Blog du Réseau de solidarité avec les peuples du Maroc, du Sahara occidental, de Palestine et du monde, créé en février 2009 à l'initiative de Solidarité Maroc 05, AZLS et Tlaxcala
2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas
El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.
Le 7 mai 2019, le
représentant du Front Polisario auprès des Nations Unies, Sidi Omar,
s’est entretenu avec Jean-Pierre Lacroix, le Secrétaire Général Adjoint
pour les Opérations de Paix en vue de lui transmettre l’opinion du Front
Polisario sur plusieurs questions liées à la MINURSO et le processus de
paix.
Jean-Pierre Lacroix est un diplomate
français. Avant d’assumer cette fontcion, il était, depuis juillet 2014,
directeur des Nations unies, des organisations internationales, des
droits de l’homme et de la francophonie (NUOI) à l’administration
centrale du Quai d’Orsay.
Il succède un autre français, Hervé Ladsous, à la tête des missions de paix de l’ONU.
Il y a lieu de se demander si à l’ONU,
les puissants de ce monde se sont mis d’accord pour laisser ce poste à
la France, le pays qui sème la guerre partout dans le monde, qui esclavagise les pays africains depuis plus de 60 ans, et qui est pointée
du doigt dans le génocide des hutus au Rwanda. Mais la France est
surtout le pays qui soutient l’entêtement du Maroc dans le conflit du
Sahara Occidental, empềche la MINURSO de monitorer les droits de l’homme
et entretient le statu quo dans un conflit qui dure depuis plus de 43
ans.
Malgré qu’elle est involucrée dans le
contentieux du Sahara Occidental, des militaires de la France font aussi
partie du contingent de la MINURSO, la mission des NU pour le
Référendum au Sahara Occidental, un référendum dont Paris ne veut pas
entendre parler et dont le manque de neutralité est flagrant.
Le paradoxe est évident: la France
responsable des missions de paix de l’ONU, alors qu’elle se trouve
derrière de nombreux conflits de la planète.
Après des décennies d’une arabisation hasardeuse de l’enseignement
public amorcée dans le milieu des années 1970 pour des raisons
politiques, le Maroc est sur le point de retourner à la case départ en
refrancisant l’essentiel de son système éducatif. Bien que porté par le
roi Mohamed VI et les partis qui lui sont
proches, ce rétropédalage qui réhabilite la langue du colonisateur
suscite une opposition farouche du Parti de la justice et du
développement (PJD) et de l’Istiqlal. Quarante ans d’un formidable gâchis.
Il devait passer comme une lettre à la poste. Le 2 avril 2019, dans
les couloirs feutrés du Parlement marocain, le projet de loi-cadre
consacrant le retour du français pour l’enseignement des matières
scientifiques au collège et au lycée devait être validé dans une
ambiance d’unanimité joyeuse à la commission parlementaire de
l’éducation. Mais contre toute attente, une poignée de députés, des
islamistes du Parti de la justice et du développement (PJD, au gouvernement) demandent poliment que la séance soit reportée de quelques jours « pour permettre une bonne analyse du projet ». C’est le début d’un blocage qui ne dit pas son nom, et qui dure encore.
Ce projet avancé par le roi et son entourage a pourtant été élaboré
au cœur du Palais par le très officiel Conseil supérieur de
l’enseignement. Que s’est-il passé pour que les députés islamistes
opèrent une telle volte-face et décident de reporter sine die l’adoption d’un projet royal porté par un gouvernement dont ils font partie ?
Crise linguistique, crise politique
Pour répondre à cette question, il faut revenir au 1er avril 2019,
la veille de la réunion de la commission parlementaire. Vêtu d’une
djellaba grise, un bonnet noir sur la tête, l’ancien chef du
gouvernement Abdelilah Benkirane écarté de manière humiliante par le roi
en avril 2017 a la voix chevrotante, la mine défaite. Dans une vidéo
publiée sur sa page Facebook, il fustige le projet-cadre, appelle les
députés de son parti à ne pas l’adopter et invite « son frère » Saad Eddine Al-Othmani, l’actuel chef islamiste du gouvernement, à « assumer sa responsabilité devant Dieu et devant l’histoire » en rejetant ce texte.
Les eurodéputés ont soulevé plusieurs
cas de violation des droits fondamentaux des Sahraouis par les autorités
marocaines. L’Union européenne ferme généralement les yeux sur les
violations marocaines des droits de l’homme dans les territoires
sahraouis libérés.
Plusieurs eurodéputés ont
interpellé par écrit la Commission européenne pour exiger la nécessaire
adaptation de l’aide humanitaire de l’Union européenne (UE) destinée aux
réfugiés sahraouis, ainsi que sur la situation des prisonniers
sahraouis au Maroc et le respect des droits de l’homme. Cette
interpellation est logique vue que le nombre de Sahraouis qui vivent
dans les camps de réfugiés de Tindouf a augmenté. Cette augmentation est
d’ailleurs confirmée par le dernier (2018) recensement du
Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (UNHCR).
C’est justement sur la base de données
contenues dans le rapport du HCR qu’une douzaine d’eurodéputés ont
rappelé à la Commission européenne qu’en 2018, le besoin de financement
est passé de 66 millions de dollars à 71 millions en 2019,
l’interpellant sur son intention d’adapter son aide financière aux
nouveaux chiffres établis par le HCR, ainsi que sur la compensation de
l’aide financière perdue, imputable au retard dans la programmation.
Les eurodéputés ont également rappelé,
selon l’APS qui rapporte l’information, que la Commission européenne a
déclaré précédemment qu’une évaluation de la vulnérabilité était
nécessaire pour mettre à jour son plan financier concernant l’aide
humanitaire destinée aux réfugiés sahraouis.
Tortures et privations
Les eurodéputés ont également interrogé
la Commission sur la possibilité de recourir à ses instruments externes,
y compris Erasmus + (programme de l’UE en faveur de l’éducation, la
formation et le sport), pour «améliorer les conditions de vie des réfugiés et remédier au manque d’opportunités pour la jeune génération sahraouie».
S’agissant du respect des droits de l’homme, rapporte l’APS, d’autres
eurodéputés ont soulevé plusieurs cas de violation des droits
fondamentaux des Sahraouis par les autorités marocaines.
Dans un contexte
marqué par de fortes tensions sociales, exprimées par le mouvement des
Gilets jaunes, dont les issues restent incertaines (retombées politiques
du Grand Débat National, percée de l’extrême droite dans les sondages
pour les élections européennes), 17 acteurs de la société civile,
rassemblant des associations environnementales, sociales, de solidarité
internationale et de défense des droits de l’Homme, des organismes de
recherche et des syndicats, dont la CFDT et Notre Affaire à Tous,
dénoncent la montée de ce qu’ils nomment « l’inégalo-scepticisme » en
France, dans un rapport à paraître le 14 mai.
Nombre
d’analystes, focalisés sur les indicateurs économiques classiques,
comme la croissance économique, les baisses d’impôts ou le pouvoir
d’achat, occultent une réalité accablante : 20% des français ne peuvent
pas faire trois repas par jour, portant ainsi à 5 millions le nombre de
personnes ayant recours à l’aide alimentaire (CFSI). En 2019, la France
compte 3 millions d’enfants pauvres (Les Petits Débrouillards). 30% des
agriculteurs ont un revenu inférieur à 350 euros par mois (Max
Havelaar). Si cela est encore insuffisant, notons également que les très
riches émettent 40 fois plus de carbone que les plus pauvres alors
qu’en pourcentage de leurs revenus, ces derniers paient 4 fois plus de
taxe carbone ! (Notre Affaire à Tous).
● La doxa traditionnelle nourrit les « inégalo-sceptiques »
Nos
organisations, fortes d’une expertise académique et de terrain, se
saisissent de la grille de lecture des Objectifs de Développement
Durable (ODD) pour révéler l’ampleur des inégalités en France et leur
caractère multidimensionnel. Les chiffres que nous avons évoqués
prouvent que les inégalités concernent, bien entendu, les revenus, mais
également l’accès à l’alimentation, aux soins (incluant des écarts
d’espérance de vie de 13 ans entre les plus pauvres et les plus aisés),
le genre, le numérique et sa diffusion inégale qui prive certains
individus de leur pouvoir d’agir, l’accès aux ressources (notamment
énergétiques) ou à l’eau et à l’assainissement (650 000 français n’ont
pas un accès physique permanent à de l’eau potable), l’accès à un
travail décent et à un environnement sain et sûr.
Le Maroc communique beaucoup
sur le sujet de la menace terroriste au point qu’une
instrumentalisation du sujet est envisageable en raison du faible niveau
de la menace.
Pressentant la fin de Daech, Rabat a
multiplié les annonces de démantèlement de cellules terroristes. Le
nombre d’annonces était en contradiction avec les appels à des offres
touristiques qui dessinent le royaume comme un paradis pour les
vacances.
L’exagération de la menace terroriste
est justifiée par la volonté de Rabat de s’accaparer les richesses du
territoire du Sahara Occidental et d’imposer le silence de l’Occident
sur ses excès en matière de violations des droits de l’homme.
C’est ainsi que le jugement des
prétendus assassins des deux jeunes scandinaves, Maren Ueland et Louisa
Jespersen, a été remué. Le but est de rappeler l’existence d’une menace
terroriste souvent exagérée en vue d’entretenir un sentiment durable
d’insécurité.
Les autorités de Rabat ont agité cette
affaire à un moment où elles sont acculées sur deux fronts : Le Rif, où
des activistes sociaux ont été condamnés à 20 ans de prison, et le
Sahara Occidental où le Conseil de Sécurité met la pression en vue de
mettre fin à un conflit qui empoisonne la région depuis plus de 43 ans
et où le Maroc s’accommodait d’un statu quo devenu insupportable pour la
communauté internationale et les peuples de la région.
Le procès d'une bénévole de RESF
se tient ce lundi à partir de 14h à Avignon. Chantal Raffanel est
poursuivie pour usurpation de fonction après une plainte du Conseil
départemental de Vaucluse. Il lui est reproché d'avoir inscrit un jeune
mineur isolé à l'école en mentionnant "représentant légal".
Une bénévole de l'association RESF de Vaucluse
comparait ce lundi après midi devant le tribunal correctionnel
d'Avignon. Elle est poursuivie pour avoir inscrit un mineur étranger à
l'école, en l’occurrence dans un lycée professionnel de Vedène. L'aide
sociale à l'enfance a porté plainte pour usurpation de fonction car c'est ce service du Conseil départemental qui s'occupe des mineurs isolés et qui est le seul compétent.
Il y a un an, le
corps de Blessing Matthew était retrouvé contre un barrage des
Hautes-Alpes. La Nigériane, qui venait de franchir la frontière, fuyait
une patrouille de gendarmes. Le parquet a écarté lundi leur
responsabilité, ce que contestent sa sœur et l’association Tous
migrants.
C’était il y a un an. Le 7 mai 2018, Blessing Matthew
s’est noyée dans la Durance à La Vachette (Hautes-Alpes), un lieu-dit de
Val-des-Prés situé sur la route de Briançon. Cette Nigériane de 20 ans
venait juste de passer la frontière franco-italienne, de nuit, en groupe
et par les sentiers, dans le secteur du col de Montgenèvre. Selon ses
compagnons de traversée, la dernière fois qu’elle a été vue, peu avant
l’aube, elle était poursuivie par les forces de l’ordre, boitillante,
épuisée et terrifiée, sur les berges du torrent en crue printanière.
Le 9 mai, son corps est retrouvé à dix kilomètres en aval, flottant
contre un barrage EDF du village de Prelles. La jeune femme ne porte
plus que sa culotte, un anneau d’argent et un collier avec une pierre
bleue. C’est le premier cadavre retrouvé depuis le début de l’afflux de
migrants à la frontière des Hautes-Alpes, en 2016. Depuis, les corps de
trois autres Africains ont été découverts dans la montagne. L’histoire
de Blessing est pourtant une tragédie à part. Parce que c’était une
femme, alors qu’elles sont ultra-minoritaires sur la frontière, parce
que c’était la première victime, et parce que les conditions de sa mort
restent troubles.
Comment le petit pâtre africain devient berger des alpages. Un livre pour les jeunes, et les moins jeunes.
Cette fiction retrace le parcours d'Alioune dit Ali, petit berger africain qui doit fuir son pays, la République Démocratique du Congo, avec cinq de ses camarades et se rendre en Europe où, lui dit-on, il est tellement facile de gagner beaucoup d'argent.
Ce grand voyage aux mille dangers mortels et aux rencontres fraternelles va le conduire en France. C'est par la montagne enneigée qu'il arrivera dans les Hautes-Alpes où il rencontrera une bande de délinquants solidaires. Ensemble ils chercheront des solutions à toutes ses préoccupations.
« …Je me rends de temps en temps à Gap pour aller faire quelques courses. Depuis plus d’une année, j’y rencontre beaucoup de jeunes
subafricains. C’est par un réseau d’associations humanitaires et
caritatives locales et par les réseaux sociaux que j’apprends, petit à
petit, ce qu’ont vécu ces jeunes qui ont fait à travers l’Afrique un
long parcours aux mille dangers parfois mortels pour venir chez nous où
ils espèrent trouver une vie normale et du travail, loin de la guerre
qui les a fait fuir leur pays, du travail qui leur permettra de
rembourser l’argent qui leur a été prêté par la famille et les amis…
Je
m’étais jointe à la fin de la marche des migrants de Briançon à Gap et
j’ai lu avec intérêt ce qu’en dit la presse locale. Mais j’étais
atterrée en lisant quelques commentaires de lecteurs d’un affligeant
racisme haineux envers ces arrivées d’étrangers. Pour toutes ces raisons, j’ai décidé d’écrire cette fiction basée
sur des faits réels, pour faire connaître un difficile parcours parmi
d’autres au moins aussi cruels, de quelques migrants souvent mineurs,
qui arrivent chez nous par la montagne et que nous croisons dans les
rues de Gap. » Marie-Jo Fressard
Conception graphique Cédric Rutter/Association La Guillotine Prix : 7.00€ Pour acheter le livre, à Gap - E'changeons le Monde, 17 rue Jean Eymard - La Nouvelle Librairie, 6 cours Victor Hugo Pour commander par mail (11€ frais de port compris) antidote-publishers.be ( BE20000423594956 ) ou solidmar05@gmail.com
Société Mohamed Ezzouak, Directeur de publication Yabiladi.com, 5/5/2019
Les classes moyennes marocaines ont abandonné tout espoir de sauver l’enseignement public qu’elles ont fui en masse ces dernières années. Elles demandent à l’Etat d’achever le Mammouth.
Les 3ème Assises nationales de la fiscalité ont donné l’impression d’un méchoui géant. Chacun veut sa part du festin, et (presque) tous se sont entendus pour acter l’abandon en rase campagne de l’éducation nationale, où d’en faire une sorte de RAMED scolaire pour les plus pauvres.
Qu’au niveau du gouvernement, de l’élite politique et intellectuelle, il y ait une volonté de saborder le système d’éducation publique, ne surprend plus vraiment. J’en veux pour preuve le statut de plus en plus précaire des enseignants recrutés par les AREF, ou le souk de la rentrée scolaire 2016/2017 dont on ne s'est toujours pas vraiment remis.
Ce qui est le plus désespérant, c’est cette adhésion résignée des classes moyennes à la stratégie de dépeçage de ce qui reste de l’éducation nationale. Le non consentement à l’impôt des Marocains a trouvé un mode d’expression acceptable : exiger une réduction d’impôt sur le revenu pour les frais de scolarité des enfants dans l’enseignement privé. Dans l’individualisme consumériste triomphant, les classes moyennes marocaines veulent ainsi faire sécession. Si choisir le meilleur pour la scolarité de ses enfants est tout à fait légitime, vouloir faire payer ce choix individuel à la collectivité via une baisse de la contribution fiscale est un non sens.
Du dépeçage de nos communs
Quand ferons-nous donc Nation ? N’ayant pas eu le temps de devenir citoyens égaux, nous glissons vers le contribuable-fossoyeur de tout service public. «Que fait l’Etat pour moi en échange de mes impôts ?» Cette question réthorique que nous entendons quotidiennement - et pas seulement dans la bouche des médecins du privé - devrait conduire à plus d’exigence à l’égard de nos responsables politiques et l’ensemble de l’administration. Mais le principe même de la reddition des comptes n’a toujours pas infusé dans notre société. Au lieu de ça, nous contribuables - faussement fatalistes - exigeons que l’Etat nous exempte d’une partie de nos obligations fiscales.Ses partisans de l’ultralibéralisme au gouvernement boivent du petit lait. Le résultat au niveau du système scolaire public est visible depuis l’arrivée du gouvernement Benkirane. On démolit les établissements scolaires en ville pour vendre le terrain à des projets immobiliers, on ne remplace pas les enseignants partant à la retraite, les insuffisantes nouvelles embauches se font dans une situation de précarité inimaginable il y a quelques années. On sent même une polarisation de la population des contribuables agacée par les revendications des enseignants-contractuels.
Accélérer vers le ravin
Ainsi, nous contribuons à un enseignement à deux vitesses : les enfants des familles les plus modestes entassées dans des écoles délabrées avec des profs non formés et complètement démotivés ; les enfants des classes moyennes dans des écoles privées de plus en plus chères et au niveau à peine meilleur que l’école publique il y a quelques décennies. Qu’avons-nous gagné de cette politique de désengagement de l’État au profit du privé ? Nous payons cash la facture de notre résignation politique post-années de plomb. Lire : https://www.yabiladi.com/articles/details/77918/tres-chere-ecole-privee-marocaine.html
Conchi Moya est l’auteure du livre « Las
acacias del éxodo » (« Les acacias de l’exode »), un ouvrage traitant
du Sahara occidental. La présentation aura lieu ce samedi 4 mai à la
librairie Libros Traperos de Murcia.
« Du PSOE, nous n’avons eu que
trahisons. Il n’y a rien de positif à attendre de ce parti à l’égard du
peuple sahraoui, comme il a continué à le démontrer tout au long de ces
années ».
« Le fait que les femmes soient un
pilier de la société sahraouie a toujours été évident. La société
sahraouie est matriarcale, ce sont des femmes libres et elles occupent
une place très importante dans leur famille et dans la société ».
Née à Madrid en 1971, elle est diplômée
en Sciences de l’Information de l’Université Complutense. Avant « Les
acacias de l’exode », elle a écrit deux autres livres, avec pour toile
de fond le Sahara occidental, « Delicias saharauis » et » Los otros
príncipes ». Avec Bahia Mahmoud Awah, elle a écrit l’essai « L’avenir de
l’espagnol au Sahara occidental ». Elle a aussi édité plusieurs
anthologies de poésie sahraouie « Um Draiga », « Aaiún, gritando lo que
se siente », « La primavera saharaui » et « Poetas saharauis (Generación
de la Amistad) ». En décembre 2015 est paru son premier roman, « Sin
pedir permiso » (« Sans demander la permission »).
Elle co-anime l’espace d’information
Poemario por un Sahara Libre, dédié à l’actualité informative et
culturelle de la cause sahraouie.
« Les acacias de l’exode », est un livre
d’histoires dont le protagoniste est le Sahara occidental, le peuple
sahraoui. Ce n’est pas ton premier livre sur ce thème et tu consacres
une partie de ton activité à rendre visible la cause sahraouie. Quel est
ton lien avec le Sahara, avec son peuple ?
J’ai rencontré le peuple sahraoui en
avril 2000, lorsque je me suis rendue dans les camps de réfugiés
sahraouis avec des collègues d’une radio libre à laquelle je
collaborais. L’impact de ce que j’y ai vécu a été si fort que je me suis
engagée à aider ces gens avec ce que je savais faire : raconter,
écrire, informer. Finalement, j’ai rencontré mon collègue, l’écrivain et
chercheur sahraoui Bahia Awah, et nous avons décidé de le faire
ensemble. C’est ma cause, c’est mon peuple, j’ai une immense famille
dispersée dans les camps, dans plusieurs pays de la diaspora et en
territoire occupé. Beaucoup de mes meilleurs et plus chers amis sont
sahraouis. Il n’y a pas eu un jour depuis mon premier voyage où j’ai
cessé de penser au Sahara, et cela fait dix-neuf ans. Cela s’est
littéralement traduit par le fait que j’ai eu l’honneur de participer au
congrès fondateur du groupe d’écrivains sahraouis en exil Génération de
l’amitié sahraouie. J’ai également été anthologue pour plusieurs de
leurs publications. « Les Acacias de l’Exode » est mon troisième livre
de récits sur le Sahara Occidental.
Dans l’une des histoires tu racontes la
visite d’un « jeune homme politique espagnol », l’espoir qu’il a suscité
parmi les militants sahraouis et, enfin, sa trahison. Ce politicien
était Felipe González. Maintenant qu’un autre jeune homme politique
socialiste se trouve à la Moncloa et continuera d’être président après
les élections du 28 Avril, quelles sont les attentes de la population
sahraouie : les Sahraouis espèrent-ils que Sánchez se tournera vers les
camps de réfugiés, qu’il assumera la responsabilité de l’Espagne en tant
que puissance colonisatrice et qu’il remplira le mandat des Nations
Unies en attendant que le Sahara obtienne son indépendance et retrouve
ses terres ?
L’histoire de la visite de Felipe
Gonzalez en 1976 dans les camps de réfugiés pour soutenir le peuple
sahraoui « jusqu’à la victoire finale » et sa trahison ultérieure, qui
hantera Felipe à jamais, m’impressionne beaucoup. Les Sahraouis ne
l’oublient pas et ils étaient chargés de récupérer et de diffuser ces
images et l’audio de son discours. La chanteuse sahraouie Mariem Hassan
lui a même dédié une chanson appelée « Shouka » (L’Épine), qui fait
froid dans le dos. J’ai pu parler à certaines des personnes qui l’ont
accompagné et j’ai voulu reproduire cette visite.
Le programme socialiste pour ces
élections de 2019 comprenait une phrase faisant référence au peuple
sahraoui, à savoir que le parti s’efforcera « de parvenir à une solution
au conflit qui soit juste, définitive, mutuellement acceptable et
respectueuse du principe de l’autodétermination du peuple sahraoui ». Il
est vrai que Pedro Sánchez s’est en quelque sorte dissocié de la
« vieille garde » socialiste, mais nous devrons voir jusqu’où il osera
aller. La proximité du PSOE avec les thèses marocaines sur le Sahara
Occidental est historique et il est difficile pour cela de changer. Il
faut rappeler que dans la dernière législature Mohamed Chaib, député
pour le Parti socialiste catalan, est entré au Congrès : il est
considéré comme « l’homme de Mohamed VI en Espagne ».
Il suffit de voir que Zapatero est l’un
des défenseurs de l’occupation marocaine du Sahara. À titre d’exemple,
l’ancien président est allé participer à différentes manifestations dans
les territoires occupés du Sahara, organisées par les autorités
marocaines, comme le Forum de Crans Montana dans la ville sahraouie
occupée de Dakhla, avec Mohamed VI qui a ouvert la manifestation et
accueilli les participants avec la phrase « Bienvenue au Sahara Marocain
». Cela a été repris par l’Agence EFE en mars 2015, c’est consultable
en ligne. Et sous le gouvernement de Zapatero, le PSOE a eu une attitude
honteuse lors de deux événements décisifs tels que la grève de la faim
de la militante sahraouie Aminetu Haidar à l’aéroport de Lanzarote et le
violent démantèlement du camp sahraoui de Gdeim Izik, où le
gouvernement du PSOE a considéré la version marocaine comme valide et a
reçu le général marocain Hosni Benslimane au ministère de l’Intérieur,
alors qu’il fait l’objet d’un mandat d’arrêt européen pour l’assassinat
de l’opposant Ben Barka. Le ministère de l’Intérieur Pérez Rubalcaba a
répondu que son nom « n’était pas dans les bases de données du
ministère ».
Du PSOE, nous n’avons eu que trahisons.
Il n’y a rien de positif à attendre de ce parti à l’égard du peuple
sahraoui, comme il a continué à le démontrer tout au long de ces années.
Dans un livre comme « Les acacias de
l’exode », il doit être facile de céder à la tentation de se limiter à
faire l’éloge de la figure des héros et des dirigeants du peuple
sahraoui. Tu parles avec admiration de certains de ces personnages, mais
tu concentres tes histoires sur les gens qui souffrent de l’exode, sur
les enfants, sur les familles, sur les choses simples et fondamentales
qu’ils ont perdues. Et surtout tu parles des femmes sahraouies, de leur
rôle dans l’organisation de la vie civile dans les camps, de la façon
dont elles s’occupent de la santé, de l’éducation, de l’organisation,
bref, de la vie quotidienne. Quel rôle tiennent les femmes dans la cause
sahraouie ?
En réalité, tous les Sahraouis sont des
héros et des héroïnes. Et tout le peuple est le Front Polisario, qui est
un mouvement de libération nationale qui existera jusqu’à ce que les
Sahraouis récupèrent leurs terres. Dans le cas des Sahraouis, il y a des
dirigeants qui ont donné leur vie pour la cause, littéralement, comme
Elouali Mustafa, l’un des fondateurs du Front Polisario et leader de la
révolution sahraouie, qui est mort sur le champ de bataille moins d’un
an après le début de la guerre contre le Maroc. Beaucoup d’autres ont
été un exemple par leurs efforts et leurs sacrifices tout au long de ces
décennies. Comme le peuple, qui a souffert et souffre encore tant. Et
avec « Les acacias de l’exode » je voudrais en quelque sorte que nous
nous mettions à la place de ces gens qui, du jour au lendemain, ont été
expulsés de leur terre, à qui tout a été enlevé et soumis aux plus
grandes injustices, devant l’indifférence de la communauté
internationale. Je voudrais que nous comprenions que cela peut arriver à
n’importe qui, même si nous nous croyons en sécurité en vivant dans la
bulle de notre soi-disant « premier monde ».
Le fait que les femmes sont un pilier de
la société sahraouie a toujours été évident. La société sahraouie est
matriarcale, ce sont des femmes libres et elles occupent une place très
importante dans leur famille et dans la société. Elles ont installé les
camps, et donc l’Etat sahraoui en exil, lorsque les hommes étaient sur
le front. Il s’agissait de mères, de médecins, de constructrices,
d’enseignantes, de donneuses de soins, de diplomates à l’étranger. Et
dans les territoires occupés, les femmes mènent encore aujourd’hui de
nombreuses manifestations de protestation, et il y a de nombreux noms de
femmes parmi les militants des droits humains les plus importants. Les
femmes sahraouies ont leur place dans la vie politique au niveau
national et international. Il y a des ministres, des gouverneures, des
parlementaires ou des diplomates, par exemple la représentante sahraouie
en Espagne est une femme.
Mais tout cela n’empêche pas que les
femmes sahraouies souffrent aussi du patriarcat, sont préoccupées par la
perte du pouvoir depuis que les hommes sont retournés dans les camps
après le cessez-le-feu et appellent à une plus grande participation à la
vie publique. Maintenant, il y a une génération intéressante de très
jeunes femmes sahraouies qui luttent pour leurs droits et leur espace,
sans abandonner leur cause, et c’est extrêmement intéressant à mon avis.
Tout ton livre est un beau chant
d’espoir, plein d’amour pour les gens dont tu parles. C’est aussi un cri
de rage, de révolte contre la situation que vit le peuple sahraoui
depuis 50 ans. Mais c’est aussi un appel contre l’oubli, contre
l’éventuelle perte d’identité des générations déjà nées dans l’exode : y
a-t-il un risque d’épuisement, de découragement chez les plus jeunes ?
Ce danger existe, c’est évident. J’ai
des neveux et des neveux qui sont nés dans les camps de réfugiés et qui
ont aussi des enfants qui sont nés dans les camps. Deux générations qui
n’ont jamais pu mettre les pieds sur leurs terres ou qui ne connaissent
que l’occupation. C’est un drame terrible. Et il y a un troisième
déracinement, celui de la diaspora.
Comment dire à un jeune Sahraoui de
garder la foi en l’ONU ou en la communauté internationale ?
Mais en même temps, l’identité sahraouie
est si forte qu’il y a beaucoup d’espoir placé dans les jeunes. Il y a
une génération très bien préparée, qui connaît la cause et qui occupe
des postes de responsabilité ou qui collabore à l’activisme
intellectuel, culturel et artistique de l’information. Dans les
territoires occupés, les défenseurs des droits humains sont de plus en
plus jeunes, ils prennent le relais des militants vétérans. Le Maroc n’a
pas réussi à effacer l’identité sahraouie de ces nouvelles générations,
pas même des étudiants universitaires, obligés d’étudier dans les
universités marocaines. Il existe un mouvement étudiant sahraoui très
important dans les territoires occupés, qui subit des harcèlements, des
détentions et des emprisonnements. Mais ils continuent.
Le grand problème est peut-être que le
découragement les conduit à prendre des positions en faveur d’un conflit
armé. Certains jeunes appellent à mettre fin à cette situation
d' »impasse » et à reprendre la guerre. Ils en ont assez d’attendre et
c’est compréhensible.
Tu es écrivaine, mais aussi journaliste,
pourquoi avoir choisi le récit, la littérature pour nous parler des
Sahraouis et non la chronique ou le reportage journalistique ?
Ce sont deux façons d’écrire qui sont
presque aussi présentes dans ma création. Ma littérature est très
narrative et j’aime raconter. Et en même temps, mes articles
journalistiques ont toujours un aspect littéraire. En tout cas, Bahia
Awah et moi militons pour l’information depuis 2001, lorsque nous avons
commencé avec Poemario por un Sahara Libre, notre émission de radio qui
est devenue plus tard un blog et que nous continuons. La littérature est
venue plus tard et c’était en partie une conséquence du nombre de
témoignages et d’histoires que nous entendions chaque jour. J’ai
toujours écrit, depuis mon enfance, et si j’ai osé aller plus loin,
c’est parce que je suis convaincue que la littérature et l’art sont une
arme extrêmement puissante pour la diffusion des idées, et bien sûr des
causes. Et par conséquent, ils doivent l’être pour une cause aussi juste
que celle des Sahraouis. w41k.com/155823
Tribune. Le ministre des affaires
étrangères du Maroc, Nasser Bourita, vient de démontrer, une nouvelle
fois, sa maîtrise consommée de l’art de l’enfumage diplomatique, fait
d’omissions volontaires, de demi-vérités et de faits tronqués, pour
revendiquer une illusoire victoire diplomatique à la suite de l’adoption
par le conseil de sécurité de la résolution 2468 sur le Sahara
Occidental.
1- Enfilant la blouse de l’épicier, le ministre compte de manière
enfantine, sur son boulier de circonstance, que le Conseil de Sécurité
mentionne 5 fois l’Algérie dans cette résolution. Il oublie, bien
entendu, de préciser que la Mauritanie est mentionnée autant de fois que
l’Algérie et que les termes « Etats voisins » (neighboring states) sont
mentionnés également 5 fois dans le texte de cette résolution (par
opposition, aux Parties c’est-à-dire le Royaume du Maroc et le Front
Polisario). Cette volonté persistante de distordre des faits bien têtus
illustre bien la fuite en avant du Maroc qui veut absolument changer, à
sa convenance et de manière tout à fait arbitraire et injustifiée, le
format reconnu et adopté par les Nations Unies (deux parties + deux
Etats voisins) en ce qui concerne les deux tables rondes qui se sont
tenues à Genève, en décembre 2018 et mars 2019.
2- Le ministre, excellent anglophone au demeurant, s’est permis un
petit écart, bien volontaire, faut-il le souligner, pour nous imposer
dans sa déclaration triomphaliste du 30 avril, le concept «solution
pragmatique» au lieu et place de «solution réalisable ou praticable» qui
figure pourtant dans la résolution («practicable solution»)
Bien entendu, cette interprétation libre du texte de la résolution
n’est pas fortuite. Elle renseigne sur la volonté du makhzen de vouloir
imposer, vaille que vaille, sa thèse de l’autonomie sous le couvert d’un
soi-disant pragmatisme qui n’existe en fait que dans le registre de la
duperie de circonstance.
3- Évoquant les paramètres retenus dans la résolution, M. Bourita
toujours en bon comptable friand des chiffres, poursuit son exercice
puéril et nous apprend que le terme « compromis » est mentionné 5 fois
dans la résolution. La notion de « réalisme » est reprise, quant à elle,
pas moins de 4 fois, et l’autodétermination » n’est citée qu’une 1
fois, selon notre facturier en chef. D’un point de vue factuel, on
invite notre incorrigible comptable à revoir sa copie puisque
l’autodétermination est citée à deux reprises dans la résolution. Plus
important que cet exercice futile, le sens du « compromis » mentionné
par le Ministre, vaut surtout pour le Maroc qui veut imposer son offre
d’autonomie à la communauté internationale en soutenant crânement qu’en
dehors de « cette option unique », il n’y a rien à négocier. Où est donc
ce sens du compromis dont se targue le frétillant ministre? Son roi ne
cesse-t-il pas de marteler que « L’initiative d’autonomie est le maximum
que le Maroc puisse offrir »? Cette posture dogmatique, inflexible et
obsolète qui est aux antipodes des prescriptions de la résolution du
Conseil de sécurité (qui insiste sur la bonne foi et récuse fermement
les préconditions), est-elle conforme au sens du « réalisme » brandi
fièrement comme un trophée par M. Bourita? Définitivement, non. Le
réalisme voudrait que les propositions des deux parties soient discutées
avec un esprit ouvert afin de trouver une solution politique acceptable
qui satisfait les droits légitimes et imprescriptibles d’un peuple dont
le territoire figure sur les tablettes onusiennes des territoires non
autonomes. Le réalisme suppose la recherche d’éléments de convergence et
la prise en considération de la position et des attentes de l’autre
partie. C’est le b.a.-ba du métier de diplomate (lorsqu’on est de bonne
foi, chose dont on peut douter dans le cas d’espèce)
4- Glosant sur « l’impératif » du recensement de la population du
camp de Tindouf (quand la résolution évoque la « demande d’examen » du
recensement, mais passons) le sémillant ministre oublie deux ou trois
vérités qu’on pourrait résumer succinctement comme suit :
– Sous l’égide du Haut-Commissariat aux réfugiés, une mission
d’experts multi-agences, s’est déplacée en mars 2018 dans les cinq camps
de réfugiés près de Tindouf et dans son rapport, elle a établi le
nombre de la population de ces 5 camps à 173600 réfugiés au 31 décembre
2017 ; ce qui représente un taux de progression de +40% par rapport aux
estimations de 2007. Bien entendu, le Maroc a tout fait pour empêcher la
publication de ce rapport (l’analyse la plus complète jamais réalisée
selon les auteurs du rapport) qui met à mal ses allégations mensongères
visant à induire en erreur l’opinion publique internationale, en
minorant à l’extrême le nombre réel des réfugies. Tous les moyens de
chantage ont été utilisés à Genève pour bloquer la publication de ce
rapport, y compris l’opposition frontale et publique du représentant
marocain qui a été instruit par sa capitale pour faire de l’obstruction
en bloquant les travaux du comité permanent du HCR.
– La résolution insiste sur l’importance la situation des droits de
l’homme au Sahara Occidental et appelle à développer et à implémenter
des «mesures crédibles et indépendantes» pour assurer le respect de ces
droits. Bien entendu, le protecteur français a pesé de tout son poids
pour édulcorer substantiellement ce passage de la résolution (le rapport
du Secrétaire général, étant lui, très explicite puisque ce dernier
recommande « Une surveillance indépendante, impartiale, globale et
soutenue de la situation des droits de la personne est nécessaire pour
assurer la protection de tous les habitants du Sahara occidental »)
– La résolution appelle le Maroc à coopérer avec le haut-commissariat
aux réfugiés pour identifier et promouvoir des mesures de confiance,
tout comme elle l’invite à coopérer pleinement avec la MINURSO, y
compris dans « son interaction libre » avec tous les interlocuteurs.
Encore une fois, le rapport du Secrétaire Général interpelle directement
et fermement le Maroc en lui imputant la pleine responsabilité pour les
entraves multiples et les restrictions nombreuses que rencontre la
MINURSO dans le cadre de la mise en œuvre pleine et entière de son
mandat (pas d’accès aux interlocuteurs sahraouis, écoute des moyens de
communication, imposition de plaques d’immatriculation marocaines aux
véhicules de la MINURSO ce qui remet en cause l’impartialité de la
mission et viole les accords signés avec le Maroc, …) ;
Excédé par cet état de fait, qui perdure en raison du soutien
inconditionnel de la France, le Secrétaire Général a fini par « exhorter
le Maroc à lever ces contraintes et à donner à la Mission libre accès à
ses interlocuteurs locaux » afin de lui permettre de s’acquitter de la
plénitude de son mandat (monitoring politique assuré par la composante
civile de la mission)
5- Se référant au cessez-le-feu, M. Bourita met en exergue une
injonction faite au front Polisario mais en ce faisant, il feint
d’oublier que le Secrétaire général impute à son pays une violation «
majeure » de l’accord militaire Nr 1, en l’occurrence la construction
d’un nouveau mur de la honte à proximité de Mahbes, dans le territoire
occupé du Sahara occidental
6- Les autres points de cette « brillante » communication du ministre
Bourita, que ce dernier se plait à développer sur le mode de
l’incantation et de l’autosuggestion pour mieux cajoler l’opinion
marocaine, sont autrement plus dangereux.
Malgré la double abstention de la Russie et de l’Afrique du Sud qui
démontre, à l’envie, l’absence d’unité parmi les membres du conseil de
sécurité sur une résolution déséquilibrée et dont la teneur est loin
d’être totalement neutre, le responsable marocain décrète souverainement
et péremptoirement que les « paramètres de la solution définitive »
sont ceux qu’il énonce unilatéralement dans son interprétation libre et ô
combien partiale de la résolution 2468 !
Le ministre somme toutes les parties d’assumer pleinement leurs
responsabilités mais dans la stricte et nécessaire conformité aux
desiderata de la partie marocaine! Curieuse conception de la recherche
du compromis (dans le «cadre exclusif de l’initiative d’autonomie»)
quand on préempte de la sorte le statut final des négociations!
7- Le ministre marocain, annonce, subrepticement et avec une rare
fourberie, que son pays va s’arc-bouter sur cette position maximaliste,
présentée faussement comme étant une lecture neutre et objective de la
résolution 2468 du Conseil de Sécurité, pour à la fois :
– mettre la pression sur l’envoyé personnel du Secrétaire Général,
dont il craint les initiatives et les éventuelles propositions de
règlement de ce conflit qui n’iraient pas dans le sens de ses intérêts
de puissance occupante,
– et pour imputer et faire endosser, par anticipation, au front
Polisario et à l’Algérie, l’éventuel échec du processus politique.
Bien entendu, cette démarche irresponsable qui mise sur le fait
accompli, et sur le «ça passe ou ça casse» risque d’abîmer sérieusement
et durablement le processus politique initié par le conseil de sécurité.
Mais qu’importe, puisque le Royaume bénéficie du soutien ferme,
irrévocable et inconditionnel de son parrain français. Par charité
musulmane, en cette veille du mois de piété, on s’interdit de reproduire
la désormais célèbre formule de l’ancien ambassadeur de France, Gérard
Araud, qui résume assez bien la situation de vassalité. Pour ne pas dire
plus.
Important : Les tribunes publiées sur TSA ont pour but de
permettre aux lecteurs de participer au débat. Elles ne reflètent pas
la position de la rédaction de notre média.