2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

dimanche 7 mars 2021

Femme marocaine : qui est-elle vraiment ?

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Histoire, nom féminin. L'histoire s'est longtemps écrite au masculin chez nous. Nous vivons dans une société patriarcale qui a toujours fait en sorte de confiner les femmes. Ces dernières ont lutté sans relâche pour leur émancipation. À la veille du 8 mars, journée internationale des femmes, nous retraçons l'évolution de la gent féminine au Maroc avec un arrêt sur les principaux acquis des Marocaines au fil du temps.

Depuis la fondation de l’État marocain en 789, la femme a occupé une place prépondérante dans les coulisses du pouvoir, à commencer par Kenza Al Awrabiya, épouse de Moulay Idriss 1er et mère de Moulay Idriss II. C’est elle qui sera le trait d’union entre les Arabes et Berbères.
Trois siècles plus tard, l’épouse d’un autre Souverain obtint le titre de Reine. Il s’agit de Zaynab Nefzaouia, connue pour ses précieux conseils au sultan Youssef Ben Tachfine et pour ses redoutables stratégies. Quand Nouamane Lahlou a sorti sa célèbre chanson sur la ville de Chefchaouen, tout le monde s’est interrogé sur cette dame qui bénit la petite ville du nord jusqu’à la fin des temps.
Sayyida Al Hurra (la dame libre) est la fille de Moulay Ali Ben Rached, cité également dans la chanson "Ya Chefchaouen". Née en 1485 à Grenade, elle est issue d’une noble famille musulmane dont le père (Moulay Ali Ben Rached) fut un prince du sultanat des Wattassides régnant sur Chefchaouen. Sayyida Al Hurra régnera sur une autre ville du nord du Maroc pendant 30 ans après la mort de son mari. Gouverneure de Tétouan, elle organisera des expéditions punitives contre les Espagnols et les Portugais après la chute du Royaume de Grenade.
Autre figure féminine avec un fabuleux destin : Khnata Bent Bekkar. Épouse préférée du sultan Moulay Ismaïl (XVIIe siècle), sa forte personnalité lui permit de jouer le rôle de ministre du Souverain alaouite. Après l’intronisation de Moulay Abdellah, elle continua à gouverner pendant 25 ans en dénouant toutes les crises politiques...


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Feu Mohammed V en compagnie de jeunes volontairesFeu Mohammed V en compagnie de jeunes volontaires © DR

Femmes travailleuses

Ce témoignage d’Ibn Ardoun est éloquent : «[à] la campagne […] l’insolence est inouïe, car les femmes sortent sans voile et vont travailler à la forêt, aux pâturages, dans les champs, à côté des bergers et des khemmas (métayers recevant le cinquième des revenus des domaines qu’ils cultivent, NDLR)»Le grand savant Ibn Ardoun a été témoin de la place occupée par les Marocains au XVIe siècle, estimant que cela dépassait les limites du tolérable à cette époque.

 

Premières femmes pilotes

 

Et pourtant, que ce soit dans l'agriculture, l'artisanat ou le commerce, les femmes ont pu au fil des siècles subvenir aux besoins de leurs familles et préparer les futures générations de citoyens marocains. Au fil des décennies, la femme marocaine a investi de nouveaux métiers : pilote de ligne sur les traces de Touria Chaoui (première femme aviatrice du Maroc et du monde arabe, NDLR), conductrice de train, officier de police, chauffeur de taxi ou plus récemment adoul… On remarque une féminisation des professions précédemment occupées uniquement par des hommes.

Du ltame à la mini-jupe

À l'aube de l'indépendance du Maroc, la condition féminine reste marquée par de profondes inégalités, comparée à celle des hommes. Aussi bizarre que cela puisse paraître, la colonisation a exacerbé la masculinité. À partir de là, on observera une lente évolution grâce à l'accélération de l'urbanisation, à la structuration du monde du travail et à la maîtrise de la maternité. Une lente évolution, mais une rupture rapide avec certaines traditions. Les Marocaines indépendantes s'affranchiront tout d'abord du code vestimentaire de leurs mères, imitant ainsi la princesse Lalla Aïcha qui ôta le voile en 1947 déjà.

 



Des fonctionnaires portant le ltame à la fin des années 1950 devant une administration à RabatDes fonctionnaires portant le ltame à la fin des années 1950 devant une administration à Rabat © DR
 Vidéo Youtube

Dans les années 1960, à bas le ltame (voile facial) et la djellaba pour s'afficher dans l'espace public. Jupe, robe, pantalon, puis mini-jupe, font fureur parmi les filles scolarisées et les travailleuses au grand dam des parents conservateurs. Mais jusqu'aux années 1980, la magie de la cohabitation entre conservateurs et modernistes opérait. L'organisation de "Miss Plage" à Casablanca est toujours dans les mémoires de ceux et celles qui ont vécu ces années-là.


Les finalistes du concours Miss Plage organisé dans les années 1980 à CasablancaLes finalistes du concours "Miss Plage" organisé dans les années 1980 à Casablanca © DR

«La belle époque», comme se plaît à le dire un ancien animateur de la Chaîne Inter. Une sorte de parenthèse enchantée.

 Cependant, les "eighties" seront marquées par l'adoption du hijab (nouveau voile) et du niqab (voile intégral), rien à voir avec le ltame qui cachait le nez et la bouche, les cheveux étant cachés par le capuchon de la djellaba. La burqa d'origine afghane fera son apparition dans les années 1990. Aujourd'hui encore, entre habits traditionnels (beldi) et occidentaux (roumi), la rue marocaine offre un spectacle diversifié.

Le mouvement féministe

L'émancipation de la femme marocaine n'est pas le fruit de l'évolution naturelle de la société. Elle découle d'une lutte sans relâche du mouvement des femmes marocaines post-indépendance. Si au cours de la période coloniale, la mobilisation des femmes était basée sur une approche réformiste, mais dont la philosophie était salafiste. Ceci étant, la femme continuera à être perçue comme épouse, éducatrice et mère au foyer. Le mouvement féministe défendra bec et ongles la scolarisation des filles. Après la fin du protectorat, la question des droits des femmes est considérée comme secondaire. En 1969, feu Hassan II eut l'idée de créer l'Union nationale des femmes marocaines (UNFM), et qui sera rebaptisée "Union nationale des femmes du Maroc". Lors de la création de cette union, le défunt Souverain a prononcé un discours dans lequel il a mis l'accent sur sa mission qui était d'abord d'assurer la prééminence de la protection et de l'immunisation des droits de la femme face à toute fluctuation (cf. encadré). Les années 1980 ont vu l'émergence d'autres organisations féminines comme l'Association démocratique des femmes du Maroc (ADFM) ou l'Union de l'action féministe (UAF). Le mouvement de lutte pour la promotion des droits de la femme marocaine, le mouvement "8 mars", a entrepris la même année la publication d'un mensuel qui portait le même nom. C'était là le vrai début de la revendication de l'égalité et de la démocratie en dehors des partis politiques.


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La réforme de la Moudawana

C’est en 1958 que le Maroc se dote d’un Code du statut personnel (la Moudawana) définissant les relations entre les conjoints au sein du couple. Ce code établit des principes inégalitaires entre les deux époux, de la conclusion du mariage pour lequel seule la femme est soumise à la tutelle d’un parent de sexe masculin, jusqu’à la vie de famille dans laquelle l’épouse doit obéissance au mari et chef de cette famille. Cette même loi autorise la polygamie. Quant au divorce, l’époux en a la prérogative alors que l’épouse a droit au divorce judiciaire si l’un de ces cinq préjudices est prouvé : défaut d’entretien, sévices, absence du mari, vice rédhibitoire ou abstinence du mari.

Partant de là, les revendications de réforme du droit de la famille ont vu le jour dès la publication de la Moudawana à la fin des années cinquante. À la fin des années quatre-vingt, les associations des droits des femmes et la gauche marocaine ont mené plusieurs actions pour réclamer une réforme du droit familial avec comme base le référentiel universel des droits humains suscitant des réactions virulentes de la part des conservateurs. En 1992, le Roi, en sa qualité d’Amir Al Mouminine (Commandeur des croyants) nomme une commission chargée de préparer un projet de réforme en tenant compte des revendications des associations féminines, ce qui a donné lieu à la réforme du 10 septembre 1993. Les amendements ont porté essentiellement sur la tutelle matrimoniale qui est devenue facultative pour la jeune fille majeure orpheline de père et sur la limitation de la pratique de la polygamie en la plaçant sous contrôle judiciaire.

Début 2000, un Plan d’action pour l’intégration des femmes au développement est préparé par le gouvernement d’alternance avec comme principaux points : fixations de l’âge légal du mariage à 18 ans pour les deux sexes, tutelle matrimoniale facultative pour la fille majeure, attribution de la représentation légale des enfants mineurs aux deux parents, répartition entre les deux conjoints des biens acquis durant la période de mariage au moment de la dissolution de ce dernier. L’annonce de ces dispositions a suscité une vive réaction au sein de la mouvance islamique. Le 12 mars 2000, une marche soutenant le Plan d’action gouvernemental est organisée à Rabat et une autre manifestant contre ce projet à Casablanca. Suite à ça, le roi Mohammed VI va nommer M’hamed Boucetta à la tête d’une commission chargée de préparer un nouveau Code de la famille...





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Dossier du week-end
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samedi 6 mars 2021

Menace, chantage et mensonge : les trois seules «valeurs» du Makhzen

M6 UE/MarocMohammed VI et sa politique du mensonge ne trompent plus personne. D. R.

Contribution de Sabri Oukaci – Le 2 mars 2021, la CJUE doit se pencher sur le recours en annulation de l’accord de libre-échange UE/Maroc que le Front Polisario a introduit le 27 avril 2019 car il incluait les territoires occupés du Sahara Occidental, en violation flagrante et en contradiction avec le droit international et européen !

Le Front Polisario reproche également au Conseil européen un manquement à l’obligation d’examen de la question du respect des droits fondamentaux et du droit humanitaire international, lors de l’adoption de l’accord de libre-échange UE/Maroc, «le Conseil ne se serait pas interrogé sur la question du respect des droits de l’Homme en territoire sahraoui occupé».

Ces légitimes et très sérieuses accusations dérangent tant le Makhzen qu’elles ont contraint, les 24 et 25 février 2021, le ministre des Affaires étrangères du royaume, Nasser Bourita, à aller prier l’Union européenne de reconsidérer sa position sur le Sahara Occidental, suivi le lendemain par Omar Hilal, le représentant du Maroc à l’ONU, qui a exposé un piètre et grossier rapport dans le but de tenter de convaincre son secrétaire général, Antonio Gutteres, et les membre du Conseil de sécurité qu’Alger serait responsable de tous les maux que vit le Maroc, détournant l’attention sur les conditions de vie des Sahraouis dans la ville algérienne de Tindouf.

Mais comme l’a si bien rappelé le journaliste Nicolas Niarcho le 10 février 2021 sur le New Yorker, si les Sahraouis se sentaient bien au Maroc, pourquoi la plupart des cent soixante-dix mille d’entre eux se sont-ils réfugiés en Algérie et «ne veulent pas retourner sur les terres dont le Maroc s’est emparées» ? avant de répondre sans détour : «Ils craignent la police secrète du royaume !»

Il faut dire que les rapports sur les violations des droits de l’Homme dans les territoires occupés du Sahara Occidental par le Maroc sont nombreux, constatés, vérifiés et documentés.

Le 2 février 2021, un groupe de travail de la Commission des droits de l’Homme des Nations unies a récemment adopté un avis sur l’arrestation, les actes de torture et la détention arbitraire dans la ville de Smara du journaliste sahraoui et défenseur des droits de l’Homme qui milite en faveur du droit à l’autodétermination du peuple du Sahara Occidental, Walid El-Batal.

Le groupe de travail a considéré que «l’arrestation et la détention d’El-Batal semblent être liées à l’expression d’une opinion politique sur la situation du Sahara Occidental et à l’exercice de sa profession de journaliste, en violation de la protection dont il bénéficie en vertu de l’article 19 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme et de l’article 19 du Pacte qui garantissent le droit à la liberté d’expression», avant de conclure que «l’arrestation et la détention d’ El-Batal découlent de l’expression de l’une de ces libertés fondamentales et sont donc arbitraires» !

Un constat qui fait suite à la correspondance envoyée par l’ambassadeur et représentant permanent de l’Afrique du Sud au secrétaire général de l’ONU, le 29 décembre 2020, concernant les décisions de la quatorzième session extraordinaire de la Conférence de l’Union africaine, sur le thème «Faire taire les armes», dont une décision sur la question du Sahara Occidental.

A la fin de l’année 2020, et après plusieurs décennies de statu quo et d’hésitation, l’Union africaine, sous la présidence de l’Afrique du Sud, a voulu récupérer le dossier du Sahara Occidental qui relève jusqu’ici de la responsabilité exclusive des Nations unies.

En plus de ces nouvelles sources d’embarras, il faut noter que la monarchie moyenâgeuse marocaine a lamentablement échoué à placer un représentant parmi les huit commissaires élus par le Conseil exécutif de l’Union africaine (UA). En effet, Mohammed VI espérait voir le candidat marocain Hassan Abouyoub remplacer l’Algérien Smaïl Chergui au poste de commissaire à la Paix et à la Sécurité. Espoir vain !

Les pays africains ont préféré élire le Nigérian Bankole Adeoye à la tête de l’organe décisionnel de l’UA, chargé de la gestion et de la résolution des conflits. Le Nigeria, cet autre poids lourd africain, qui a, depuis 1984, reconnu l’indépendance du Sahara Occidental et rejeté la colonisation des territoires de la RASD par le Maroc.

C’est dire que le Makhzen est mis sous pression avant l’échéance européenne de début mars, et après les graves révélations de diplomates espagnols se demandent si Rabat ne laissait pas des milliers de clandestins partir depuis la ville de Dakhla au sud du Sahara Occidental pour atteindre les côtes espagnoles des îles Canaries pour ainsi faire pression sur Madrid afin qu’elle reconnaisse son offre d’autonomie et une éventuelle souveraineté sur le Sahara Occidental.

Frontex, l’agence européenne pour le contrôle des frontières et le ministère de l’Intérieur espagnol indiquaient que Dakhla représentait le point de départ de 68% des candidats à l’exil à la fin du mois de décembre 2020 et que le flux avait augmenté de plus de 750% !

Comment le royaume chérifien peut-il expliquer que ce territoire désertique de 266 000 kilomètres carrés, dont les deux tiers sont contrôlés par l’armée marocaine, la gendarmerie royale, la police et les forces auxiliaires, puisse constituer une rampe de départ à l’émigration clandestine ? Et que comprendre de cette étrange demande que Rabat fait à l’Espagne et à l’Union européenne, les priant de lui reconnaître une autorité sur le Sahara Occidental et qui confirme de facto que le Maroc se sait non souverain au Sahara Occidental ?

Le royaume avait réintégré l’UA en 2017 avec pour un objectif clair d’«expulser la République arabe sahraouie démocratique [RASD ] des organes de l’organisation», mais cela n’est resté que promesse en l’air.

Depuis, Rabat a décidé de discrètement acheter l’appui de certains pays à travers une aide financière individuelle afin qu’ils reconnaissent la souveraineté du Maroc sur le Sahara Occidental, contournant ainsi les institutions africaines et internationales.

Conséquence, le Maroc se retrouve depuis le 25 février 2020 placé sous surveillance par le Groupe d’action financière (Gafi) pour ses manquements dans la lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme !

Menaces, chantage et mensonges, voilà les seules valeurs que le Makhzen a imposées à la politique du royaume du Maroc, à l’opposé des valeurs du peuple marocain. Jusqu’à quand ?

S. O.

 

Joseph Tual, censuré puis viré de France Télés


Le journaliste d'investigation protestait contre la non-diffusion d'un scoop sur Sarkozy


Il était l'un des rares journalistes de France Télévisions à pratiquer l'investigation, dévoilant régulièrement des informations exclusives, de l'affaire Ben Barka aux affaires Sarkozy. En 2018, Joseph Tual est censuré une fois de plus, et une fois de trop. Il proteste, et finit licencié. Récit.

Le journaliste essaie d'expliquer l'importance de son info

Le 17 mars prochain, Joseph Tual et France Télévisions se retrouveront aux prud'hommes. Le journaliste conteste son licenciement, intervenu suite à un tweet en avril 2018. Dans ce tweet, il protestait contre la non-diffusion de son scoop sur le contenu de l'ordonnance de renvoi des juges d'instruction concernant Nicolas Sarkozy, ordonnance dans laquelle les magistrats pointent un "pacte de corruption" dans l'affaire "Bismuth", qui lui a valu sa condamnation, ce lundi 1er mars 2021, à trois ans de prison dont deux avec sursis. Une non-diffusion de plus. Car entre Tual, Sarkozy et France Télévisions, l'histoire est longue et ponctuée d'ennuis pour le journaliste, ancien reporter de guerre, l'un des rares journaliste des journaux de France Télévisions à enquêter sans complexes sur les sujets les plus sensibles.

2018 : Un beau scoop étouffé par France Télés

En ce mois de mars 2018, Tual sait avec plusieurs jours d'avance qu'il va pouvoir obtenir d'une de ses sources les 131 pages de l'ordonnance de renvoi de Nicolas Sarkozy devant le tribunal correctionnel, signée des deux juges d'instruction du pôle financier. Il l'annonce à sa hiérarchie de France 3, dont il se souvient auprès d'Arrêt sur images qu'elle semble peu intéressée. Le jeudi 29 mars 2018, alors que le renvoi en correctionnelle de Sarkozy fait la Une des médias, il obtient l'ordonnance... mais sait déjà que les enquêteurs du Monde, Gérard Davet et Fabrice Lhomme, mettront eux aussi, bientôt, la main dessus. 

Lire : www.arretsurimages.netarticles › joseph-tual-censure

vendredi 5 mars 2021

Ils soutiennent Auxilia - Yazid Kherfi, un ancien détenu devenu pacificateur social


04/03/2021

Nous avions rencontré voilà plusieurs semaines Yazid Kherfi, médiateur, « guerrier non violent » selon sa propre définition, militant pour la prévention de la violence par le dialogue. Dans l’entretien qu’il nous a accordé, il présente les solutions qu’il met en œuvre pour apaiser une jeunesse en manque de repères, n’hésitant pas à proposer de s’appuyer pour cela sur ceux qui ont, comme lui, connu la prison.

Juste avant publication, il a bien voulu également compléter cette interview en nous livrant son regard sur les rixes mortelles qui ont fait l’actualité de ces derniers jours.

 INTERVIEW

par Stéphane d'Auxilia

Bonjour Yazid.  Vous êtes un professionnel de la prévention de la délinquance. D’où vient votre intérêt pour ce type d’engagement ?

Quand on est passé par la case prison, on devient sensible aux problèmes carcéraux. J’ai été choqué par le fait qu’autant de jeunes des quartiers sont en prison. J’ai pris conscience que quelque chose n’allait pas dans notre société. J’ai alors décidé d’arrêter de faire des conneries et, en sortant de prison, j’ai voulu aider les autres pour qu’ils prennent de meilleurs chemins que ceux que j’avais pris dans ma jeunesse. C’est devenu une vocation ; je connaissais les jeunes des quartiers dits sensibles, je pouvais donc mieux les aider. 

Vous êtes resté incarcéré plusieurs années. Quels sont les éléments qui vous ont aidé à tenir le coup lors de cet enfermement ?

J’ai toujours assumé mes actes. Quand tu ne respectes pas la loi, tu vas en prison, c’est normal. Les lois sont faites pour protéger tout le monde, y compris nous-mêmes. T’as perdu, tu payes. J’ai tenu le coup grâce au soutien de ma famille. Je n’ai jamais été seul. Ensuite, je me suis investi dans les études. Grâce à Auxilia, j’ai obtenu deux CAP (comptabilité et employé de bureau). J’ai pris confiance en moi. Je n’étais pas qu’un voyou. J’ai eu plus d’estime de moi. Je suis devenu quelqu’un.

Vous retournez souvent en prison pour, à travers des ateliers de prévention, discuter avec les détenus. Comment se passent ces rencontres ?

J’ai demandé à intervenir en détention, car je me suis dit que c’était le bon moment pour parler avec les délinquants. C’est en effet l’endroit idéal pour réfléchir sur sa vie ; c’est une parenthèse qui permet de préparer son avenir. On peut changer si on fait les bons choix et si l’on fait des efforts pour retrouver une place au soleil. Je leur transmets mon expérience pour leur montrer que le meilleur est possible. Les détenus m’accueillent avec beaucoup de respect ; voir qu’un ancien prisonnier est devenu enseignant à l’université, ça marque leur esprit. Ils sont reconnaissants que je vienne vers eux. C’est une belle rencontre entre eux et moi.

Parlez-nous de votre action au sein de ‘’Médiation nomade’’. Quel est l’objectif de cette association ? Quel est le rôle de votre célèbre camping-car ?  

J’ai fait le constat que c’était la nuit et le week-end qu’il y avait le plus de problèmes de délinquance. Par exemple, les Maisons des jeunes, les centres sociaux éducatifs ont des horaires administratifs et ferment vers 18 heures. A partir de cette heure-là, les jeunes se retrouvent souvent livrés à eux-mêmes. Il faudrait nous adapter au public et non pas le contraire. C’est ainsi que j’ai décidé d’occuper l’espace public la nuit. Car je me souviens que lorsque j’étais jeune, seuls les voyous m’ont tendu la main ; je voulais changer cela pour les jeunes que j’allais croiser.

Avec mon camion, je parcours les quartiers le soir. On installe des tables et des chaises et on partage des verres de thé à la menthe. Un peu de musique. C’est comme une terrasse de café où on peut discuter en toute confiance. Je suis à l’écoute de chacun ; cette écoute permet de mieux les comprendre. Je suis comme un relais, car je peux ensuite transmettre leurs demandes aux élus et aux travailleurs sociaux.  Je pars du principe que la parole est plus forte que la violence. Les jeunes sont ravis, car ils disent : ‘’T’es là pour nous’’. C’est une action qui s’inscrit dans une logique de paix sociale.

J’ai formé des équipes dans une dizaine de villes (en métropole et aussi à Mayotte) afin qu’elles puissent réaliser les mêmes actions que moi. Les préfectures nous soutiennent bien, car on répond à un réel besoin, alors que les jeunes ont tendance à se détourner des institutions. Je suis surbooké ; j’ai beaucoup de demandes d’interventions dans toute la France.

 Quels sont vos projets associatifs pour les mois à venir ?

J’aimerais ouvrir une université de la criminologie en prison, une école de formation à la prévention de la délinquance où je pourrais être formateur, avec des psychologues et d’autres acteurs de la justice. Je suis persuadé qu’énormément de gens pourraient faire ce que je fais dans les prisons.

De plus, étant donné que peu de monde travaille dans les quartiers le soir, il y aurait là une opportunité d’emploi. Un ancien délinquant peut aider les plus jeunes motivés à ne pas tomber dans les erreurs que lui a faites dans le passé. J’ai envie de former des guerriers non violents qui n’ont pas peur de travailler la nuit et de discuter avec les jeunes. Les acteurs actuels dans les quartiers ne sont pas assez formés et sont en grande difficulté. La formation que je souhaite mettre en place permettrait aux détenus de sortir en conditionnelle s’ils obtiennent leur diplôme ; en lien avec les mairies, on les aiderait à trouver un travail et un logement. Ce sont de beaux projets de sortie.

Quel est votre sentiment sur les drames de ces derniers jours et ces rixes mortelles lors d’affrontements entre bandes ? Comment cela pourrait-il être évité ?

Mon constat est qu’il manque des adultes sur l’espace public. Ce ne sont pas les policiers qui régleront cela, ce n’est pas possible. Ils ne peuvent pas être partout. En plus les jeunes et les policiers ne communiquent pas. Il faudrait des médiateurs sur le terrain. Actuellement la situation est d’autant plus compliquée qu’à mon niveau, je ne peux plus aller sur le terrain en raison du couvre-feu. Je suis en chômage partiel. Il y a des problèmes dans les quartiers, mais en tant que médiateurs, nous n’avons pas la possibilité d’agir ; en temps normal nous sommes surtout présents le soir, mais là ce n’est plus possible. Je regarde aux informations ce qu’il se passe et on m’invite sur les plateaux télé : c’est une aberration !

On sentait venir cette situation depuis longtemps ; les jeunes vont de plus en plus mal. Plus cela va mal, plus ils se sentent en insécurité, et plus ils ont tendance à se regrouper entre eux. Ils se sentent protégés par la bande. Pour exprimer leur mal-être, il leur faut un bouc émissaire, et c’est plus facile quand c’est la personne d’en face.

Néanmoins, il y a toujours de l’espoir. Tant que nous aurons la possibilité d’agir, l’espoir demeurera. Mais, il n’y a pas que les jeunes qui doivent changer, il y a aussi le comportement des adultes et la nécessaire remise en cause des acteurs sociaux ainsi que des politiques. Il faut mettre les choses à plat pour voir ce qui va et ne va pas. Car à chaque fois qu’il y a un problème, on répond par la sécurité. C’est comme si on disait aux parents : « S’il y a un souci avec vos enfants, il faut les frapper ». Souvent la réponse est « On va mettre plus de policiers », mais la bonne réponse n’est pas plus de policiers. C’est la prévention qui est vraiment nécessaire. Arrêtons de mettre autant d’argent dans la sécurité, et mettons-en plus dans la prévention.        

Merci beaucoup Yazid d’avoir répondu à nos questions ; c’est un honneur. Pour conclure, quels messages souhaiteriez-vous laisser aux formateurs bénévoles d’Auxilia ainsi qu’aux détenus apprenants d’Auxilia ?

Je n’ai jamais oublié l’aide qu’Auxilia m’a apportée lors de ma détention. Je suis très reconnaissant et je dis un grand merci à Auxilia et à tous ses bénévoles qui sont porteurs d’espoir. En ce qui concerne les détenus, je les encourage à suivre des cours auprès d’Auxilia afin que leur temps d’incarcération soit utile. Il faut faire autre chose que de regarder la télé ou jouer aux cartes, il faut utiliser son temps pour préparer et réussir sa sortie.

 Pour aller plus loin : 

 

 

Tlaxcala : Cinquante jours de grève de la faim et pas une lueur d'humanité pour le prisonnier sahraoui Haddi et sa mère

Cristina Martínez

Tlaxcala : Fausto Giudice Фаусто Джудиче فاوستو جيوديشي

La mère de Mohamed Lamine Haddi attend depuis 4 jours devant la prison de Tiflit 2 pour voir son fils qui fait une grève de la faim depuis 50 jours. Elle a parcouru 1 300 km depuis El Ayoun - Sahara occidental occupé - jusqu'à Tiflit - Maroc - près de Rabat.

 

Ils ne la laissent pas le voir ni lui donnent de nouvelles. Depuis le samedi 27 février, elle se trouve à Tiflit, une prison marocaine réputée pour ses atrocités. Menina, la mère du journaliste Haddi, s'est rendue à la prison lundi. Ils l'ont faite entrer, l'ont faite attendre, puis ont dit qu'il n'était pas possible de lui rendre visite. Mardi, cela n'a pas été possible non plus. Elle ne sait plus si son fils est vivant. « S'il est encore vivant, ils devraient nous permettre de lui rendre visite ; et s'il est mort, ils devraient nous donner ses restes. »

Menina se démène. Elle est allée à la Direction de l'administration pénitentiaire. Et elle a rencontré l'AMDH, l'Association marocaine pour les droits de l'homme. Sans résultats. Elle continuera à essayer.

Des initiatives sont prises pour le sort de Haddi. L'Association Sahraouie de la Communauté de

Madrid et le Collectif ESPISAHARA ont commencé une collecte de signatures sur la plateforme change.org, demandant l'intervention d'Amnesty International, du gouvernement espagnol et du Conseil des droits de l'homme des Nations Unies. Dimanche, il y a eu une manifestation devant l'ambassade du Maroc à Madrid. Le Mouvement pour les prisonniers politiques sahraouis maintient une présence quotidienne devant le ministère des Affaires étrangères, témoignage de la responsabilité espagnole. De nombreuses associations et parlementaires ont soutenu l'appel du CODESA - Collectif des défenseurs sahraouis des droits de l'homme au Sahara occidental - demandant à la Croix-Rouge internationale d'agir. L'Observatoire pour la protection des défenseurs des droits de l'homme, un programme conjoint de l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et de la FIDH, demande leur libération, une enquête et des signatures. La gauche du Parlement européen a posé une question à la Commission, s'inquiétant de la violence dans les territoires occupés et demandant qu'une délégation rende visite à Haddi. La Délégation sahraouie pour l'Espagne lance un appel pour sauver la vie de Haddi. Elle demande l'intervention de la Croix-Rouge internationale et souligne le devoir légal et moral de l'Espagne de se conformer au droit international.

Déjà, en 2017, le groupe de travail sur la détention arbitraire et plusieurs rapporteurs spéciaux sur les droits humains, la torture, la liberté d'expression, entre autres, ont décrit les tortures et les violations du droit à un procès équitable des personnes condamnées pour Gdeim Izik, un groupe auquel Haddi appartient ; et ils ont ajouté que ces violations étaient dues à l'exercice par les Sahraouis de la liberté d'expression et d'opinion. On en est restés là. Une telle reconnaissance explicite n'a pas eu de conséquences.

Mohamed Lamine a été condamné dans le procès grotesque de Gdeim Izik à 25 ans, dont il a purgé 10. Il a commencé la grève à cause des conditions de détention, qui étaient in...

 lire : Url: http://www.tlaxcala-int.org/article.asp?reference=30951

Maati Monjib en grève de la faim (son communiqué depuis la prison de Salé)

Communiqué :Maati Monjib en grève de la faim
https://maatimonjib.net/2021/03/05/maati-monjib-en-greve-de-la-faim-son-communique/

J’entame une grève de la faim à compter du jeudi 4 mars 2021 à 16h00.m, pour exprimer un appel au secours à l’opinion publique suite à la persécution  et l’injustice qui me sont infligées par le régime politique marocain.

 
J’entame la grève de la faim pour protester contre :
 1) Mon arrestation arbitraire le 29 décembre 2020. En conjonction avec mon procès dans le plus grand secret 24 heures après mon arrestation, je n’ai pas été convoqué et ma défense n’a pas été informée de cette audience qui concerne le procès où je suis accusé d’« atteinte à la sécurité de l’Etat », qui a été lancé en 2015 et a continué à être systématiquement reporté jusqu’à mon arrestation pour commencer, et finalement me condamner par contumace après une audience à laquelle je n’ai pas été convoqué et ma défense non plus. Mon arrestation arbitraire visait à me condamner par contumace afin que je ne puisse pas me défendre.


 2) L’intervention illégale du  Conseil supérieur du pouvoir judiciaire, qui a annoncé son approbation du verdict prononcé contre moi par contumace, et en insinuant des orientations aux juges sachant que mon dossier est toujours ouvert dans les tribunaux, ce qui constitue un précédent dans l’histoire de la justice marocaine.


3) La  diffamation qui me frappe moi et ma famille, de la part des médias dépendants des organes sécuritaires et les médias publics,  en violation flagrante de ma dignité et de la présomption d’innocence.
J’assure l’opinion publique nationale et internationale que je suis totalement innocent des accusations malveillantes qui visent à saper ma crédibilité en tant que journaliste et écrivain d’opinion. La raison de toute cette persécution est mes écrits critiques à l’égard du régime et sa police politique et de mes activités en matière de droits de l’homme, y compris mon soutien aux détenus du mouvement Hirak du Rif et aux journalistes détenus injustement sous couvert de crimes de droit commun.

Prison Al Arjat 2, Salé le 04 mars 2021
Maati Monjib 

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 Salah Elayoubi

Suite à la grève de la faim entamée par Maati Monjib, l’administration pénitentiaire a émis un démenti officiel faisant état du fait que le détenu avait bien pris ses repas normalement, en date du 5 mars.
J’ai de la peine à imaginer que ce régime en soit à ce point terrorisé par un seul homme qu’il en est réduit à se fendre de ce genre de démenti. On aurait pu faire l’économie de tout ce gâchis en épargnant à Maati Monjib, sa famille et ses amis cette épreuve et cette injustice qui finiront par se retourner fatalement contre le régime marocain comme c’est le cas après l’adoption par l’American Historical Association (AHA) de l’universitaire et la promesse de l’association de tout faire pour défendre son cas auprès des institutions américaines. Sale temps pour Mohammed VI.

mardi 2 mars 2021

Le Maroc épinglé pour blanchiment d’argent


Le Maroc épinglé pour blanchiment d’argent

Le Groupe d’action financière (Financial Action Task Force) a annoncé ce jeudi 25 février sa décision d’ajouter quatre pays, dont le Maroc, à sa liste grise afin de mieux les surveiller. Ladite liste inclut les pays qui ont manqué à leurs engagements en termes de lutte contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.  

Outre le Royaume, le Sénégal, le Burkina Faso et les Îles Caïmans se sont engagés à mettre en œuvre des plans d’action dans des délais impartis pour améliorer leur situation.

Par H.L.B, Publié le 26/02/2021, mis à jour le 01/03/2021         

 

Crise Berlin-Rabat : pourquoi l’Allemagne irrite tant le Maroc


Sahara occidental, négociations sur la Libye, activité des fondations allemandes… Alors que Rabat a décidé de « suspendre tout contact » avec l’ambassade d’Allemagne au Maroc, les médias marocains évoquent « un cumul de faux pas »

Pa Salek Bachir,  2 mars 2021 -

La lettre n’était pas destinée à être diffusée mais elle a pourtant été divulguée dans plusieurs médias marocains.

Dimanche, le chef de la diplomatie marocaine Nasser Bourita a ainsi détaillé dans un courrier au chef du gouvernement Saâdeddine el-Othmani la décision de Rabat de « suspendre tout contact » avec l’ambassade d’Allemagne au Maroc, en raison de « malentendus profonds » avec Berlin sur différents dossiers, dont la question du Sahara occidental.

Tous les « départements ministériels sont priés de suspendre tout contact, interaction ou action aussi bien avec l’ambassade d’Allemagne au Maroc qu’avec les organismes de coopération et les fondations politiques allemandes qui lui sont liés », indique ce courrier officiel. 

« Le ministère des Affaires étrangères a également pris la décision de suspendre tout contact ou démarche avec l’ambassade », poursuit la lettre évoquant de « profonds malentendus » avec l’Allemagne au « sujet de questions fondamentales pour le Maroc.

« Le Maroc souhaite préserver sa relation avec l’Allemagne, mais c’est une forme d’alerte exprimant un malaise sur de nombreuses questions », a confirmé à l’AFP un haut responsable du ministère des Affaires étrangères joint par l’AFP lundi soir. « Il n’y aura pas de contact tant que des réponses ne seront pas apportées sur différentes questions qui ont été posées », a-t-il souligné.

Quels sont ces points de friction ?

La position allemande sur le Sahara occidental

Selon le haut responsable des Affaires étrangères, la position de l’Allemagne sur le Sahara occidental serait au cœur de ces tensions. 

Berlin, « drapé derrière la formule diplomatique consacrée de la ‘’solution politique juste, durable et acceptée entre les deux parties sous les auspices des Nations unies’’ », comme le rappelle le site marocain Yabiladi, n’a pas caché ses réserves sur la décision de Donald Trump de reconnaître la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental en échange d’une normalisation des relations diplomatiques entre le Maroc et Israël. 

 Lire : www.middleeasteye.netactu-et-enquetes › maroc-allemagne ...

« Être porte-plume [des résolutions sur le Sahara occidental] vient avec de la responsabilité. Cela s’accompagne d’un engagement fort pour résoudre un problème, il faut être juste, il faut être impartial, il faut avoir à l’esprit l’intérêt légitime de toutes les parties et il faut agir dans le cadre du droit international », avait déclaré l’ambassadeur allemand à l’ONU Christoph Heusgen le 24 décembre. « La solution définitive du problème doit s’effectuer dans un cadre onusien, conformément aux résolutions internationales y afférentes », avait-il aussi insisté.

Et alors que dans les milieux diplomatiques, il ne fait aucun secret que Berlin refuse de changer de position sur le sujet, le site d’informations marocain leDesk rapporte une autre anecdote qui aurait « fortement déplu à Rabat » : samedi 27 janvier, le drapeau du Front Polisario a été hissé quelques heures devant le Parlement régional allemand de Brême après l’appel du nouveau président autrichien de l’intergroupe pour le Sahara occidental, Andreas Schieder, à l’Union européenne et au Comité international de la Croix-Rouge pour qu’ils réagissent aux « exactions » du Maroc. 

La mise à l’écart des négociations sur la Libye

Avant cela, Rabat n’avait déjà pas apprécié d’être tenu à l’écart, tout comme la Tunisie, de la conférence internationale sur la Libye à Berlin en janvier 2020. Et le Maroc avait, à l’époque, officiellement exprimé son « profond étonnement » via un communiqué des Affaires étrangères. 

« Le royaume a toujours été à l’avant-garde des efforts internationaux pour la résolution de la crise libyenne. Le royaume ne comprend ni les critères, ni les motivations qui ont présidé au choix des pays participant à cette réunion », avait-il rappelé en taclant l’Allemagne, ce « pays hôte qui, loin de la région et des complexités de la crise libyenne, ne saurait la transformer en instrument de promotion de ses intérêts nationaux ». 

Libye : le Maroc exclu du dossier après des années de lobbying
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Si bien qu’en octobre 2020, Nasser Bourita avait décliné l’invitation de son homologue allemand à une nouvelle conférence en marge de l’Assemblée générale des Nations unies.

« Cette invitation intervient comme une tentative d’intrusion par effraction, à un moment où se tient à Bouznika [cycle de pourparlers initié par le Maroc en septembre] une nouvelle session du dialogue inter-libyen », notait alors le site  le360.

Début décembre, le chef de la diplomatie marocaine Nasser Bourita avait salué dans un communiqué « l’excellence de la coopération bilatérale entre les deux pays » après un entretien téléphonique avec le ministre allemand de la Coopération économique et du Développement, Gerd Müller.

Berlin venait alors de débloquer une enveloppe de 1,387 milliard d’euros d’appui financier, dont 202,6 millions d’euros sous forme de dons, le reste sous forme de prêts bonifiés, en soutien aux réformes du système financier marocain et en aide d’urgence pour la lutte contre le COVID-19.

L’ « ingérence » des fondations allemandes

Un autre sujet de tension mine depuis plusieurs années les relations entre les deux pays : les fondations politiques allemandes. 

En décembre 2019, la lettre confidentielle Africa Intelligence révélait que le ton était monté d’un cran entre Rabat et Berlin à propos des fondations Konrad Adenauer, Friedrich Ebert, Friedrich Naumann et Hanss Seidel et que la négociation du « partenariat pour les réformes multisectorielles » avait été interrompue.

« Ce programme richement doté – 571 millions d’euros pour la période 2020-2022 – avait pourtant fait l’objet d’un mémorandum signé le 29 novembre à Berlin. Parties prenantes de ces discussions, les fondations demandent d’obtenir un statut spécifique au Maroc, qui les considère comme de simples associations », expliquait la lettre. 

Mais cette revendication, portée par l’ambassadeur d’Allemagne à Rabat Götz Schmidt-Bremme, avait été rejetée par le ministre de l’intérieur, Abdelouafi Laftit, et celui des affaires étrangères, Nasser Bourita. Les subventions qu’elles accordent à certaines ONG marocaines - dont l’Association marocaine des droits de l’homme (AMDH) - constituant, selon le ministère de l’Intérieur, une « ingérence ».

En 2015, l’ancienne directrice de la fondation Friedrich Naumann au Maroc, Andrea Nüsse, avait quitté le Maroc, selon son entourage « à la suite de pressions des autorités marocaines », rappelle leDesk. « Les autorités marocaines lui avaient donné un délai de 24 heures pour quitter le territoire, sa présence au Maroc n’était plus souhaitable. Les autorités auraient pris cette décision en raison du soutien apporté par la fondation allemande à des activités considérées comme ‘’nuisibles aux intérêts de l’État’’. »

Le cas Mohamed Hajib

Plusieurs médias marocains évoquent enfin un autre sujet de discorde : l’affaire du germano-marocain Mohamed Hajib. 

Arrêté en 2009 lors d’un voyage au Pakistan, Mohamed Hajib, d’abord détenu sur place puis arrêté en Allemagne avant d’être relâché à la condition qu’il retourne au Maroc, avait été condamné à dix ans de prison – une peine ramenée deux ans plus à cinq ans – pour des infractions liées à du « terrorisme ».

Libéré en 2017, il avait à sa sortie de prison réclamé 1,5 million d’euros de dommages et intérêts à l’Allemagne, qu’il accuse de l’avoir poussé vers le Maroc en 2010, où il dit avoir été torturé.

« Je dors rarement la nuit parce que j'ai peur de rêver. Les autorités allemandes ont détruit ma vie», avait-il confié à des médias allemands Spiegel et Tagesschau.de.

Alors qu’il purgeait sa peine au Maroc, Amnesty International avait, en 2011, exhorté les autorités marocaines à enquêter sur des allégations indiquant que Mohamed Hajib avait été torturé et menacé de viol pendant sa détention.

Après un examen détaillé de l’affaire, le Conseil des droits de l’homme de l’ONU était parvenu à la conclusion que l’arrestation de Hajib était arbitraire et avait appelé en 2012 le gouvernement marocain à le libérer immédiatement et à l’indemniser.

Installé aujourd’hui en Allemagne, il avait annoncé en août 2020 sur Facebook faire l’objet d’un mandat d’arrêt international lancé par le Maroc. Le 8 février 2021, il s’était réjoui dans un tweet qu’Interpol retire son nom de la liste des personnes recherchées, qualifiant cette décision de « coup dur pour la police marocaine ». 

 

Omar Radi, journaliste d’investigation marocain fait partie des trois finalistes du Prix Liberté 2021.

Pourquoi Omar Radi, poursuivi par la justice marocaine, reste en lice pour le Prix Liberté à Caen

Le samedi 13 février 2021, le jury du prix Liberté remis à Caen a sélectionné trois personnalités en lice pour l'édition 2021. Parmi elles, Omar Radi poursuivi par la justice.

 Le journaliste Omar Radi interpellé dimanche soir - L'Orient-Le Jour

Omar Radi, journaliste d’investigation marocain fait partie des trois finalistes du Prix Liberté 2021.

Pour la troisième année, le Prix Liberté remis à Caen (Calvados) va récompenser une personnalité et surtout le combat pour la liberté, pour les droits de l’homme qu’elle porte. 

Le samedi 13 février 2021, 30 jeunes de 15 à 25 ont choisi trois lauréats en lice parmi 370 propositions. Il s’agit de Sonita Alizadeh, Agnes Chow et Omar Radi. Le choix de ce dernier a fait réagir. 

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Des accusations de viol pèsent sur lui

Ce journaliste d’investigation marocain de 34 ans a écrit plusieurs enquêtes sur l’injustice sociale au Maroc.  Il a aussi révélé une vaste affaire de corruption impliquant des ministres et des conseillers du roi. En juillet 2020, il est placé en détention préventive. Il est poursuivi pour « financements étrangers », « atteinte à la sécurité intérieure de l’Etat » et pour « viol ». 

« Il a bien évidemment été question de ces accusations qui pèsent sur lui », explique Jonas Bochet, directeur de l’Institut des international des Droits de l’homme et de la paix basé à Hérouville Saint-Clair.

La présomption d’innocence

Au moment de faire leur choix, les jeunes ont argumenté et contre argumenté pour savoir si le combat pour la liberté qu’il mène était intéressant par rapport aux faits qui lui sont reprochés.

À ce stade il ne s'agit que d'accusations. Il y a toujours la présomption d'innocence. Des associations comme Reporters sans Frontières ou Human Rights Watch ont dénoncé l'instrumentalisation au Maroc d'affaires de mœurs pour réduire des journalistes au silence. 


 

lundi 1 mars 2021

Sahara Occidental : Un journal sioniste le suggère en termes clairs et directs : Biden pourrait revenir au plan-Baker

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 Sale temps pour le roi Mohamed VI. Au moment où la RASD (république arabe sahraouie populaire célèbre en grandes pompes et à travers toute la planète le 45e anniversaire de la naissance de celle-ci à travers une incommensurable démonstration de force, c’est carrément la presse sioniste qui vient rajouter une couche à la terrible débandade qui a gagné les dirigeants du royaume chérifien depuis que l’armée d’occupation marocaine a ouvert la boite de Pandore en rompant unilatéralement l’accord de cessez-le-feu conclu avec le Polisario en 1991.

Et c’est le journal sioniste Haaretz qui vient de finir de planter le dernier clou dans le cercueil du souverain chérifien. Il confirme ainsi, et de la manière la plus formelle qui soit, ce que prédisait l’analyste Yahia Zoubir dans l’entretien qu’il nous avait accordé depuis plusieurs semaines. Pour lui, en effet,  l’entité sioniste ne va jamais se mouiller dans les entreprises aventureuses et suicidaires du roi Mohamed VI.

C’est la raison pour laquelle cette entité ne compte pas de sitôt ouvrir une représentation consulaire au niveau des territoires occupés sahraouis. Elle a laissé Mohamed VI griller ses vaisseaux et ses atouts tout seul, sans jamais l’accompagner, ni le soutenir, dans  sa trahison de la cause palestinienne, et son abandon des lieux saints d’Al Qods.

Et c’est ce journal sioniste qui vient nous annoncer que l’abandon de l’annonce de Trump sur la prétendue « marocanité du Sahara Occidental », qui ne fait pratiquement de doute pour personne, a toutes les chances d’être remplacé par la feuille de route proposée en 2003 par l’américain James Baker, qui occupait à l’époque le poste d’envoyé spécial du secrétaire général de l’ONU pour le Sahara Occidental.

Si cette annonce venait à se préciser, elle constituerait à coup sûr une immense victoire pour la cause sahraouie. L’ambassadeur de la RASD basé à Alger, Abdelkader Taleb Omar, dans un récent entretien accordé à La Patrie News, avait en effet rappelé que ce plan, accepté par le Polisario, représentant légitime du peuple sahraoui, représentait une sorte de « moindre mal » pour la cause sahraoui, attendu qu’il prévoit malgré tout la tenue d’un référendum d’autodétermination de ce dernier.

Le Maroc avait même voulu à cette époque imposer près de 60.000 colons marocains en les faisant passer pour « sahraouis ». Ironiquement, notre interlocuteur avait expliqué que dans le cas où le peuple marocain avait à choisir librement son destin, il rejetterait à coup sûr, par trop rongé par la corruption, l’injustice sociale et les richesses détournées. Le retour à une solution démocratique, et relativement conforme au droit international, peut de ce fait satisfaire, ne serait-ce qu’en partie, les revendications du front Polisario.

En attendant, la riposte armée et militaire de l’APLS  se poursuivra inexorablement, car il n’est pas question pour le peuple sahraoui  de se laisser berner et bercer encore près d’un demi-siècle supplémentaire. Avis….

Mohamed Abdoun