ».

Avant d’asséner un coup fatal aux desseins marocains visant en fait la réduction de l’aide dans le contexte de la crise sanitaire, en soulignant que « la pandémie COVID-19 a nécessité une augmentation temporaire de la réponse humanitaire dans les camps de Tindouf, qui a été confirmée par une enquête rapide d’impact sur les ménages, réalisée en avril 2020. En outre, la décision en avril 2020 d’augmenter de manière temporaire le nombre de bénéficiaires a été bien évidemment validée par tous les partenaires sur le terrain, y compris les partenaires des Nations Unies, les donateurs et le gouvernement hôte ».

S’agissant des allégations mensongères sur une taxation de l’aide humanitaire par l’Algérie, le PAM affirme qu’il « n’est soumis à aucune imposition par le gouvernement algérien et est exonéré de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) en Algérie, comme dans tous les autres pays où nous opérons. Le soutien du gouvernement algérien aux camps de Tindouf comprend la facilitation du dédouanement et des opérations portuaires et du transport des fournitures humanitaires jusqu’aux camps ». Sur cette question spécifique de la TVA, vendue par les chancelleries marocaines aux eurodéputés « de proximité », l’Ambassadeur d’Algérie à Bruxelles, Amar Belani, avait démenti formellement ces allégations mensongères en rappelant que la législation fiscale algérienne exonère des droits de douane et de la TVA toutes les associations à caractère humanitaire et caritatif qui opèrent en Algérie, en relation avec le croissant rouge algérien.

Enfin, le coup de grâce est donné par l’agence onusienne sur la question de l’audit qui constitue le sujet principal des manigances et « divagations » marocaines, lorsque le PAM confirme qu’il est « régulièrement audité » et que « le dernier audit mené par ECHO sur l’assistance alimentaire en Algérie a eu lieu en 2019 avec des résultats satisfaisants ». Circulez, il n’y a rien à voir !

Hocine Belaid

jeudi 13 août 2020

Tourisme : Le Maroc, 4e pays le plus impacté par la pandémie au niveau mondial (FMI)

Tourisme : Le Maroc, 4e pays le plus impacté par la pandémie au niveau mondial (FMI)
Source : Lesinfos.ma
06/08/2020 12:30

Dans un rapport publié hier, mardi 5 août, le Fonds monétaire international a dévoilé ses projections sur le manque à gagner pour les pays les plus touristiques dans le contexte de la pandémie du Covid-19. L'impact estimé de cette crise sur le tourisme marocain atteint 4% du PIB.  

Le tourisme est l'un des secteurs économiques qui souffre le plus de la pandémie de coronavirus et du «Grand confinement», rappelle le FMI dans son rapport intitulé "Déséquilibres de l'économie mondiale et crise du covid-19", soulignant que les réservations hôtelières ont chuté, jusqu'à 70% en avril, et les vols internationaux jusqu'à 80%.  
 
A en croire le FMI, les pertes de recettes touristiques pourraient atteindre 4% du PIB au Maroc, les dégâts seront bien plus importants si le tourisme ne reprend pas avant septembre, comme l'établit un scénario de l'Organisation mondiale du tourisme.
 
Selon le rapport, c'est la Thaïlande qui accusera les plus grosses pertes (Jusqu'à 6% de son PIB), suivie par la Grèce qui devrait perdre plus de 5,5% de son PIB, le Portugal, le Maroc, l'Espagne et l'Egypte. La France qui est un pays très touristique, ne devrait quant à elle perdre que 0,5% de son PIB.
 
Notons que selon les données publiées par le FMI, le Maroc est le pays africain le plus touché en Afrique en termes d'impact des pertes touristiques sur la balance des paiements. Il est également le 4ème pays le plus impacté dans le monde selon les critères du FMI.
 
Par ailleurs, le FMI rappelle qu'un redressement du secteur touristique reste possible si la demande repart à la hausse, soulignant que ses estimations pourraient changer selon l'évolution de la situation sanitaire à travers le monde, le comportement des touristes, et les plans de relance mis en oeuvre par chaque pays.

Fatima-Zahra Coundi

 

dimanche 9 août 2020

Maroc. Le roi met (provisoirement) en berne l’humiliante « bay’a »

Maroc. Le roi met (provisoirement) en berne l’humiliante « bay’a »

Pour la première fois depuis l’arrivée au pouvoir du souverain Mohammed VI en juillet 1999, la cérémonie controversée de l’allégeance, appelée bay’a en arabe, est « reportée » à cause du Covid-19. Plongée dans un rituel d’origine religieuse humiliant, mais qui sert à légitimer un pouvoir politique.

Palais royal de Rabat, 31 juillet 2000. Le premier rang de dignataires se prosterne devant Mohammed VI, lors du premier anniversaire de son accession au trône.
Abdelhak Senna /AFP

Ce que les militants et les démocrates marocains n’ont pas pu réaliser pendant des décennies, le Covid-19 semble l’avoir fait en 2020, mais pour cette année seulement. La cérémonie humiliante d’allégeance au roi du Maroc, qui se déroule à l’occasion de la Fête du trône chaque 31 juillet, a été en effet reportée « à cause de l’état d’urgence sanitaire déclaré pour lutter contre la propagation du virus Covid-19 », indique le palais royal. Ce dernier évoque un « report » et non une annulation, sans toutefois indiquer une nouvelle date : « Il a été décidé de reporter toutes les activités, festivités et cérémonies prévues à l’occasion de la célébration du 21e anniversaire de l’accession de Sa Majesté le roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, au trône de Ses glorieux ancêtres. »

Ceci dit, le discours du trône a été maintenu et diffusé le 29 juillet au soir. Le souverain ne s’était pas adressé à son « cher peuple » depuis novembre 2019, malgré une période de confinement dure et très longue (de la mi-mars à fin juin). Cela en faisait un discours très attendu. Après l’hommage rendu aux cadres sanitaires, à l’armée, à la police et à tous ceux qui se sont engagés sur le terrain pour aider les personnes en situation de précarité, Mohammed VI a annoncé la création d’un fonds d’investissement stratégique pour booster l’investissement public-privé, et l’injection de près de 12 milliards d’euros afin de relancer l’économie.

Baiser recto-verso la main du roi

La bay’a, qui prend la forme d’un cérémonial très coloré, tout juste sorti d’un tableau du Moyen Age, les Marocains la vivent chaque année avec un mélange d’indignation et de fatalisme. La manière dont elle se déroule renvoie à un rapport de soumission aux fondements religieux.

Quand le roi est dans la capitale, la cérémonie d’allégeance, ou hafl al-oualaa, se déroule dans le Méchouar, une immense esplanade de marbre devant le palais royal de Rabat. Des centaines de hauts fonctionnaires, auxquels se joignent ministres, dignitaires du régime ainsi que députés, élus locaux et hauts gradés de l’armée, de la police et des services de renseignements, sont convoqués dès l’aube du 31 juillet. Debout, les mains croisées sur le bas-ventre, vêtus de djellabas blanches, le capuchon soigneusement serré autour de la tête, ils attendent l’arrivée du monarque pendant des heures, sous un soleil de plomb.

Juché sur un cheval, le roi peut surgir à tout moment du grand portail de l’enceinte du palais. Il est entouré d’hommes emmaillotés de tenues immaculées et tenant vaillamment une ombrelle qui protège le monarque du soleil. Mohammed VI se campe alors face à ces centaines de dignitaires en rangs serrés, qui se prosternent devant lui par vagues successives, de la même manière que les musulmans accomplissent leur prière vers La Mecque : en pliant leur corps en équerre dans une position de soumission. Entre chaque rangée, des hommes du palais, debout, crient à gorge déployée « qu’Allah bénisse notre maître » en incitant fermement les « prosternés » à se plier. La cérémonie dure entre une demi-heure et quarante-cinq minutes.

Après ce rituel retransmis en direct par les télévisions officielles, avec des commentaires lyriques à la gloire du « commandeur des croyants », le roi, son fils le prince Hassan (un adolescent de 17 ans) et son frère, le prince Rachid, 50 ans, sont salués par des dignitaires triés sur le volet : les hauts fonctionnaires civils et militaires parmi lesquels les généraux, les ministres, les présidents du parlement et du Conseil constitutionnel. En file indienne, ils avancent courbés pour baiser, recto-verso, la main du roi, puis celles de son fils et de son frère.

Pendant ces quelques minutes d’une mise en scène humiliante pour beaucoup de Marocains, le roi se présente comme un demi-dieu sur terre. Son statut de commandeur des croyants, qu’il utilise pour légitimer un pouvoir politique absolu, prend toute sa force symbolique avec des images marquantes et une mise en scène soignée. Le statut des Marocains, en tant que « sujets de Sa Majesté », prend lui aussi toute sa signification et revêt une dimension à la fois matérielle et religieuse. Il n’est pas fortuit que les « prosternés » soient, pour la plupart, des députés, des élus et des représentants locaux du ministère de l’Intérieur. Ils représentent le Marocain dans chaque parcelle du territoire, de la petite commune à la région.

« On est quand même au XXIe siècle ! »

En juillet 2012, des dizaines de militants du mouvement du 20-Février, né dans le sillage du Printemps arabe, avaient manifesté contre cette cérémonie qui, selon eux, « donne une image dégradante des Marocains ». Le rassemblement, qui avait lieu devant le Parlement dans le centre de Rabat, avait été durement réprimé par la police.

Voulant surfer sur la vague des revendications démocratiques liées aux « printemps arabes », Abdelilah Benkirane, alors député et chef du Parti justice et développement (islamiste, aujourd’hui au gouvernement), avait appelé à ce que « cette cérémonie d’allégeance, à laquelle on est convié chaque année, soit tout simplement révisée ». « On est quand même au XXIe siècle, disait-il en 2011 lors d’une émission télévisée. Au cours de cette cérémonie, il y a des agents derrière vous et qui vous font des choses bizarres en obligeant les gens à se plier… La honte… Tout cela ne doit pas continuer... ».

Mais devenu chef du gouvernement à partir de décembre 2012, son discours se métamorphose dès la cérémonie suivante. Vêtu de l’habit traditionnel qui symbolise la soumission au palais (une djellaba blanche dont le capuchon, du même blanc, est soigneusement serré autour de la tête), Abdelilah Benkirane n’hésitera pas à déclarer, face caméra : « Ce sont nos us et coutumes. Et c’est ainsi que nous avons toujours, à travers notre histoire, exprimé à nos rois la continuité de cette osmose qui nous lie à eux, et qui a produit cet État qui se caractérise aujourd’hui par une exception positive... ».

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À l’exception de deux partis de la gauche marocaine, le Parti socialiste unifié (PSU) et la Voie démocratique, aucune formation n’ose s’élever contre ce cérémonial, encore moins appeler à sa suppression. Pour la monarchie marocaine, mettre en cause la cérémonie de la bay’a, c’est menacer l’une des caractéristiques fondamentales du régime marocain : la confusion délibérée entre le statut politique du roi (véritable patron de l’exécutif) et son statut religieux (acteur intouchable et sacralisé). Cette situation l’érige en personnage central, l’alpha et l’oméga de tout le système politique dont il contrôle le jeu et les mécanismes. Le roi n’étant pas élu, la bay’a permet surtout de légitimer ses pouvoirs non démocratiques par un fait religieux, dont les racines remontent à la tradition prophétique du pouvoir.

Prophète, homme politique, chef militaire

La bay’a remonte en effet à l’époque du prophète Mohammed, lorsque celui-ci s’installe à Médine pour fuir La Mecque où sa vie était en danger. Cette installation parmi quelques tribus arabes et juives qui lui auraient fait « allégeance » correspond à une rupture nette dans son parcours : à son statut initial de prophète s’ajoute celui d’homme politique et de chef militaire.

Ce phénomène de légitimation des prérogatives politiques par la religion musulmane n’est pas propre au Maroc. En Arabie saoudite, le roi s’octroie le titre de « gardien des deux saintes mosquées » et à chaque nouveau souverain, les membres de la famille royale doivent lui prêter allégeance ; en Jordanie, la famille hachémite, installée au pouvoir par les Britanniques au lendemain de la Première guerre mondiale, exerce un pouvoir quasi-absolu et se réclame du même statut que la saoudienne, sa meilleure ennemie ; en Iran, l’imam Khomeiny, qui avait pris le pouvoir en 1979 après la fuite du Chah, se présente comme le descendant direct du prophète, par le biais, assure-t-on, d’un autre imam, Moussa Al-Kazim, né et mort à Médine (745-499).

Mohammed VI serait lui aussi un descendant direct du prophète, mais par le biais d’Ali, le gendre de Mohammed.

Maroc. Le roi met (provisoirement) en berne l’humiliante « bay’a »

Pour la première fois depuis l’arrivée au pouvoir du souverain Mohammed VI en juillet 1999, la cérémonie controversée de l’allégeance, appelée bay’a en arabe, est « reportée » à cause du Covid-19. Plongée dans un rituel d’origine religieuse humiliant, mais qui sert à légitimer un pouvoir politique.

Palais royal de Rabat, 31 juillet 2000. Le premier rang de dignataires se prosterne devant Mohammed VI, lors du premier anniversaire de son accession au trône.
Abdelhak Senna /AFP

Ce que les militants et les démocrates marocains n’ont pas pu réaliser pendant des décennies, le Covid-19 semble l’avoir fait en 2020, mais pour cette année seulement. La cérémonie humiliante d’allégeance au roi du Maroc, qui se déroule à l’occasion de la Fête du trône chaque 31 juillet, a été en effet reportée « à cause de l’état d’urgence sanitaire déclaré pour lutter contre la propagation du virus Covid-19 », indique le palais royal. Ce dernier évoque un « report » et non une annulation, sans toutefois indiquer une nouvelle date : « Il a été décidé de reporter toutes les activités, festivités et cérémonies prévues à l’occasion de la célébration du 21e anniversaire de l’accession de Sa Majesté le roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, au trône de Ses glorieux ancêtres. »

Ceci dit, le discours du trône a été maintenu et diffusé le 29 juillet au soir. Le souverain ne s’était pas adressé à son « cher peuple » depuis novembre 2019, malgré une période de confinement dure et très longue (de la mi-mars à fin juin). Cela en faisait un discours très attendu. Après l’hommage rendu aux cadres sanitaires, à l’armée, à la police et à tous ceux qui se sont engagés sur le terrain pour aider les personnes en situation de précarité, Mohammed VI a annoncé la création d’un fonds d’investissement stratégique pour booster l’investissement public-privé, et l’injection de près de 12 milliards d’euros afin de relancer l’économie.

Baiser recto-verso la main du roi

La bay’a, qui prend la forme d’un cérémonial très coloré, tout juste sorti d’un tableau du Moyen Age, les Marocains la vivent chaque année avec un mélange d’indignation et de fatalisme. La manière dont elle se déroule renvoie à un rapport de soumission aux fondements religieux.

Quand le roi est dans la capitale, la cérémonie d’allégeance, ou hafl al-oualaa, se déroule dans le Méchouar, une immense esplanade de marbre devant le palais royal de Rabat. Des centaines de hauts fonctionnaires, auxquels se joignent ministres, dignitaires du régime ainsi que députés, élus locaux et hauts gradés de l’armée, de la police et des services de renseignements, sont convoqués dès l’aube du 31 juillet. Debout, les mains croisées sur le bas-ventre, vêtus de djellabas blanches, le capuchon soigneusement serré autour de la tête, ils attendent l’arrivée du monarque pendant des heures, sous un soleil de plomb.

Juché sur un cheval, le roi peut surgir à tout moment du grand portail de l’enceinte du palais. Il est entouré d’hommes emmaillotés de tenues immaculées et tenant vaillamment une ombrelle qui protège le monarque du soleil. Mohammed VI se campe alors face à ces centaines de dignitaires en rangs serrés, qui se prosternent devant lui par vagues successives, de la même manière que les musulmans accomplissent leur prière vers La Mecque : en pliant leur corps en équerre dans une position de soumission. Entre chaque rangée, des hommes du palais, debout, crient à gorge déployée « qu’Allah bénisse notre maître » en incitant fermement les « prosternés » à se plier. La cérémonie dure entre une demi-heure et quarante-cinq minutes.

Après ce rituel retransmis en direct par les télévisions officielles, avec des commentaires lyriques à la gloire du « commandeur des croyants », le roi, son fils le prince Hassan (un adolescent de 17 ans) et son frère, le prince Rachid, 50 ans, sont salués par des dignitaires triés sur le volet : les hauts fonctionnaires civils et militaires parmi lesquels les généraux, les ministres, les présidents du parlement et du Conseil constitutionnel. En file indienne, ils avancent courbés pour baiser, recto-verso, la main du roi, puis celles de son fils et de son frère.

Pendant ces quelques minutes d’une mise en scène humiliante pour beaucoup de Marocains, le roi se présente comme un demi-dieu sur terre. Son statut de commandeur des croyants, qu’il utilise pour légitimer un pouvoir politique absolu, prend toute sa force symbolique avec des images marquantes et une mise en scène soignée. Le statut des Marocains, en tant que « sujets de Sa Majesté », prend lui aussi toute sa signification et revêt une dimension à la fois matérielle et religieuse. Il n’est pas fortuit que les « prosternés » soient, pour la plupart, des députés, des élus et des représentants locaux du ministère de l’Intérieur. Ils représentent le Marocain dans chaque parcelle du territoire, de la petite commune à la région.

« On est quand même au XXIe siècle ! »

En juillet 2012, des dizaines de militants du mouvement du 20-Février, né dans le sillage du Printemps arabe, avaient manifesté contre cette cérémonie qui, selon eux, « donne une image dégradante des Marocains ». Le rassemblement, qui avait lieu devant le Parlement dans le centre de Rabat, avait été durement réprimé par la police.

Voulant surfer sur la vague des revendications démocratiques liées aux « printemps arabes », Abdelilah Benkirane, alors député et chef du Parti justice et développement (islamiste, aujourd’hui au gouvernement), avait appelé à ce que « cette cérémonie d’allégeance, à laquelle on est convié chaque année, soit tout simplement révisée ». « On est quand même au XXIe siècle, disait-il en 2011 lors d’une émission télévisée. Au cours de cette cérémonie, il y a des agents derrière vous et qui vous font des choses bizarres en obligeant les gens à se plier… La honte… Tout cela ne doit pas continuer... ».

Mais devenu chef du gouvernement à partir de décembre 2012, son discours se métamorphose dès la cérémonie suivante. Vêtu de l’habit traditionnel qui symbolise la soumission au palais (une djellaba blanche dont le capuchon, du même blanc, est soigneusement serré autour de la tête), Abdelilah Benkirane n’hésitera pas à déclarer, face caméra : « Ce sont nos us et coutumes. Et c’est ainsi que nous avons toujours, à travers notre histoire, exprimé à nos rois la continuité de cette osmose qui nous lie à eux, et qui a produit cet État qui se caractérise aujourd’hui par une exception positive... ».

Abonnez-vous gratuitement à la lettre d’information hebdomadaire d’Orient XXI

À l’exception de deux partis de la gauche marocaine, le Parti socialiste unifié (PSU) et la Voie démocratique, aucune formation n’ose s’élever contre ce cérémonial, encore moins appeler à sa suppression. Pour la monarchie marocaine, mettre en cause la cérémonie de la bay’a, c’est menacer l’une des caractéristiques fondamentales du régime marocain : la confusion délibérée entre le statut politique du roi (véritable patron de l’exécutif) et son statut religieux (acteur intouchable et sacralisé). Cette situation l’érige en personnage central, l’alpha et l’oméga de tout le système politique dont il contrôle le jeu et les mécanismes. Le roi n’étant pas élu, la bay’a permet surtout de légitimer ses pouvoirs non démocratiques par un fait religieux, dont les racines remontent à la tradition prophétique du pouvoir.

Prophète, homme politique, chef militaire

La bay’a remonte en effet à l’époque du prophète Mohammed, lorsque celui-ci s’installe à Médine pour fuir La Mecque où sa vie était en danger. Cette installation parmi quelques tribus arabes et juives qui lui auraient fait « allégeance » correspond à une rupture nette dans son parcours : à son statut initial de prophète s’ajoute celui d’homme politique et de chef militaire.

Ce phénomène de légitimation des prérogatives politiques par la religion musulmane n’est pas propre au Maroc. En Arabie saoudite, le roi s’octroie le titre de « gardien des deux saintes mosquées » et à chaque nouveau souverain, les membres de la famille royale doivent lui prêter allégeance ; en Jordanie, la famille hachémite, installée au pouvoir par les Britanniques au lendemain de la Première guerre mondiale, exerce un pouvoir quasi-absolu et se réclame du même statut que la saoudienne, sa meilleure ennemie ; en Iran, l’imam Khomeiny, qui avait pris le pouvoir en 1979 après la fuite du Chah, se présente comme le descendant direct du prophète, par le biais, assure-t-on, d’un autre imam, Moussa Al-Kazim, né et mort à Médine (745-499).

Mohammed VI serait lui aussi un descendant direct du prophète, mais par le biais d’Ali, le gendre de Mohammed.