samedi 3 février 2018

« Le colis refusé », une lettre ouverte au Ministre de la Justice du Maroc

Luk Vervaet à Solidarité Maroc
7 h ·
Marie-Jo Fressard Lettre ouverte au Ministre de la Justice et des Libertés Administration pénitentiaire et de la réinsertion P...
familiesfriendsassociation.blogspot.com

La liberté de la presse étouffée au Maroc à cause de la révolte du Rif

par Youssef Ouled يوسف أولاد
Traduit par Fausto Giudice, Tlaxcala
Original: Cerco a la libertad de prensa en Marruecos por las protestas sociales del Rif


Le régime alaouite a emprisonné sept journalistes et communicants critiques qui ont couvert les manifestations, tout en expulsant les correspondants étrangers qui tentaient de faire des reportages sur le mouvement Hirak.
Entre 1981 et 1984, des « émeutes de la faim » eurent lieu au Maroc : un soulèvement populaire qui finit par être écrasé par la répression violente du gouvernement, en particulier dans la région du nord, le  Rif. Les médias nationaux gardèrent  le silence, tandis que les dizaines de journalistes étrangers tentant  de couvrir ces événements furent interdits d'entrée.
La semaine dernière a marqué le 35ème anniversaire de ces événements dans un contexte similaire, où la répression des protestations sociales et l'obstruction au travail des journalistes a été une constante lors des manifestations dans le Rif. Ce mouvement dure depuis plus de 14 mois et a provoqué des dizaines de procès et de condamnations, non seulement de militants, mais aussi de journalistes et de communicants qui l'ont raconté..
Les autorités marocaines utilisent les lois sur la presse pour faire taire les médias indépendants, les tribunaux ont suspendu des sites ouèbes d'information et leurs rédacteurs en chef ont été condamnés à des amendes pour « fausses nouvelles » et « diffamation ». Ces mesures ont conduit Human Rights Watch à dénoncer la régression en termes de droits et libertés publics après une année 2017 marquée par les manifestations. Ces manifestations ont été durement réprimées et leurs acteurs emprisonnés, « battus et maltraités », impliqués dans des « procès inéquitables », disent les critiques. Pour sa part, Freedom House souligne le manque de liberté d'expression et de droit de réunion pacifique, vu la répression et les incarcérations indiscriminées. Dans son index annuel des libertés l’organisation US classe le Maroc dans la catégorie des pays « partiellement libres », en abaissant sa notation du fait de la «  réponse sévère de l'État à de grandes manifestations dans plusieurs régions du pays ».
Mohamed El Asrihi
 L'œil du Rif en prison
Mohamed El Asrihi est l'un des sept journalistes emprisonnés pour avoir couvert les manifestations du Mouvement populaire rifain (Hirak). « Il a toujours été l'œil du Rif, cela fait des années qu’il documente ce qui se passe », explique sa sœur Awatif. Le nouveau Code de la presse et des publication approuvé l'année dernière par le Parlement marocain a éliminé certaines peines de prison pour délits d’opinion en maintenant ceux qui passent les « lignes rouges » : atteinte à la religion, à la monarchie ou à l'intégrité territoriale du royaume, entendez toute allusion au Sahara occidental. Même si ce code a constitué une amélioration significative par rapport à la loi de 2002 sur la presse, il punit les infractions non-violentes ou permet de suspendre des publications ou des sites ouèbes par ordre judiciaire.

Semaine sur Solidmar : moments forts du 28/1/2018 au 4/2/2018

Etienne et Moussa : une seule Humanité !





Rappel, 18/12/2017

Nous publions ci-après un article du Dauphiné Libéré qui parle de notre ami (et rédacteur citoyen d’Alp’ternatives) Etienne Trautmann. Il a publié pour nous 3 articles sonores « Enquête de solidarité » qui marque son attachement à une hospitalité sans limite. (col de l’échelle#1; Briançon #2; Veynes #3 ).


0« Et tandis que la cordée évoluait pour soutenir la cause des migrants, l’un d’eux a bien failli mourir de froid, à quelques centaines de mètres seulement. Une triste ironie qui démontre comme la solidarité est bien une histoire de vie ou de mort. 

Étienne Trautmann, co-organisateur de l’événement sous l’égide des Citoyens Professionnels de la Montagne Solidaire n’a pas hésité à venir en aide à Moussa, 22 ans, prisonnier des neiges. 

 « Il avait le numéro d’un ami à moi, je ne sais ni comment ni pourquoi, mais ça lui a sauvé la vie. Mon ami m’a appelé pour me prévenir, et j’ai quitté le groupe de la cordée aussitôt pour le chercher dans un couloir d’avalanche. Les migrants empruntent souvent les pentes très raides, parce que la neige est plus dure. » explique-t-il. Étienne a aussitôt appelé le PGHM, prêt à intervenir si un accident était avéré. Et il lui a fallu 1h15 de marche pour trouver le malheureux :  » J’ai essayé de suivre des traces, de jumeler, et j’ai enfin entendu une voix faible. Je l’ai trouvé pieds nus, frigorifié, incapable de faire un pas de plus. J’ai rappelé aussitôt le PGHM, qui devait déjà être parti. En deux minutes, ils étaient là, et ils ont été extraordinaires. » explique Étienne avec une émotion perceptible. Le jeune homme, originaire de Guinée Conakry, a été hélitreuillé puis est entré en urgence à l’Hôpital des Escartons, en état d’hypothermie et avec des gelures de niveau 2 au pied gauche.
 Étienne s’est enquis de son état toute la journée. Avec humilité, il confiait son sentiment : « Je suis professionnel depuis 25 ans, et je serais incapable de faire ce qu’il a fait. On ne peut pas gravir des montagnes de neige comme ça, encore moins avec des petites baskets. C’est là toute l’alerte qu’on essaie de donner : c’est bien trop dangereux. Comme il m’a dit, c’est son troisième traumatisme, après avoir survécu à la traversée de la Libye, puis à celle de la Méditerranée, il a bien failli mourir dans la neige. Il faut arrêter de jouer au chat et à la souris avec les forces de l’ordre. Ce n’est pas de leurs faits, ils suivent des instructions, mais des vies sont en danger. Aujourd’hui, on est encore passé à côté d’un drame. » »
Valérie Merle





L’Abbé Pierre en colère contre les riches : un discours puissant

 “Les premiers violents, les provocateurs, c’est vous !” L’Abbé Pierre en colère...

Dénonçant la violence des milliardaires qui se donnent bonne conscience, ce jour-là, le fondateur d'Emmaüs n'a pas caché son immense colère.

Soutenez notre projet et notre équipe !

Il est des discours puissants qui ne vieillissent jamais. Des discours forts et percutants qu’il vaudrait mieux réécouter pour ne pas oublier. Celui-ci, incontestablement, en fait partie. Prononcé par L’Abbé Pierre un jour de grande colère, il dénonce avec panache et passion cette poignée d’ultra-riches qui s’accaparent toutes les richesses tandis que des populations entières crèvent de faim. Des mots intenses et électrisants qui, malheureusement, n’ont pas pris une ride.

« Ceux qui ont pris tout le plat dans leur assiette, laissant les assiettes des autres vides, et qui ayant tout disent avec une bonne figure « Nous qui avons tout, nous sommes pour la paix ! », je sais ce que je dois leur crier à ceux-là : les premiers violents, les provocateurs, c’est vous !
Quand le soir, dans vos belles maisons, vous allez embrasser vos petits enfants, avec votre bonne conscience, vous avez probablement plus de sang sur vos mains d’inconscients, au regard de Dieu, que n’en aura jamais le désespéré qui a pris les armes pour essayer de sortir de son désespoir.
Mais nous ne trompons pas, il n’y a pas de violence qu’avec des armes, il y a des situations de violences.
Il y a tel et tel peuple du monde que je connais très bien, où j’ai été tant de fois et où il n’y a plus aucune espérance pour la foule des plus petits. Aucune espérance d’apprendre à vivre. Et j’avais crié, vous les riches – il y a des riches qui sont honnêtement riches – vous avez le devoir de dépenser.
Ceux qui stockeraient dans des coffres de banque de l’or, des bijoux, qui les accumuleraient comme un trésor. Car la fortune dans les temps d’épreuve doit être partagée, venant au secours en créant des entreprises viables pour donner de l’emploi et du salaire. »
Le même discours, à la virgule près, pourrait de nouveau être prononcé aujourd’hui. Car, plus le temps passe, plus il dit vrai. Rappelons notamment que, en 2017, 82% de la richesse produite s’est retrouvée « dans les poches des plus riches de la planète qui représentent 1% de la population ». (Source : Le Figaro)
Source : Fondation Abbé Pierre
L’Abbé Pierre n’est plus là pour crier, mais son message résonne encore, plus fort que jamais. À l’image des richesses, certaines colères devraient être mieux partagées. 

Pour aller plus loin, lire La Violence des riches, disponible notamment chez les Librairies Indépendantes, sur Amazon ou à la Fnac.

vendredi 2 février 2018

Le Maroc se trouve moralement et politiquement en dehors de l’Union Africaine

"Par son occupation du Sahara occidental, le Maroc se trouve moralement et politiquement en dehors de l’Union Africaine bien qu’il en soit techniquement membre" (diplomate)

 

Paris, 01 fev 2018 (SPS)
 Le Représentant du Front Polisario en France, Oubi Bouchraya a indiqué jeudi, que le Maroc, par son occupation illégale du Sahara occidental se trouve moralement et politiquement en dehors de l’UA bien qu’il soit techniquement membre de cette organisation, selon une déclaration à la presse rendu publique le même jour.
"Par son occupation du Sahara occidental, le Maroc se trouve moralement et politiquement en dehors de l’Union Africaine bien qu’il en soit techniquement membre", a-t-il dit.
En présence des deux parties au conflit, la République sahraouie, membre fondateur de l’UA et le Maroc, adhérant de l’Union depuis l’année dernière, le 30ème sommet des chefs d’Etat et de gouvernement de l’Union africaine, tenu à Addis Abeba (Ethiopie) du 28 au 29 janvier 2018, vient de confirmer l’engagement de l’Afrique en faveur de "pourparlers directs et sérieux" permettant l’organisation du référendum d’autodétermination du peuple Sahraoui, conformément aux résolutions pertinentes de l’UA et de l’ONU, a rappelé le diplomate sahraoui.
Pour mieux accompagner cette dynamique nouvelle, l’organisation panafricaine décide d’envisager la réactivation du comité de chefs d’État africains pour le Sahara occidental, a-t-il soutenu.

Maroc: "la nouvelle Constitution n'a pas permis le respect des droits humains"




Source: Afp

Maroc: "la nouvelle Constitution n'a pas permis le respect des droits humains"



Mohammed VI du Maroc © AFP
"La Constitution de 2011 n'a pas permis d'engager le Maroc sur la voie des réformes attendues et du respect des droits humains (...), les ONG de défense des droits humains font l'objet d'une répression grandissante, de manière signifiante depuis 2014, de la part des autorités qui interprètent de façon restrictive la législation et s'affranchissent des décisions de justice favorables à la société civile", écrit l'Obs, un programme conjoint de l'Organisation mondiale contre la torture (OMCT) et la Fédération internationale des droits de l'Homme (FIDH).
"La Constitution souligne la primauté des conventions internationales et par conséquent le respect des droits humains", reconnaît le rapport. Un tel respect fait également partie des critères de la FIFA pour l'organisation du Mondial 2026 de football, pour lequel le Maroc est candidat.
Mais le Maroc "ne peut accepter de législation qui soit contraire à la religion musulmane modérée, à la monarchie constitutionnelle et à l'intégrité territoriale".
"C'est ainsi que l'Etat utilise ces +constantes+ pour justifier des violations de droits humains qu'il commet : à titre d'exemple, l'égalité femmes-hommes est subordonnée au respect de la charia", poursuit le rapport.
L'Observatoire pointe en particulier "la rhétorique gouvernementale (qui) amalgame volontairement le travail des ONG de défense des droits humains au terrorisme et à l'extrémisme religieux".
L'OMCT liste ainsi des "entraves dans les procédures d'enregistrement" des ONG, ou "dans leurs activités (manifestations, réunions publiques)". L'Association marocaine des droits humains (AMDH) dénombrait ainsi, début 2017, l'interdiction "d'au moins 125 de ses réunions, conférences et autres événements" depuis juillet 2014.
Outre les organisations marocaines, les organisations sahraouies subissent, elles, "un refus systématique d'enregistrement", souvent justifié par "l'atteinte à l'intégrité territoriale" portée par leurs revendications.
Les ONG se voient également limiter dans leur "accès au financement" en vertu d'une nouvelle obligation faite aux bailleurs internationaux de contacter le ministère des Affaires étrangères avant tout financement d'associations.
Les ONG des droits humains sont également "ciblées par les autorités marocaines", ajoute le rapport qui cite l'arrestation, le 11 juin 2015, du directeur pour l'Europe et l'Asie centrale à Amnesty International et de Mme Irem Arf, chercheuse sur les droits des migrants et des réfugiés pour Amnesty International.
"Malgré des avancées dans le cadre juridique, le respect des libertés et droits fondamentaux inscrits dans la Constitution reste précaire et plusieurs droits garantis ont depuis été vidés de leur substance", conclut le texte.

Selon l'Unicef, quatre enfants sur dix sont pauvres au Maroc


(AFP)
Selon l'Unicef, quatre enfants sur dix sont pauvres au Maroc

Une enquête réalisée par l'UNICEF dresse un état des lieux préoccupant sur la pauvreté multidimensionnelle des enfants du Royaume. Ce triste constat touche plus particulièrement les milieux ruraux. Retour sur cette analyse.

Le rapport "Profil de la pauvreté des enfants au Maroc" élaboré par l'UNICEF* en novembre 2017, et dont les conclusions n'ont pas encore été révélées au public, dresse un tableau très sombre de la pauvreté multidimensionnelle (concept qui intègre les critères socioculturels, en plus du critère financier) des enfants au Maroc.
Presque quatre enfants sur dix au Maroc sont dans une situation de pauvreté, dont trois vivant dans le milieu rural contre un seul en milieu urbain. Aussi les tranches d'âge les plus touchées sont celles allant de 0 à 4 ans (notamment pour des raisons de malnutrition et d'accès au soin) et la catégorie des 15 à 17ans (pour des raisons de déscolarisation principalement). Ce rapport a été analysé par nos confrères de L'Économiste du 29 janvier. Contactée par notre rédaction, l'UNICEF nous a fourni son analyse.

arrestation et la torture d’enfants

Le régime marocain qui fricote depuis toujours avec L’Etat terroriste d’Israel s’inspire de ses méthodes d’Etat voyou, en tout point.  
L’arrestation et la torture d’enfants font désormais partie intégrante des méthodes de répression et de terrorisme du Makhzen honni.

Démocratie : Le cabinet EIU attribue une mauvaise note au Maroc


Par L'Economiste| Le 31/1/2018


Démocratie : Le cabinet EIU attribue une mauvaise note au Maroc
Le cabinet britannique The Economist Intelligence Unit (EIU) a placé le Maroc à la 101e place sur 167 pays dans son nouveau classement mondial des pays les plus démocratiques. Ce dernier prend en considération plusieurs critères (processus électoral et pluralisme, fonctionnement du gouvernement, participation politique, culture politique et libertés civiles). Les pays sont évalués sur une échelle de 0 à 10 en fonction de leurs performances dans chaque domaine.  
Le cabinet estime ainsi que le Maroc, classé dans la catégorie des "régimes hybrides", est loin d'être entièrement démocratique malgré les différentes réformes menées ces dernières années. Les médias n'y sont "pas totalement libres" et les journalistes sont parfois victimes de "menaces", "attaques", "harcèlements", selon l'EIU.
Comparé aux pays de la région Moyen-Orient et Afrique du Nord (MENA), le Royaume reste 3e derrière Israël et la Tunisie. "Après une année de stagnation en 2016, il y a eu une petite régression démocratique dans la région MENA en 2017. Le score régional moyen est passé de 3,56 à 3,54 en 2017", relève le cabinet.

 Share to ImprimerShare to Plus d'options...

Jerada, colère et incompréhension au lendemain d'un nouveau décès d’un mineur

Vendredi 2/2/2018Jerada, colère et incompréhension au lendemain du décès d’un mineur
Le décès tragique jeudi de Abderrahmane Zoukari, 32 ans, dans l’effondrement d’un puits de charbon clandestin, a ravivé la colère des habitants qui réfutent par la même occasion la version des faits des autorités locales. Les manifestants se préparent également à la visite d’une délégation ministérielle présidée par Elotmani.

La population de Jerada est sous le choc, d’autant plus que le décès de Abderrahmane coïncide avec un jour particulier. C’est en effet jeudi 1er février que les habitants avaient prévu de commémorer les 40 jours du décès des deux mineurs Lhoucine et Jadouane – à l’origine du mouvement de contestation qui touche la province.
En signe de deuil, une grève générale est observée ce vendredi 2 février à Jerada. La dépouille de Abderrahmane est à la morgue en attente d’autopsie, tandis que nos sources (locales) font état d’un important dispositif sécuritaire déployé dans la ville.
Contactés par Médias24, des mineurs ont exprimé leur stupeur et leur colère quant à la version véhiculée par un communiqué des autorités locales - suite au décès de Abderrahmane, selon lequel les habitants ont empêché des éléments de la protection civile d’extraire la dépouille du défunt. D’après les mineurs, cette version officielle serait inexacte…
Chaâbane Bouchaouch, l’un des mineurs présents pendant le drame, nous livre sa version des faits: "Les mineurs ont proposé d’extraire eux-mêmes la dépouille de Abderrahmane car ils ont plus l’expérience des descenderies. D’autant plus que l’accès aux puits de charbon devient dangereux en hiver, à cause des pluies qui rendent le sol malléable".
"On a demandé aux éléments de la protection civile de rester et de nous aider en fournissant cordes et matériel, comme cela a été le cas lors du décès de Lhoucine et Jadouane. A notre grand étonnement, ils ont immédiatement rebroussé chemin».

lire l'article : https://www.medias24.com/.../180171-Jerada-colere-et-incomprehension-au-lendemain-du-dcs-dun-mineur

Réseau Hospitalité, Gap, invitation pour un grand pique-nique , info "circulaire Collomb"





                                                                 LE COLLECTIF "UN TOIT, UN DROIT" lance une invitation pour un grand pique-nique
                                                                                                  
                                                                                                         LE MERCREDI 7 FÉVRIER A MIDI
                                                                                                           sur la place de la République

   Il informera de la mise en place effective dans les Hautes-Alpes de la "circulaire Collomb" qui signe la fin de l'accueil inconditionnel dans les centres d'hébergement d'urgence
                                                                                                Voir : http://www.gisti.org/spip.php?article5833


Interview D'Ahmed Zefzafi, père de Nasser au parlement andalou



"J' ai besoin de l' aide de l' Espagne et de l' Europe pour que mon fils ne soit pas condamné à 30 ans pour défendre les droits de l' homme"

- le hirak, avec des exigences en matière de santé, d'éducation et de droits sociaux, a été refoulé avec trois victimes mortelles, 1.200 détenus, 340 en prison selon des données officielles et 600, selon des ONG comprenant dix mineurs.

Maria Iglesias 30/01/2018 :Ahmed Zefzafi au parlement d'Andalousie m.i.




L'Association pour les droits de l'homme d'Andalousie (apdha) a convoqué au parlement andalou le débat sur la situation dans le Rif et l'Andalousie : mobilisation et droits de l'homme sur la rive-Sud, sur la répression au Maroc du mouvement populaire du Rif, hirak, qui est née le vendredi 28 octobre 2016 à la suite de la mort dans un camion poubelle du vendeur ambulant Mouhcine Fikri essayant de récupérer la marchandise que la police a saisie. L'activation du mécanisme du camion n'a jamais été éclaircie.

La journée s'est articulée autour de deux tables, la politique, avec des représentants de tous les partis, à l'exception du pp qui a refusé d'y participer et un préalable avec les experts, le journaliste Ignacio Cembrero, et Jamal El-Khatabi de l'université de l'île de France , deux membres en Espagne du comité de soutien au hirak, Saloua Omari et Reda Benzaza et, surtout, Ahmed Zefzafi, père du leader charismatique des manifestations : Nasser Zefzafi  homme, de 75 ans à la retraite d'"une maison de bienfaisance, orphelinat" à Boumerdes. (...)

Zefzafi a raconté la situation des détenus et des familles en parfait espagnol, "pour avoir été élevé dans le protectorat", et la revendication du hirak de la fin de maltraitance arbitraire de la région et du décret de 1958 par lequel elle est zone militarisée, face à l'exigence d'investissements sanitaires, éducatifs et productifs.(...)

La délégation berbère avec Ahmed Zefzafi, Omari et Benzaza ("Hirak existe en réponse au hogra, abus de pouvoir, quotidien") et une quinzaine de jeunes exilés venus d'Almeria, Malaga et Cadix mais aussi de Barcelone et Madrid s'est sentie, malgré tout satisfaite " de relancer l'attention sur le Rif " et " d'être accueillis à la maison du peuple andalou ".(...)

Quand il a démarré l'interview, les réponses sont arrivées entre des silences et des regards profonds d'un père qui s'exprime sur son fils en prison.

Avez-vous vu votre fils récemment, à la prison de okasha, comment va-t-il ?
Je l'ai vu mercredi et il a le moral élevé... C'est bon... de santé. Mais il est dans cette prison, à 600 km de Boumerdes, depuis huit mois. Lui, isolé, contrairement aux autres. (Nasser Zefzani a été arrêté le lundi 29 mai après avoir interrompu le vendredi à l'imam qui à la mosquée accusait le hirak de créer un schisme au Maroc).

Il a parlé au nom de toutes les familles et represaliados. Vous avez des contacts ?

Les familles (sur les 53 militants détenus à okasha, dont 40 ont fait grève de la faim 44 jours, y compris Nassar) nous les rencontrons chaque mercredi, jour de visite, sur la place de la prison et nous partageons nos préoccupations. Nous sommes ensemble dans cette situation d'injustice. En entrant, ils sont tous dirigés vers une zone, sauf nous qui sommes conduits là où Nasser est isolé.

Vous avez dénoncé la maltraitance, pouvez-vous me le dire ?
Nos enfants sont maltraités. Nasser a été frappé fort sur le trajet de Boumerdes à la prison de Oukacha, près de Casablanca. Il a été torturé et il a fallu lui mettre des points sur la tête. Même maintenant, en prison, à l'isolement, il faut ajouter le manque d'eau chaude, l'interdiction de contact téléphonique, la restriction des visites à trois membres de la famille et d'autres mauvais traitements... (Reda Benzaza, lors de son exposé préalable, a cité des ordres donnés aux prisonniers de se déshabiller  et des sévices sexuels, sinon des abus).

Quand le procès est-il fixé ? Qu'est-ce qui se passe maintenant ?
Nous n'avons aucune information à ce sujet. Nous avons des avocats très intelligents, de grands professionnels, mais nous manquons de données sur la procédure et... Je peux parler de tout sauf de la monarchie et de la justice. Je freine à une ligne rouge.

Nasser a-t-il été détaché avant de lui faire entendre la voix des manifestations ?
Pas du tout. 
Je vais vous dire comment tout a commencé. Ce jour-là, le vendredi 28 octobre 2016, Nasser entra à la maison et sa mère lui dit : " Fils, il s'est passé quelque chose devant le commissariat ". il a demandé : " quoi ?" et elle a répondu : " non, je ne sais pas, mais c'est grave ". Il a couru parce qu'on vit à quelques mètres de là. C'est là qu'il a trouvé la situation, ce jeune homme, Fikri, qui a essayé de récupérer le poisson et qu'il a déjà été impossible de sauver. Il y avait beaucoup de gens autour et Nasser a commencé à parler, oui, il a fait... un discours. Ils sont tous restés ensemble, la nuit du vendredi à samedi. Et le matin, ils étaient dans le cortège funèbre à pied jusqu'à Imzouren, à 20 km, où ils l'enterraient, derrière la voiture qui portait le cercueil. L'enterrement a eu lieu  et ils sont revenus à pied, et ils sont restés ensemble, sur la place des martyrs, dans une concentration pacifique. C'est comme ça que Nasser a commencé

·



jeudi 1 février 2018

Macron, accueil des étrangers




Christine Pedotti , 25/1/ 2018
  Actualité
hashtag_suite.jpg

Depuis quelques jours, les appels en faveur de l’accueil des étrangers fleurissent, y compris émanant de proches du président Macron. Ses différents propos et la politique menée par le ministre de l’Intérieur Gérard Collomb sont mal ressentis non seulement par les différentes associations et ONG qui viennent en aide aux migrants, mais aussi par une partie de ses soutiens dont la sensibilité est plutôt à gauche. Le gouvernement prétend que la loi qui sera présentée au printemps est équilibrée et qu’elle promeut un meilleur accueil des demandeurs d’asile contre une plus grande rigueur à l’égard des migrants économiques entrés sans droit sur le territoire.
C’est déjà au nom de cette distinction que la circulaire du ministre de l’Intérieur veut recenser les personnes accueillies dans les centres d’hébergement d’urgence. De leur côté, les associations refusent de faire cette différence, au nom du principe d’humanité. Bien sûr, les associations ont raison ; le principe d’humanité est précieux entre tous et, devant un homme, une femme ou un enfant en détresse, affamé, malade, livré au froid, il ne peut y avoir de finesse politique. Pour autant, on ne peut négliger ce qui n’est pas dit par le gouvernement mais qui est la raison profonde de son attitude, comme elle fut celle du précédent. Eh oui, il faut en revenir à l’état de l’opinion publique. Sur ce sujet, les chiffres sont têtus, les Français et les Françaises ne veulent pas d’immigration. Au vu du sondage le plus récent (Elabe pour BFMTV en date du jeudi 18 janvier), le refus d’accueil reste très majoritaire quelles que soient les opinions politiques, même si les gens qui se situent à gauche sont un peu moins fermés que ceux qui se reconnaissent à droite. Mais d’autres faits sont avérés : dans tous les cas où des personnes migrantes ont été installées dans un village ou un quartier, l’annonce de leur venue a soulevé la colère des voisins ou riverains et, dans tous les cas, la grande majorité de la population locale s’est mobilisée pour venir en aide aux arrivants. Les belles histoires sont pléthore. Elles montrent que la peur est abstraite et l’hospitalité concrète. L’expérience de la place Maximilien de Bruxelles (voir p. 2) le montre. Quand les gens ne sont plus des chiffres ou des dossiers mais ont un visage et une histoire, tout change.
C’est pourquoi l’urgence, aussi grande que de donner un toit et du pain, c’est de changer notre regard, et c’est ce que nous demandons ici aux responsables politiques de notre pays et en tout premier lieu au président de la République, Emmanuel Macron. La politique, c’est aussi une parole qui change le monde et les coeurs ; l’une des beautés, des grandeurs et aussi des grandes responsabilités de la politique, c’est qu’elle peut permettre à la parole de devenir une action.
Monsieur le Président, vous pouvez faire pencher la balance vers l’accueil au lieu de la faire pencher vers la défiance et le refus. Ne vous laissez pas impressionner par l’opinion publique. Vous avez déclaré que la rue ne faisait pas la loi. La peur non plus ne doit pas être gagnante. Il y a soixante-seize ans paraissait le premier Cahier du Témoignage chrétien, titré « France, prends garde de perdre ton âme », qui se dressait contre la politique de collaboration avec le régime nazi et les lois antijuives. Il est tout à fait certain que, si l’on avait fait un sondage à l’époque, l’appel à la résistance au nazisme aurait été massivement minoritaire ; et les lois antijuives n’ont créé aucun remous.
Monsieur le Président, vous avez de grandes responsabilités, dont celles de la paix civile et de la cohésion nationale, mais aussi celle de l’honneur de la France, ce que le premier Cahier du Témoignage chrétien appelait « l’âme de la France ». Vous ne pouvez pas accepter que l’inhumanité soit le mode de traitement de la question des migrants parce que cette inhumanité ne frappe pas seulement ceux qui la subissent mais aussi ceux qui l’exercent ou la permettent. La question est difficile, nous en sommes bien conscient.e.s, mais nous savons, vous savez aussi, que vouloir bloquer les flux, dresser des murs, est une impasse. Nul n’y réussit, la détresse de ceux et celles qui arrivent est trop grande ; ce qu’ils et elles ont supporté avant de franchir nos frontières est si terrible que nos tracasseries administratives ou policières ne font qu’ajouter le malheur au malheur sans être dissuasives.
Monsieur le Président, la voix de la France compte et vous la portez. Contre les peurs et les repliements, vous devez affirmer que « tout le monde a une place sur cette Terre » et mettre en œuvre des politiques d’accueil généreuses et des alternatives empreintes d’humanité.
CHRISTINE PEDOTTI