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2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas
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D.R
Le Front Polisario a appelé la communauté internationale et l’ONU à jouer «un rôle décisif» pour trouver une solution juste et définitive à la question sahraouie, à travers l’organisation d’un référendum d’autodétermination, dénonçant l’exploitation par le Maroc de la situation actuelle marquée par le blocage du processus politique pour «intensifier et généraliser la répression abjecte» contre le peuple sahraoui, a indiqué, jeudi, l’Agence de presse sahraouie (SPS).
Le Front Polisario a lancé cet appel, à l’issue d’une réunion du bureau
permanent de son secrétariat national réuni mercredi, sous la
présidence de Brahim Ghali, président de la RASD et secrétaire général
du front Polisario, consacrée à l’examen de la question sahraouie sous
ses différents aspects et les derniers développements enregistrés,
ajoute SPS. Le communiqué, dénonce «l’exploitation de la situation
actuelle par l’occupant marocain pour intensifier et généraliser la
répression abjecte contre le peuple sahraoui dans les territoires
occupés» et «semer la terreur dans les rangs des acteurs de l’Intifadha
pour l’indépendance et les droits de l’Homme, en infligeant les pires
sévices aux détenus politiques sahraouis qui croupissent dans les geôles
marocaines». Le bureau du front Polisario a dénoncé, en outre «la
poursuite du pillage des richesses et ressources naturelles du Sahara
Occidental par le Maroc et ses alliés», exhortant «la communauté
internationale et l’ONU en premier lieu à jouer un rôle décisif pour
amener le Maroc à cesser ses plans démesurés» qui menacent «l’avenir de
la paix, de la stabilité et de la coexistence dans la région», ce qui
témoigne de «l’irresponsabilité du régime marocain (Makhzen) et de
l’absence de clairvoyance chez ses alliés». Dans son communiqué, le
bureau a réitéré «la position du Front populaire qui impute la
responsabilité du blocage du processus politique pour la recherche d’une
solution juste et définitive, à travers un référendum
d’autodétermination du peuple sahraoui, à l’intransigeance de l’occupant
marocain, à la complicité de certaines puissances et au manque de
fermeté de la part de l’ONU». La réunion du bureau permanent du
secrétariat national du Front Polisario a été l'occasion de saluer «les
positions fortes et sincères de l’Algérie, pays frère, vis-à-vis de la
question juste du peuple sahraoui». Le bureau a également félicité
l’Algérie «pour son rôle pionnier dans notre région et dans les régions
du voisinage, ainsi qu’aux niveaux africain et international", a
souligné SPS.
Dans le même sillage, le bureau a salué les relations «étroites et
solides» de la République arabe sahraouie démocratique (RASD) avec
l’Union africaine (UA) et «la dynamique de la participation sahraouie au
sein de cette organisation», se félicitant également des positions de
soutien ré- exprimées par plusieurs pays africains notamment l’Afrique
du Sud qui préside l’UA. Dans la perspective de l'organisation de la
Conférence annuelle internationale de solidarité avec le peuple
sahraoui, organisée par la Coordination européenne de solidarité avec le
peuple sahraoui (Eucoco), le Front Polisario a salué «l’élan de
solidarité européen et international en général», les appelant «à
davantage de mobilisation et d’accompagnement à la lutte du peuple
sahraoui dans tous les domaines».
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Taleb Omar salue le soutien de l’Algérie
L'ambassadeur sahraoui en Algérie, Abdelkader Taleb Omar, a salué
mercredi les efforts de l’Algérie, direction, peuple et classe
politique, en faveur de la cause sahraouie et du droit du peuple
sahraoui à l'autodétermination. Lors de l’audience que lui a accordée le
secrétaire général du Rassemblement national démocratique (RND), Tayeb
Zitouni, l’ambassadeur sahraoui a précisé «avoir informé la direction du
parti des derniers développements de la cause sahraouie qui amorce un
tournant décisif». Cette rencontre procède de «notre conviction que le
soutien partisan et populaire et le rejet, haut et fort, des politiques
que le régime marocain tente d'imposer doivent se concrétiser dans des
programmes et plans de soutien» à la cause, a souligné le diplomate
sahraoui. M. Taleb Omar s’est félicité de la compréhension et du soutien
qu'il a perçus chez la direction du parti qu’il a qualifiée d'«amie de
la cause ( ) ayant une expérience certaine en matière de solidarité avec
le peuple sahraoui». En marge de la rencontre, le diplomate sahraoui a
affirmé que «le Front Polisario s’emploiera à intensifier les actions de
solidarité avec l’ensemble de la classe politique et la société civile,
afin que la voix de la cause reste audible». Selon lui, «il est
nécessaire de s'inspirer des expériences partisanes, notamment en
matière de formation politique et de diplomatie parlementaire». Cela
nécessite, ajoute le diplomate sahraoui, «davantage de coordination avec
la classe politique algérienne», rappelant qu'il «a pris attache avec
plusieurs formations en vue de programmer d'autres rencontres». Le
membre du secrétariat national du Front Polisario s'est dit satisfait
«du consensus national en Algérie autour du soutien de la cause
sahraouie».
La cause sahraouie «qui se trouve à un tournant décisif, se heurte aux
entraves du régime marocain et ses tentatives de modifier le statut du
territoire qui doit jouir de son droit à l'autodétermination, pour se
l'approprier», a-t-il regretté. «Nous sommes conscients du rôle, à la
fois passif et influent, de la France au sein du Conseil de sécurité et
de l'Union européenne», a indiqué l'ambassadeur sahraoui, rappelant «ses
derniers dépassements dont l'implantation du siège du réseau Afrique de
la Francophonie à Dakhla et le projet de l'énergie éolienne à Lâayoune
occupée, ce qui est en contradiction avec la position de la France qui
dit ne reconnaître aucune souveraineté du Maroc sur les territoires
sahraouis».
Pour sa part, le secrétaire général du RND, Tayeb Zitouni a réitéré le
soutien de sa formation politique et de ses militants «aux frères
sahraouis dans leur lutte contre l'occupation marocaine», soulignant que
«ce soutien est une doctrine et un principe immuable consacré et
inspiré des valeurs du 1er Novembre». «Telle est la position de l'Etat
et du peuple algérien, car il s'agit d'une question de décolonisation et
de l'application des résolutions onusiennes», a-t-il affirmé. A cette
occasion, M. Zitouni a appelé à «la création d'une plateforme regroupant
les partis politiques, les syndicats et les associations de solidarité
et à l'établissement d'un véritable partenariat avec le peuple
sahraoui». A la fin de l'audience, le SG du RND a annoncé la tenue d'une
conférence en décembre prochain sur le droit des peuples à
l'autodétermination.
L’ambassadeur d’Algérie en Serbie, Abdelhamid Chebchoub, a réaffirmé que l’appellation du «Sahara occidental» est consacrée dans tous les textes et résolutions des organisations internationales, qualifiant de «trompeur» le terme «Sahara marocain»» utilisé par Rabat.
L’ambassadeur d’Algérie en Serbie, Abdelhamid Chebchoub, a réaffirmé
que l’appellation du «Sahara occidental» est consacrée dans tous les
textes et résolutions des organisations internationales, qualifiant de
«trompeur» le terme «Sahara marocain»» utilisé par Rabat. Dans une mise
au point, publiée par le quotidien serbe «Politika», M. Chebchoub a
dénoncé «les propos mensongers» de l’ambassadeur du Maroc à Belgrade qui
s’est «écarté des usages diplomatiques qu’exige sa fonction» pour
participer dans un entretien au même journal, paru le 24 juillet, à une
campagne de propagande contre l’Algérie, usant de mensonges et de
contre-vérités pour tromper l’opinion publique serbe. Dans sa réponse à
ces propos à caractère fallacieux, notamment sur la question du Sahara
occidental, M. Chebchoub a souligné d’abord, qu’en usant du
«qualificatif trompeur de Sahara marocain» contrairement au nom consacré
de Sahara occidental, stipulé dans toutes les résolutions des Nations
unies, l’ambassadeur marocain à Belgrade tente d’embarquer le lecteur
dans une fausse piste.
Le «Sahara occidental» est l’appellation consacrée dans tous les textes
et résolutions des organisations internationales, y compris la
résolution 2468», a tenu à rappeler le diplomate algérien. Et d’ajouter :
«Le droit à l’autodétermination du peuple du Sahara occidental que
l’ambassadeur évite de citer est bien inscrit dans le texte de la
résolution 2468. Il constitue un droit imprescriptible des peuples sous
domination coloniale et le fondement de la recherche d’une solution à ce
conflit». De plus, l’affirmation par l’ambassadeur marocain que le
Conseil de sécurité a pris en considération «le plan marocain
d’autonomie» à l’exclusion de tout autre, «est grossièrement fausse car
les résolutions des Nations unies citent également la proposition de
règlement soumise par le Polisario», a ajouté M. Chebchoub.
L’ambassadeur du Maroc, dans son stratagème de tromper le lecteur,
qualifie péjorativement le Polisario de «groupe armé», alors que la
communauté internationale le considère comme le représentant du peuple
sahraoui, a précisé l’ambassadeur d’Algérie à Belgrade. «Dans le conflit
du Sahara occidental, l’Algérie, Etat voisin, a participé, comme la
Mauritanie, aux tables rondes organisées par les Nations unies entre les
deux parties au conflit, le Maroc et le Polisario. Désigner l’Algérie
comme une partie au conflit est un raccourci facile que l’ambassadeur a
utilisé pour travestir la réalité», a déploré M. Chebchoub. S’agissant
des accusations infondées de violation des droits de l’Homme dans les
camps des réfugiés sahraouis, M. Chebchoub a rappelé à l'adresse de son
homologue marocain que «ces populations ont fui la brutalité de
l’occupation militaire marocaine. De plus, c’est bien le Maroc qui
entrave l’action de la mission des Nations unies pour le référendum au
Sahara occidental (MINURSO) et s’oppose à l’élargissement du mandat de
cette mission à la protection des droits de l’Homme», a-t-il ajouté.
«Les camps de réfugiés sahraouis en Algérie sont ouverts aux organismes
de défense des droits de l’Homme et aux médias internationaux, alors que
le territoire occupé du Sahara occidental leur est fermé depuis
longtemps», a relevé le diplomate algérien. Selon l’ambassadeur
d’Algérie en Serbie, la grande supercherie que l’ambassadeur du Maroc
tente de commercialiser en Serbie, c’est cet «amalgame entretenu
sciemment entre la question du Kosovo et celle de la question du Sahara
occidental». Le Maroc exploite toutes les occasions pour souligner «la
convergence de vues entre le Maroc et la Serbie sur le principe de
respect de l’intégrité territoriale des Etats» en laissant croire que
sous ce vocable, la Serbie soutient l’annexion du Sahara occidental par
le Maroc, a-t-il encore dit. «L’étudiant en première année de droit
international sait que le concept d’intégrité territoriale est lié à
celui des frontières internationalement reconnues. Or les frontières
internationalement reconnues du Maroc n’englobent pas le Sahara
occidental, alors que le Kosovo est partie intégrante de la Serbie»,
a-t-il précisé pour lever toute équivoque à ce sujet. «Il est triste de
constater que l’ambassadeur du Maroc utilise les colonnes d’un
quotidien serbe pour transposer dans ce pays ami le déchaînement de
haine qui anime les médias marocains contre l’Algérie», a regretté M.
Chebchoub, mais s’est dit convaincu que le lecteur serbe, dont la
capitale du pays, Belgrade, reste pour les peuples africains l’un des
symboles de la lutte anticoloniale, aura, de lui-même, sans doute,
relevé l’absurdité des propos de l’ambassadeur du Maroc.
La section Nador de l’Association marocaine des droits humains (AMDH ) dénonce le fait que pendant «des heures le cadavre du migrant camerounais a été « jeté » sur la chaussée dans l’insouciance totale des autorités avant l’arrivée de l’ambulance». L’AMDH affirme, sur la base de témoigne, que «le migrant a été arrêté sur la plage et frappé violemment sur la tête».
Pour rappel, une enquête a été ouverte par les autorités compétentes sous la supervision du parquet pour déterminer les circonstances et les causes du décès du migrant subsaharien, ajoute la même source, notant qu’il a été procédé à l’interpellation des personnes qui l’accompagnaient.
Les autorités locales de la wilaya de la Région de Tanger-Tétouan-Al Hoceima ont affirmé que lors de leur intervention vendredi 31 juillet suite à un incendie au parc Donabo relevant de la compétence territoriale de la circonscription urbaine de Tanger, un ensemble de migrants subsahariens ont été repérés, dont l’un était inconscient. Ce dernier a été transféré à l’hôpital régional Mohammed V et que le médecin de garde avait confirmé son décès.
Ces treize personnes qui tentaient de prendre la fuite, ont été placées en garde à vue, conclut la même source.
Décidément, en cet été 2020, le Maroc et sa diplomatie monothématique accumulent de sévères déconvenues au niveau des principales capitales européennes sur la question du Sahara occidental. Après les multiples avanies subies à Bruxelles, c’est au tour de Rome, qui abrite le siège du Programme Alimentaire Mondial (PAM) des Nations Unies, d’anéantir les illusions du Makhzen sur les questions de l’aide et du recensement des réfugiés sahraouis. Eclairage sur un procédé retors et malhonnête révélé au grand jour par une note verbale officielle du PAM.
Jamais la diplomatie monothématique du Maroc n’aura autant cassé les codes et foulé au pied les us et pratiques diplomatiques pour sauver ce qui reste de sa prétendue « cause nationale » dont la fiction a été définitivement enterrée par le Haut représentant de l’Union Européenne pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, Josef Borrell. Dans une toute récente dépêche de l’agence officielle marocaine, qui en a profité pour s’en prendre misérablement à l’Ambassadeur d’Algérie à Bruxelles, la MAP prétend rapporter une « mise au point musclée » (sic) de l’Union Européenne en oubliant, bien entendu, de signaler à ses lecteurs que le Haut représentant a martelé, une nouvelle fois, que « l’UE considère le Sahara occidental comme un territoire non autonome dont le statut final sera déterminé par le processus onusien en cours ». Exit la fiction de souveraineté marocaine sur un territoire tiers « séparé et distinct » selon les termes consacrés de l’arrêt de la cour de justice de l’Union européenne. Cette réponse, gravée dans le marbre des instances communautaires, est consultable sur le site du parlement européen et elle renseigne sur les « divagations » de Rabat, pour reprendre le terme du journaliste, en mal d’inspiration, qui a bâclé ladite dépêche.
En perte de vitesse, sur les deux questions essentielles, relatives à la souveraineté permanente du peuple du Sahara Occidental sur ses ressources naturelles et au nécessaire respect et monitoring indépendant des droits de l’homme dans les territoires sahraouis occupés, le Maroc s’est résolu, ces derniers mois, à dépoussiérer sa vieille rengaine sur le prétendu « détournement » de l’aide humanitaire destinée aux réfugiés sahraouis, en exhumant et en décontextualisant un vrai faux rapport de l’Office européen de lutte contre la Fraude (OLAF), vieux de 13 ans et ayant fait l’objet de multiples dénégations tranchées et catégoriques de la part des plus hautes instances décisionnelles de l’UE.
lire l'article :
Face à l’avancée inexorable des procédures judiciaires en cours en vue de l’annulation des accords scélérats en matière agricole et de pêche et en raison de la sollicitude croissante de la communauté internationale à l’égard du dernier cas de décolonisation en Afrique, la diplomatie marocaine a instruit l’ensemble de ses chancelleries en Europe de mener une large campagne de dénigrement du Front Polisario et de l’Algérie, quitte à pactiser avec l’extrême droite européenne, pour tenter de faire accréditer la thèse farfelue et mensongère du détournement de l’aide humanitaire destinée aux réfugiés sahraouis. Le recours en force aux relais médiatiques obscurs et vénaux (comme la revue italienne insideover ou encore le site italien informazione campania dont le « journaliste » tague l’ambassadeur du Maroc à Rome pour chacun de ses tweets pro-marocains en guise de compte-rendu) et a certaines ONG pro-marocaines (comme l’ONG italienne, Nessuno Tocchi Caino, dont le site internet comporte une carte du Maroc englobant le territoire occupé du Sahara occidental) nous éclaire sur le modus operandi primaire mis au point par la diplomatie marocaine : lancer une vaste campagne de désinformation par le biais de députés vassaux (belges, bulgare) ou appartenant à la mouvance nauséabonde et islamophobe de l’extrême droite (française, Italienne, tchèque..) puis essayer ensuite de mettre la pression sur certains organismes du système de nations unies, comme le programme alimentaire mondial (PAM) pour les amener à reconsidérer leurs actions humanitaires en direction des refugiés sahraouis..
C’est à ce procédé, très peu glorieux, qu’a recouru l’ambassade du Maroc à Rome. Se saisissant d’un projet de résolution, déposé par trois eurodéputés de l’extrême droite et qui finira dans la corbeille à papier de l’hémicycle (le groupe politique identitaire « Identité et Démocratie » n’a jamais réussi à faire passer un seul texte au parlement européen), cette mission a adressé, en date du 10 juillet 2020, une note verbale au PAM pour instrumentaliser ce projet mort-né de l’extrême droite en appelant, pêle-mêle, à un « audit » de l’aide européenne « détournée », à un « recensement » des réfugiés sahraouis, le tout en écorchant au passage le pays hôte des réfugiés, accusé de prélever au passage une taxe de 5pc sur l’aide détournée (sic).
Autant de verbiages creux, inconsistants et infondés, que le PAM a balayés d’un revers de main dans une réponse cinglante datée du 21 juillet. Usant d’un ton tranché et ferme, cette agence onusienne « réaffirme l’engagement pris lors de la session annuelle du Conseil d’administration en juin 2019 et la note verbale du 14 mai 2020 selon laquelle l’assistance humanitaire dans les camps de Tindouf en Algérie continuera d’être fournie aux personnes vulnérables à l’insécurité alimentaire, conformément aux principes humanitaires, d’humanité, d’impartialité, d’indépendance et de neutralité ».
Sur la question du recensement, le PAM rappelle que « tout recensement des populations de réfugiés relève de la responsabilité du gouvernement hôte et de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) ». Et d’ajouter que « le PAM estime le nombre de personnes ayant besoin d’une assistance alimentaire sur la base d’une méthodologie d’évaluation objective, en collaboration avec d’autres agences humanitaires ».
Avant d’asséner un coup fatal aux desseins marocains visant en fait la réduction de l’aide dans le contexte de la crise sanitaire, en soulignant que « la pandémie COVID-19 a nécessité une augmentation temporaire de la réponse humanitaire dans les camps de Tindouf, qui a été confirmée par une enquête rapide d’impact sur les ménages, réalisée en avril 2020. En outre, la décision en avril 2020 d’augmenter de manière temporaire le nombre de bénéficiaires a été bien évidemment validée par tous les partenaires sur le terrain, y compris les partenaires des Nations Unies, les donateurs et le gouvernement hôte ».
S’agissant des allégations mensongères sur une taxation de l’aide humanitaire par l’Algérie, le PAM affirme qu’il « n’est soumis à aucune imposition par le gouvernement algérien et est exonéré de la taxe sur la valeur ajoutée (TVA) en Algérie, comme dans tous les autres pays où nous opérons. Le soutien du gouvernement algérien aux camps de Tindouf comprend la facilitation du dédouanement et des opérations portuaires et du transport des fournitures humanitaires jusqu’aux camps ». Sur cette question spécifique de la TVA, vendue par les chancelleries marocaines aux eurodéputés « de proximité », l’Ambassadeur d’Algérie à Bruxelles, Amar Belani, avait démenti formellement ces allégations mensongères en rappelant que la législation fiscale algérienne exonère des droits de douane et de la TVA toutes les associations à caractère humanitaire et caritatif qui opèrent en Algérie, en relation avec le croissant rouge algérien.
Enfin, le coup de grâce est donné par l’agence onusienne sur la question de l’audit qui constitue le sujet principal des manigances et « divagations » marocaines, lorsque le PAM confirme qu’il est « régulièrement audité » et que « le dernier audit mené par ECHO sur l’assistance alimentaire en Algérie a eu lieu en 2019 avec des résultats satisfaisants ». Circulez, il n’y a rien à voir !
Hocine Belaid
Fatima-Zahra Coundi
Pour la première fois depuis l’arrivée au pouvoir du souverain Mohammed VI en juillet 1999, la cérémonie controversée de l’allégeance, appelée bay’a en arabe, est « reportée » à cause du Covid-19. Plongée dans un rituel d’origine religieuse humiliant, mais qui sert à légitimer un...
Pour la première fois depuis l’arrivée au pouvoir du souverain Mohammed VI en juillet 1999, la cérémonie controversée de l’allégeance, appelée bay’a en arabe, est « reportée » à cause du Covid-19. Plongée dans un rituel d’origine religieuse humiliant, mais qui sert à légitimer un pouvoir politique.
Ce que les militants et les démocrates marocains n’ont pas pu réaliser pendant des décennies, le Covid-19 semble l’avoir fait en 2020, mais pour cette année seulement. La cérémonie humiliante d’allégeance au roi du Maroc, qui se déroule à l’occasion de la Fête du trône chaque 31 juillet, a été en effet reportée « à cause de l’état d’urgence sanitaire déclaré pour lutter contre la propagation du virus Covid-19 », indique le palais royal. Ce dernier évoque un « report » et non une annulation, sans toutefois indiquer une nouvelle date : « Il a été décidé de reporter toutes les activités, festivités et cérémonies prévues à l’occasion de la célébration du 21e anniversaire de l’accession de Sa Majesté le roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, au trône de Ses glorieux ancêtres. »
Ceci dit, le discours du trône a été maintenu et diffusé le 29 juillet au soir. Le souverain ne s’était pas adressé à son « cher peuple » depuis novembre 2019, malgré une période de confinement dure et très longue (de la mi-mars à fin juin). Cela en faisait un discours très attendu. Après l’hommage rendu aux cadres sanitaires, à l’armée, à la police et à tous ceux qui se sont engagés sur le terrain pour aider les personnes en situation de précarité, Mohammed VI a annoncé la création d’un fonds d’investissement stratégique pour booster l’investissement public-privé, et l’injection de près de 12 milliards d’euros afin de relancer l’économie.
La bay’a, qui prend la forme d’un cérémonial très coloré, tout juste sorti d’un tableau du Moyen Age, les Marocains la vivent chaque année avec un mélange d’indignation et de fatalisme. La manière dont elle se déroule renvoie à un rapport de soumission aux fondements religieux.
Quand le roi est dans la capitale, la cérémonie d’allégeance, ou hafl al-oualaa, se déroule dans le Méchouar, une immense esplanade de marbre devant le palais royal de Rabat. Des centaines de hauts fonctionnaires, auxquels se joignent ministres, dignitaires du régime ainsi que députés, élus locaux et hauts gradés de l’armée, de la police et des services de renseignements, sont convoqués dès l’aube du 31 juillet. Debout, les mains croisées sur le bas-ventre, vêtus de djellabas blanches, le capuchon soigneusement serré autour de la tête, ils attendent l’arrivée du monarque pendant des heures, sous un soleil de plomb.
Juché sur un cheval, le roi peut surgir à tout moment du grand portail de l’enceinte du palais. Il est entouré d’hommes emmaillotés de tenues immaculées et tenant vaillamment une ombrelle qui protège le monarque du soleil. Mohammed VI se campe alors face à ces centaines de dignitaires en rangs serrés, qui se prosternent devant lui par vagues successives, de la même manière que les musulmans accomplissent leur prière vers La Mecque : en pliant leur corps en équerre dans une position de soumission. Entre chaque rangée, des hommes du palais, debout, crient à gorge déployée « qu’Allah bénisse notre maître » en incitant fermement les « prosternés » à se plier. La cérémonie dure entre une demi-heure et quarante-cinq minutes.
Après ce rituel retransmis en direct par les télévisions officielles, avec des commentaires lyriques à la gloire du « commandeur des croyants », le roi, son fils le prince Hassan (un adolescent de 17 ans) et son frère, le prince Rachid, 50 ans, sont salués par des dignitaires triés sur le volet : les hauts fonctionnaires civils et militaires parmi lesquels les généraux, les ministres, les présidents du parlement et du Conseil constitutionnel. En file indienne, ils avancent courbés pour baiser, recto-verso, la main du roi, puis celles de son fils et de son frère.
Pendant ces quelques minutes d’une mise en scène humiliante pour beaucoup de Marocains, le roi se présente comme un demi-dieu sur terre. Son statut de commandeur des croyants, qu’il utilise pour légitimer un pouvoir politique absolu, prend toute sa force symbolique avec des images marquantes et une mise en scène soignée. Le statut des Marocains, en tant que « sujets de Sa Majesté », prend lui aussi toute sa signification et revêt une dimension à la fois matérielle et religieuse. Il n’est pas fortuit que les « prosternés » soient, pour la plupart, des députés, des élus et des représentants locaux du ministère de l’Intérieur. Ils représentent le Marocain dans chaque parcelle du territoire, de la petite commune à la région.
En juillet 2012, des dizaines de militants du mouvement du 20-Février, né dans le sillage du Printemps arabe, avaient manifesté contre cette cérémonie qui, selon eux, « donne une image dégradante des Marocains ». Le rassemblement, qui avait lieu devant le Parlement dans le centre de Rabat, avait été durement réprimé par la police.
Voulant surfer sur la vague des revendications démocratiques liées aux « printemps arabes », Abdelilah Benkirane, alors député et chef du Parti justice et développement (islamiste, aujourd’hui au gouvernement), avait appelé à ce que « cette cérémonie d’allégeance, à laquelle on est convié chaque année, soit tout simplement révisée ». « On est quand même au XXIe siècle, disait-il en 2011 lors d’une émission télévisée. Au cours de cette cérémonie, il y a des agents derrière vous et qui vous font des choses bizarres en obligeant les gens à se plier… La honte… Tout cela ne doit pas continuer... ».
Mais devenu chef du gouvernement à partir de décembre 2012, son discours se métamorphose dès la cérémonie suivante. Vêtu de l’habit traditionnel qui symbolise la soumission au palais (une djellaba blanche dont le capuchon, du même blanc, est soigneusement serré autour de la tête), Abdelilah Benkirane n’hésitera pas à déclarer, face caméra : « Ce sont nos us et coutumes. Et c’est ainsi que nous avons toujours, à travers notre histoire, exprimé à nos rois la continuité de cette osmose qui nous lie à eux, et qui a produit cet État qui se caractérise aujourd’hui par une exception positive... ».
À l’exception de deux partis de la gauche marocaine, le Parti socialiste unifié (PSU) et la Voie démocratique, aucune formation n’ose s’élever contre ce cérémonial, encore moins appeler à sa suppression. Pour la monarchie marocaine, mettre en cause la cérémonie de la bay’a, c’est menacer l’une des caractéristiques fondamentales du régime marocain : la confusion délibérée entre le statut politique du roi (véritable patron de l’exécutif) et son statut religieux (acteur intouchable et sacralisé). Cette situation l’érige en personnage central, l’alpha et l’oméga de tout le système politique dont il contrôle le jeu et les mécanismes. Le roi n’étant pas élu, la bay’a permet surtout de légitimer ses pouvoirs non démocratiques par un fait religieux, dont les racines remontent à la tradition prophétique du pouvoir.
La bay’a remonte en effet à l’époque du prophète Mohammed, lorsque celui-ci s’installe à Médine pour fuir La Mecque où sa vie était en danger. Cette installation parmi quelques tribus arabes et juives qui lui auraient fait « allégeance » correspond à une rupture nette dans son parcours : à son statut initial de prophète s’ajoute celui d’homme politique et de chef militaire.
Ce phénomène de légitimation des prérogatives politiques par la religion musulmane n’est pas propre au Maroc. En Arabie saoudite, le roi s’octroie le titre de « gardien des deux saintes mosquées » et à chaque nouveau souverain, les membres de la famille royale doivent lui prêter allégeance ; en Jordanie, la famille hachémite, installée au pouvoir par les Britanniques au lendemain de la Première guerre mondiale, exerce un pouvoir quasi-absolu et se réclame du même statut que la saoudienne, sa meilleure ennemie ; en Iran, l’imam Khomeiny, qui avait pris le pouvoir en 1979 après la fuite du Chah, se présente comme le descendant direct du prophète, par le biais, assure-t-on, d’un autre imam, Moussa Al-Kazim, né et mort à Médine (745-499).
Mohammed VI serait lui aussi un descendant direct du prophète, mais par le biais d’Ali, le gendre de Mohammed.
Pour la première fois depuis l’arrivée au pouvoir du souverain Mohammed VI en juillet 1999, la cérémonie controversée de l’allégeance, appelée bay’a en arabe, est « reportée » à cause du Covid-19. Plongée dans un rituel d’origine religieuse humiliant, mais qui sert à légitimer un pouvoir politique.
Ce que les militants et les démocrates marocains n’ont pas pu réaliser pendant des décennies, le Covid-19 semble l’avoir fait en 2020, mais pour cette année seulement. La cérémonie humiliante d’allégeance au roi du Maroc, qui se déroule à l’occasion de la Fête du trône chaque 31 juillet, a été en effet reportée « à cause de l’état d’urgence sanitaire déclaré pour lutter contre la propagation du virus Covid-19 », indique le palais royal. Ce dernier évoque un « report » et non une annulation, sans toutefois indiquer une nouvelle date : « Il a été décidé de reporter toutes les activités, festivités et cérémonies prévues à l’occasion de la célébration du 21e anniversaire de l’accession de Sa Majesté le roi Mohammed VI, que Dieu l’assiste, au trône de Ses glorieux ancêtres. »
Ceci dit, le discours du trône a été maintenu et diffusé le 29 juillet au soir. Le souverain ne s’était pas adressé à son « cher peuple » depuis novembre 2019, malgré une période de confinement dure et très longue (de la mi-mars à fin juin). Cela en faisait un discours très attendu. Après l’hommage rendu aux cadres sanitaires, à l’armée, à la police et à tous ceux qui se sont engagés sur le terrain pour aider les personnes en situation de précarité, Mohammed VI a annoncé la création d’un fonds d’investissement stratégique pour booster l’investissement public-privé, et l’injection de près de 12 milliards d’euros afin de relancer l’économie.
La bay’a, qui prend la forme d’un cérémonial très coloré, tout juste sorti d’un tableau du Moyen Age, les Marocains la vivent chaque année avec un mélange d’indignation et de fatalisme. La manière dont elle se déroule renvoie à un rapport de soumission aux fondements religieux.
Quand le roi est dans la capitale, la cérémonie d’allégeance, ou hafl al-oualaa, se déroule dans le Méchouar, une immense esplanade de marbre devant le palais royal de Rabat. Des centaines de hauts fonctionnaires, auxquels se joignent ministres, dignitaires du régime ainsi que députés, élus locaux et hauts gradés de l’armée, de la police et des services de renseignements, sont convoqués dès l’aube du 31 juillet. Debout, les mains croisées sur le bas-ventre, vêtus de djellabas blanches, le capuchon soigneusement serré autour de la tête, ils attendent l’arrivée du monarque pendant des heures, sous un soleil de plomb.
Juché sur un cheval, le roi peut surgir à tout moment du grand portail de l’enceinte du palais. Il est entouré d’hommes emmaillotés de tenues immaculées et tenant vaillamment une ombrelle qui protège le monarque du soleil. Mohammed VI se campe alors face à ces centaines de dignitaires en rangs serrés, qui se prosternent devant lui par vagues successives, de la même manière que les musulmans accomplissent leur prière vers La Mecque : en pliant leur corps en équerre dans une position de soumission. Entre chaque rangée, des hommes du palais, debout, crient à gorge déployée « qu’Allah bénisse notre maître » en incitant fermement les « prosternés » à se plier. La cérémonie dure entre une demi-heure et quarante-cinq minutes.
Après ce rituel retransmis en direct par les télévisions officielles, avec des commentaires lyriques à la gloire du « commandeur des croyants », le roi, son fils le prince Hassan (un adolescent de 17 ans) et son frère, le prince Rachid, 50 ans, sont salués par des dignitaires triés sur le volet : les hauts fonctionnaires civils et militaires parmi lesquels les généraux, les ministres, les présidents du parlement et du Conseil constitutionnel. En file indienne, ils avancent courbés pour baiser, recto-verso, la main du roi, puis celles de son fils et de son frère.
Pendant ces quelques minutes d’une mise en scène humiliante pour beaucoup de Marocains, le roi se présente comme un demi-dieu sur terre. Son statut de commandeur des croyants, qu’il utilise pour légitimer un pouvoir politique absolu, prend toute sa force symbolique avec des images marquantes et une mise en scène soignée. Le statut des Marocains, en tant que « sujets de Sa Majesté », prend lui aussi toute sa signification et revêt une dimension à la fois matérielle et religieuse. Il n’est pas fortuit que les « prosternés » soient, pour la plupart, des députés, des élus et des représentants locaux du ministère de l’Intérieur. Ils représentent le Marocain dans chaque parcelle du territoire, de la petite commune à la région.
En juillet 2012, des dizaines de militants du mouvement du 20-Février, né dans le sillage du Printemps arabe, avaient manifesté contre cette cérémonie qui, selon eux, « donne une image dégradante des Marocains ». Le rassemblement, qui avait lieu devant le Parlement dans le centre de Rabat, avait été durement réprimé par la police.
Voulant surfer sur la vague des revendications démocratiques liées aux « printemps arabes », Abdelilah Benkirane, alors député et chef du Parti justice et développement (islamiste, aujourd’hui au gouvernement), avait appelé à ce que « cette cérémonie d’allégeance, à laquelle on est convié chaque année, soit tout simplement révisée ». « On est quand même au XXIe siècle, disait-il en 2011 lors d’une émission télévisée. Au cours de cette cérémonie, il y a des agents derrière vous et qui vous font des choses bizarres en obligeant les gens à se plier… La honte… Tout cela ne doit pas continuer... ».
Mais devenu chef du gouvernement à partir de décembre 2012, son discours se métamorphose dès la cérémonie suivante. Vêtu de l’habit traditionnel qui symbolise la soumission au palais (une djellaba blanche dont le capuchon, du même blanc, est soigneusement serré autour de la tête), Abdelilah Benkirane n’hésitera pas à déclarer, face caméra : « Ce sont nos us et coutumes. Et c’est ainsi que nous avons toujours, à travers notre histoire, exprimé à nos rois la continuité de cette osmose qui nous lie à eux, et qui a produit cet État qui se caractérise aujourd’hui par une exception positive... ».
À l’exception de deux partis de la gauche marocaine, le Parti socialiste unifié (PSU) et la Voie démocratique, aucune formation n’ose s’élever contre ce cérémonial, encore moins appeler à sa suppression. Pour la monarchie marocaine, mettre en cause la cérémonie de la bay’a, c’est menacer l’une des caractéristiques fondamentales du régime marocain : la confusion délibérée entre le statut politique du roi (véritable patron de l’exécutif) et son statut religieux (acteur intouchable et sacralisé). Cette situation l’érige en personnage central, l’alpha et l’oméga de tout le système politique dont il contrôle le jeu et les mécanismes. Le roi n’étant pas élu, la bay’a permet surtout de légitimer ses pouvoirs non démocratiques par un fait religieux, dont les racines remontent à la tradition prophétique du pouvoir.
La bay’a remonte en effet à l’époque du prophète Mohammed, lorsque celui-ci s’installe à Médine pour fuir La Mecque où sa vie était en danger. Cette installation parmi quelques tribus arabes et juives qui lui auraient fait « allégeance » correspond à une rupture nette dans son parcours : à son statut initial de prophète s’ajoute celui d’homme politique et de chef militaire.
Ce phénomène de légitimation des prérogatives politiques par la religion musulmane n’est pas propre au Maroc. En Arabie saoudite, le roi s’octroie le titre de « gardien des deux saintes mosquées » et à chaque nouveau souverain, les membres de la famille royale doivent lui prêter allégeance ; en Jordanie, la famille hachémite, installée au pouvoir par les Britanniques au lendemain de la Première guerre mondiale, exerce un pouvoir quasi-absolu et se réclame du même statut que la saoudienne, sa meilleure ennemie ; en Iran, l’imam Khomeiny, qui avait pris le pouvoir en 1979 après la fuite du Chah, se présente comme le descendant direct du prophète, par le biais, assure-t-on, d’un autre imam, Moussa Al-Kazim, né et mort à Médine (745-499).
Mohammed VI serait lui aussi un descendant direct du prophète, mais par le biais d’Ali, le gendre de Mohammed.

Solidarité Maroc
Réseau de solidarité avec les peuples du Maroc, du Sahara occidental et d'ailleurs(RSPMSOA)
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