2-M | 5º aniversario de la movilización en Madrid por los presos políticos saharauis: cinco años sin respuestas

El próximo lunes 2 de marzo se cumplen cinco años de concentraciones semanales ante el Ministerio de Asuntos Exteriores, en la Plaza de la Provincia (Madrid), para denunciar la situación de los presos políticos saharauis encarcelados en Marruecos y exigir al Gobierno español que asuma su responsabilidad política y jurídica ante esta vulneración continuada de derechos fundamentales.

https://noteolvidesdelsaharaoccidental.org/2-m-5o-aniversario-de-la-movilizacion-en-madrid-por-los-presos-politicos-saharauis-cinco-anos-sin-respuestas/ 

jeudi 13 septembre 2018

Lettre ouverte à Monsieur Tamek, Délégué généralde l'administration des prisons au Maroc,


Prisonniers pour la Justice

Gap, vendredi 14 septembre 2018





Monsieur Tamek, je vous fait part de mon souci concernant le prisonnier Salek Laasairi. Une lettre de Marie-Jo Fressard.






Marie-José Fressard  
                                           
Gap, 10/9/2018

Solidarité Maroc 05

                                                                                 
Monsieur le  Délégué Général
Je me permets de vous faire part de mon souci concernant le prisonnier Salek Laasairi, détenu à la prison locale d'Aït Meloul ( numéro d'écrou 7533). Il y a trois ans j'ai accepté d'être sa "marraine". J'ai alors découvert sa dramatique histoire : condamné à perpétuité par le tribunal militaire marocain pour un crime qu'il nie toujours avoir commis. Je n'ai pas pu apprendre si des preuves de ce crime ont été produites, ce qui me semblerait normal pour une peine de cette gravité.
Depuis que j'assure son parrainage j'ai pu me rendre compte à quel point cet emprisonnement est un enfer pour lui, prisonnier politique sahraoui. Un enfer qui se dégrade semaine après semaine. Maltraitance physique, cachot, destruction et vol de ses quelques biens, maltraitance de sa famille. Et surtout maltraitance psychologique : diminution voire suppression des quelques instants de téléphone avec sa famille et avec ses amis, seuls instants de bonheur qui lui permettent de ne pas sombrer dans la déprime, voire plus. Malgré tout, lors des rares moments pendant lesquels j'ai pu l'entendre au téléphone, il faisait preuve d'un courage incroyable, éclatant de rire, demandant des nouvelles de ma famille et de ma santé. Ne se plaignant jamais, mais plaignant tous ceux qui souffrent. "Moi, tout va bien".

En 2015, lorsque j'ai commencé à avoir des contacts avec lui, il m'appelait chaque lundi après-midi en lançant un joyeux "Ça va bien, grand-mère ?", question ponctuée d'un sonore éclat de rire. Nous pouvions échanger quelques phrases, difficilement à cause du bruit du parloir. Nous échangions aussi quelques lettres, j’envoyais des cartes et quelques colis. Même s'ils mettaient parfois jusqu'à deux mois pour arriver, ils arrivaient.
Mais progressivement, même ces petits bonheurs lui sont interdits. L'appel du lundi est de plus en plus rare, à peine une fois tous les deux mois et de plus en plus brefs. Ses lettres ne me parviennent plus. Il ne reçoit plus les miennes, ni mes cartes. Mon dernier colis m'a été retourné ; je l'ai renvoyé, il m'est revenu.
Ce comportement odieux de l'administration pénitentiaire n'a rien à voir avec une notion de justice, c'est de la pure discrimination, de la haine de la pire espèce.
Monsieur le Délégué Général vous avez le pouvoir d'exiger de la part du personnel de la prison locale d' Aït Meloul que Salek Laasairi soit traité avec un minimum d'humanité comme l'exigent les Conventions internationales que pourtant le Maroc à signées.
D'avance, pour lui, je vous remercie et vous prie de recevoir, Monsieur le Délégué Général de l'administration des prisons du Maroc, l'expression de ma haute considération.
Marie-José Fressard

Présidente de l'association Solidarité Maroc 05

05000 Gap   France

solidmar05@gmail.com



Copies : Solidarité Maroc 05, APSO, Association des familles et amis des prisonniers,solidmar.blogspot.com




mercredi 12 septembre 2018

Un nouveau livre sur le mouvement rifain

La tristesse du Rif. Chronique d'un soulèvement tant attendu

Auteur Sietske De Boer
Éditeur: Uitgeverij Jurgen Maas
Résumé
«La tristesse du Rif» est une histoire mise à jour dans une région dont près de 90% des Néerlando-marocains sont originaires, ainsi qu’une partie considérable des Belges.
Au centre de ce livre de la journaliste et arabisante Sietske de Boer se trouve la récente manifestation populaire dans le Rif contre l'injustice, la privation de la région et la corruption au sein du gouvernement marocain. Elle traite en détail de la montée du mouvement populaire Hirak, dont les dirigeants ont été condamnés à de lourdes peines de prison en juin.
Les manifestations ont commencé la nuit de la mort du marchand de poisson Mohsin Fikri, qui a été écrasé dans un camion à ordures fin 2016 alors qu'il tentait de sauver sa pêche illégale saisie par la police. Sa mort a provoqué des réactions de colère contre l'autorité marocaine. Aux Pays-Bas et en Belgique également, de nombreux Berbères / Imazighen suivent les événements du Rif. Leur implication est donc largement abordée dans «La tristesse du Rif»
De Boer a largement discuté de la rupture entre le Rif et l’État marocain, qui date depuis l'indépendance du Maroc en 1956. Mais pour comprendre la région, de Boer plonge dans l'histoire vers 1900. Elle traite de la l'occupation coloniale, du sultanat marocain, la lutte des Rifains contre les Espagnols menée par Muhand u Abdelkrim AL Khattabi et l'existence de la Ripublique du Rif.
Sietske Boer est arabisante et journaliste, elle a travaillé comme correspondante pour divers médias néerlandais au Maroc. Elle est auteur «Les années de plomb», «Les gens d'Abdelkrim» et «Les Marocains aux Pays-Bas, les néerlandais au Maroc».
https://www.boekenroute.nl/gasten/gtn1Boek.aspx…

Mon exclusion comme enseignant dans les prisons : une peine à perpétuité ?


  Lettre ouverte au ministre de la Justice, Koen Geens

Bruxelles 12 septembre 2018
Monsieur le ministre,
Je vous écris à l’occasion de la rentrée scolaire. C’est aussi une année d’élections qui s’annonce. Mais encore une année de nouveaux débats sur la prison de Haren et la politique pénale à mener dans le futur.
Ce mois de septembre 2018, cela fera dix ans que je ne peux pas reprendre mon travail en tant qu’enseignant dans les prisons belges. Ni rendre visite à un détenu dans aucune prison. Un interdit professionnel imposé en 2008 et maintenu jusqu’à ce jour, en dépit des décisions de justice. Par cette lettre, je vous demande de lever ce bannissement illégal.  
Un rappel des faits.
Permettez-moi de vous rappeler ce qui s’est passé il y a dix ans.
Le 3 août 2008, la direction générale des établissements pénitentiaires m’a interdit l’accès à toutes les prisons de Belgique. Pour des « raisons de sécurité ». À l’époque je ne pouvais pas prendre connaissance de ces « raisons » car il s’agissait, selon la direction des prisons, de la « sécurité nationale, de la défense nationale et de l’ordre public ». Rien moins que ça. Mes avocats eux-mêmes n’ont pas eu accès à mon dossier personnel. Il y aurait de quoi rire si je n’avais pas perdu mon travail, tout comme la possibilité de visiter des détenus.
Un de vos prédécesseurs et membre de votre parti, Stefaan De Clerck, a choisi de couvrir cet interdit professionnel devant la commission de la Justice du Parlement. Le 6 octobre 2009, il déclarait en réponse à une interpellation de la députée Ecolo Zoé Genot : « La décision de l’interdiction d’accès est une décision bien pesée qui a fait l’objet d’un examen approfondi de l’ensemble du dossier. Une telle mesure est exceptionnelle et n’est prise que sur base de raisons sérieuses. L’exclusion pour raisons de sécurité est prise sur base d’une appréciation du dossier global de la personne et ces raisons suffisent en soi pour justifier une exclusion ». Une déclaration digne d’un État policier.
Vous connaissez certainement l’éditorialiste Rik van Cauwelaert, qui commentait dans le magazine Knack : « L’interdit professionnel contre Luk Vervaet, exprimé sur base d’éléments tenus secrets, revient à un règlement de compte en bonne et due forme et au vol du travail d’un homme qui n’a pas caché ces dernières années les conditions inhumaines qu’il constatait dans les prisons belges… Seuls des États voyous se retranchent encore derrière la raison d’État pour imposer le silence à ceux qui pensent autrement ».

jeudi 6 septembre 2018

Dans un accueil de nuit pour femmes sans abri.





Un témoignage bouleversant et superbement bien écrit d'une jeune éducatrice en accueil de nuit pour femmes sans abri.
Julie Popédup, Lutte Sociale Toulouse, 18/6/2018
 
Je suis éducatrice dans un accueil de nuit pour femmes sans abri, un lieu où elles peuvent venir de 18h à 11h. Je vais vous raconter leur réalité à travers la mienne. Éteignez vos télés, fermez vos magazines à sensation, vos journaux politiques, vos réseaux sociaux et écoutez moi. Je vois, j'entends et j'imagine chaque jour ce que l'humanité peut faire subir de pire à un être humain. Écoutez moi et regardez les!!
Ce sont celles qu'on appelait les SDF et encore avant les clochardes. Oubliez vos idées reçues, ce sont vous et moi. Ce sont des mères, des filles, des grands mères. Ce sont des avocates, des architectes, des femmes de chambre, des sportives professionnelles, des serveuses, des écrivaines, des femmes au foyer, des institutrices... Elles sont Espagnoles, Nigérianes, Géorgiennes, Italiennes, Albanaises, Roumaines, Guinéennes, Ivoiriennes, Algériennes, Sénégalaises, Ethiopiennes, Irakiennes... mais majoritairement Françaises.
Elles ont cependant toutes un point commun : la souffrance. Elles ne sont pas nées dans le bon pays, dans la bonne ethnie, du bon côté de la frontière, dans la bonne famille. Et quelque soit leur origine sociale ou leur nationalité, elles sont à la rue, en France.

mercredi 5 septembre 2018

L'avocat Emmanuel Daoud alerte sur le respect des droits des mineurs marocains isolés à Paris


L'avocat Emmanuel Daoud alerte sur le respect des droits des mineurs marocains isolés à Paris

En juin, un accord entre Paris et Rabat a été signé pour envoyer dans la capitale française une équipe de policiers marocains. Le but de cette intervention sécuritaire : identifier et éventuellement expulser les mineurs marocains non accompagnés qui errent depuis plus d'un an dans le 18e arrondissement.

Par

Emmanuel Daoud au Palais de Justice de Lyon en novembre 2012. Crédit: AFP PHOTO / JEFF PACHOUD
Le phénomène des jeunes migrants marocains isolés rôdant dans le quartier parisien de la Goutte d’Or, ne se tasse pas. Âgés de 9 et 17 ans, drogués et livrés à eux-mêmes, ces enfants marocains passés par l’Espagne pour atteindre l’Europe, inquiètent les ministères français et marocains de l’Intérieur. Malgré les 700.000 € débloqués par la municipalité parisienne, les efforts des associations et du Parquet, le phénomène continue de s’aggraver.
Alors débordée, la France a fait, cet été, appel au Maroc. Selon les informations du Desk.ma et de l’Obs, révélées en juillet dernier, entre quatre et six agents de la DGSN ont été dépêchés à Paris en vertu d’un « arrangement administratif relatif au renforcement de la coopération policière opérationnelle ». En « procédant à des identifications » en vue de « leur retour au Maroc », cet accord sécuritaire entend bien endiguer la situation.
Maître Daoud, avocat pénaliste spécialisé dans les droits des enfants migrants,membre du conseil de l’Ordre de Paris ainsi que du groupe d’action judiciaire de la Fédération internationale des droits de l’Homme (FIDH), nous éclaire sur les tenants et les aboutissants de cette entente franco-marocaine. Interview.
TelQuel : En tant qu’avocat pénaliste de formation et spécialiste des droits des enfants mineurs, quel est votre avis sur cet accord sécuritaire ?
Emmanuel Daoud : L’entente entre Rabat et Paris peut se justifier au sens d’un renforcement de la coopération entre les polices françaises et marocaines à ce sujet. De ce point de vue là, je n’y vois pas de problèmes. En revanche, ce sont les modalités de mise en œuvre de cette intervention de policiers marocains sur le territoire français qui ne vont pas. Cet accord a été formalisé pour permettre aux agents marocains d’exercer leurs fonctions sporadiquement sur le territoire français. En l’occurrence d’essayer de retracer le parcours familial et individuel de ces jeunes mineurs marocains faisant l’objet d’interpellations dans le quartier de la Goutte d’Or. Le vrai problème, c’est que ces auditions, qui ont pour objectif de vérifier si ces mineurs marocains sont désireux de rentrer au Maroc, se sont réalisées – ou se réaliseraient – hors de la présence d’avocats.

En quoi, légalement notamment, cette procédure pose-t-elle problème ?
On n’auditionne pas des enfants sans la présence d’avocats. Dans ce sens, on peut s’interroger sur la garantie lors de ces interrogatoires du respect de « l’intérêt supérieur de l’enfant » – introduite par la Convention des Nations unies relative aux droits de l’enfant de 1989.
Aussi, leur demander s’ils seraient prêts à rentrer au Maroc est un non-sens, puisqu’on sait bien que la majorité d’entre eux ont fui le Maroc en raison de violences interfamiliales, et ont quitté délibérément leur pays pour essayer de trouver des jours meilleurs.



lundi 3 septembre 2018

Déchéance de la nationalité, expulsions, non-protection consulaire des binationaux… Banalités ou vrais dangers ?




par Luk Vervaet

Ces dernières années, la discrimination d’État liée à la nationalité, a été justifiée par la lutte contre le terrorisme et contre la (grande) criminalité. Pas une seule objection au Parlement belge contre la nouvelle loi de juillet 2016 sur la déchéance de la nationalité belge de personnes condamnés pour terrorisme[1]. Pas de grand bruit non plus quand ce même parlement a voté la nouvelle loi du 9 février 2017 permettant l’expulsion de détenus possédant une autre nationalité. [2] Cette nouvelle loi supprime l’interdiction d’expulser les étrangers, nés en Belgique ou arrivés avant l’âge de douze ans, et elle élargit les motifs pour les expulsions. Nos autorités se vantent déjà des résultats de cette loi : si en 2012, il y a eu 378 expulsions, 629 en 2013 et 625 en 2014, les chiffres ont pris un envol spectaculaire à partir de 2015, avec 1.437 expulsions, puis 1.595 en 2016 et enfin 1.622 en 2017 !

La loi sur la déchéance de la nationalité n’est pas passée en France. Elle y a même provoqué la démission d’une ministre. 
Rien de tout cela en Belgique : il ne s’agit que de terroristes et de criminels qui n’ont pas leur place parmi nous. Et surtout, le fait de s’opposer à ces lois pourrait causer des ennuis, permettre l’accusation d’avoir des sympathies pour le terrorisme. C’est ainsi qu’on raisonne dans notre pays. 
On balaie ainsi toute réflexion sur le fait que la question de la nationalité n’a rien à voir avec un délit commis, qu’il s’agit de la réintroduction de la double peine, qui ne vaut pas pour les belgo-belges et qu’on réalise dans les faits les revendications de l’extrême droite fasciste.

Après les lois de 2016 et de 2017, la loi du 9 mai 2018 de Reynders et de Geens franchit un nouveau pas, qui fait partie de la même logique d’exclusion par la discrimination selon la nationalité. Dorénavant est inscrit dans la loi que les binationaux seront privés d’une assistance consulaire, une fois qu’ils se trouvent dans le pays de leur deuxième nationalité et que ce pays s’oppose à une aide belge. 
Bien que cette loi touche des dizaines de milliers de concitoyens, des raisons pour banaliser cette mesure sont avancées. 
Ça a toujours été comme ça, rien de nouveau, me disent certains. Que la Belgique n’accorde pas d’aide aux Belgo-Marocains qui se trouvent au Maroc, le pays de leur deuxième nationalité, est tout à fait logique et normal, me disent d’autres. Sinon, à quoi ça sert d’avoir une deuxième nationalité ? Aussi, ce n’est que dans le cas où le pays de la deuxième nationalité s’oppose à une protection belge. Ou encore, me disent-ils, ce sont les lois et des accords internationaux qui stipulent les règles à adopter concernant les binationaux. La Belgique et le Maroc ne font que les appliquer…

dimanche 2 septembre 2018

Prisonniers sahraouis dans les geôles marocaines

Des militants des droits de l’homme tirent la sonnette d’alarme

01 septembre 2018


La Ligue pour la protection des prisonniers sahraouis dans les prisons marocaines a tiré la sonnette d’alarme sur l’état de santé des prisonniers politiques sahraouis qui croupissent dans les geôles marocaines, en raison des conditions de leur détention et la poursuite des grèves de la faim illimitée entamées par des détenus depuis plus d’un mois, selon l’APS, citant la presse sahraouie de jeudi.
Celle-ci a rapporté que les prisonniers politiques sahraouis Abdel Mawla Al Hafedi et Mohamed Dada ont entamé une grève de la faim de plus de 38 jours, ainsi que leur camarade Ali Chargui, qui en est à son 27e jour de grève de la faim, protestant contre les conditions de leur détention dans les prisons marocaines.
L’Association de protection des prisonniers sahraouis a appelé toutes «les institutions et organisations internationales de défense des droits de l’homme à faire pression sur l’occupation marocaine pour qu’elle mette fin à sa politique arbitraire contre les prisonniers politiques sahraouis».
Plusieurs prisonniers politiques sahraouis avaient entamé une grève de la faim illimitée pour dénoncer les conditions de détention difficiles dans les prisons d’occupation marocaines, notamment les prisons d’Aït Melloul et Tata.
Les organisations internationales militant en faveur des droits de l’homme au Sahara occidental occupé avaient dénoncé à maintes reprises les «conditions inhumaines» imposées aux prisonniers politiques sahraouis au Maroc, notamment ceux faisant partie du groupe de Gdeim Izik, placés à l’isolement et privés de tous leurs droits fondamentaux.

samedi 1 septembre 2018

Michel Toesca militant libre , auteur du film "Libre"






Michel Toesca devant l’affiche de « Libre » à l’entrée de l’Image.
Michel Toesca devant l’affiche de « Libre » à l’entrée de l’Image.

C’est un homme accessible et loquace qui s’est présenté au public pour l’avant-première de son film, jeudi, à l’Image. Un militant quotidien de l’humanité, un homme engagé dont le métier est de montrer. 
Michel Toesca présentait « Libre ». Il a tourné caméra au poing, filmant sans autorisation, synthétisant une amitié et un combat légal parce qu’il « ne croit pas à la distance entre le cinéaste et son sujet ». Ses sujets principaux sont Cédric Herrou et les migrations de populations dans la vallée de La Roya. Les lignes de La Roya bougent comme les réfugiés qui la traversent ou le vent évoqué au début du documentaire par le fils d’une immigrée italienne du siècle dernier, celui dont « on ne sait pas d’où il vient, on ne sait pas où il va ». Elles bougent puisque les frontières s’y déplacent dans un Espace Schengen que la peur du terrorisme ne cesse de refermer. Cédric Herrou lui, fait bouger les lignes par son action, en artisan investi du « Principe de fraternité ».

Émotion palpable

Michel Toesca s’en fait le témoin visuel et le porte-parole impliqué, acteur de son propre film. Après la projection, la rencontre entre un public sous le coup de l’émotion et le réalisateur a suscité des échanges nourris. 
Indiscutablement, cette première rencontre cinématographique de la saison dans le cinéma l’Image  confirme l’intérêt de ces soirées et en appelle de nombreuses autres.

© Le Télégramme https://www.letelegramme.fr/finistere/plougastel-daoulas/image-michel-toesca-militant-libre-31-08-2018-12064867.php#RWtIFMwfgB2Zzq8m.99

La Chine est devenue une grande puissance scientifique, tandis que le Maroc reste un pays pauvre.




Chirurgien, énarque, entrepreneur, Laurent Alexandre est aujourd'hui business angel.
Chirurgien, énarque, entrepreneur, Laurent Alexandre est aujourd'hui business angel.
Bruno Levy



La mondialisation a changé la planète : 2 milliards d'êtres humains sont sortis de la misère, et l'espérance de vie a doublé dans les pays émergents. Jamais les conditions de vie ne se sont améliorées aussi rapidement. Mais les progrès ont été très variables : les pays et les aires culturelles qui embrassent le capitalisme cognitif - c'est-à-dire l'économie de la connaissance, de l'intelligence artificielle (IA) et du big data - connaissent une croissance rapide, ce qui modifie radicalement la hiérarchie des nations.  
En 1960, la Corée du Sud avait la même richesse par habitant que les pays pauvres d'Afrique noire et elle n'a rattrapé le Maroc qu'en 1970. Aujourd'hui, la Corée du Sud est un géant technologique dans plusieurs domaines clefs comme les microprocesseurs, les écrans, les logiciels, les smartphones et le nucléaire. En 1980, le Maroc était cinq fois plus riche que la Chine : 1075 dollars de revenu annuel par habitant, contre 195 pour la Chine !  

Ceux qui ont investi dans l'éducation et les sciences

La Chine est devenue une grande puissance scientifique, tandis que le Maroc reste un pays pauvre qui connaît encore un taux d'analphabétisme de 40 % chez les femmes. Pourtant, le roi du Maroc est un monarque éclairé, entouré d'élites technocratiques de qualité. Mais ce n'est pas suffisant pour suivre le rythme effréné de l'Asie, qui investit massivement dans la recherche, l'innovation, l'éducation et l'IA. Il n'y a, par exemple, toujours aucun centre de recherche digne de ce nom en Afrique du Nord : les scientifiques y sont socialement bien moins bien considérés que les docteurs de la foi.  
Le Venezuela, qui était plus riche que Singapour en 1970, est désormais un pays miséreux, déserté par ses élites et ses classes moyennes. La France était trois fois plus riche que Singapour en 1970 : le jour où les Français réaliseront que les habitants de Singapour ont désormais le double de leur niveau de vie, ils demanderont des comptes à la classe politique. Ces bouleversements géopolitiques ne doivent rien au hasard, mais sont la conséquence des immenses investissements éducatifs, scientifiques, technologiques des pays d'Asie de l'Est : Singapour, Chine, Taïwan, Hongkong et Corée du Sud.  

L'Asie, continent du capitalisme cognitif

La part de la Chine dans les dépenses mondiales de recherche a explosé : 2 % en 1995, 23 % aujourd'hui, c'est-à-dire plus que l'Europe tout entière, et elle se rapproche à grands pas des Etats-Unis. Les pays d'Asie de l'Est deviennent des géants scientifiques pendant qu'en Europe du Sud (Espagne, Italie et Portugal), on investit à peine un peu plus de 1 % de la richesse nationale - le PIB - en recherche. Le taux est de 2,2 % en France contre bientôt de 5 % en Corée du Sud.  
La montée en puissance des pays asiatiques dans le classement Pisa des systèmes scolaires est devenu un tabou pour la classe politique française. En sciences, Singapour est numéro 1 mondial, et la Corée du Sud, la Chine, Taïwan et le Vietnam ridiculisent les petits Français. Ainsi, des millions d'ingénieurs et de chercheurs à très haut potentiel sont formés en Asie, qui devient le leader du capitalisme cognitif.  
Après, les hommes politiques européens font semblant de s'étonner que nos économies soient bas de gamme tout comme les salaires qui vont avec... A eux les microprocesseurs, à nous les petits boulots ! Les pays asiatiques préparent ainsi leurs enfants à être complémentaires de l'IA. Cela explique que l'Asie conquérante n'a pas peur du futur, contrairement aux Européens : 90 % des Chinois, contre un tiers des Français, pensent que l'IA sera bonne pour la société. Pour éviter de devenir les perdants du capitalisme cognitif, il faut que nous vénérions les chercheurs, les ingénieurs et les enseignants. L'Asie montre le chemin.  

Nasser Zafzafi annonce une grève de la faim illimitée






Dans une vidéo publiée sur Facebook, le père du leader du Hirak annonce que son fils Nasser Zafzafi entame une grève de la faim illimitée pour dénoncer « les privations et humiliations » qu’il dit subir en détention. La prison locale réagit sur les conditions de détention, sans nier sa grève de la faim.

Par




Nasser Zafzafi Crédit: Yassine Toumi/TELQUEL

Le leader du Hirak rifain, Nasser Zafzafi, condamné à 20 ans de prison dans le cadre du procès des évènements d’Al Hoceima, a entamé une grève de la faim illimitée selon son père Ahmed Zafzafi. Ce dernier s’est exprimé dans une vidéo publiée le 30 août sur Facebook, et a réitéré ses propos à l’AFP.
Ahmed Zafzafi annonce que son fils ne prendra ni eau ni sucre. Selon le témoignage du père, cette grève a pour objectif de dénoncer « les privations et humiliations » qu’il dit subir en prison. La même source affirme que la figure de proue du Hirak est isolée « dans un cachot » où « il ne peut faire sa prière qu’en s’asseyant sur une chaise, la cellule étant trop petite. »
Dans la vidéo, le père informe que son fils a demandé à sa famille de ne pas essayer de le dissuader d’arrêter sa grève. « C’est une grève de non-retour », a déclaré Ahmed Zafzafi à l’AFP. Selon lui, son fils « est décidé à ne plus manger ni boire jusqu’à ce que ses revendications soient satisfaites ». Lesquelles se résument aux « droits dont bénéficient les autres prisonniers : qu’on le sorte de l’isolement en cellule individuelle et le mette dans une cellule digne où il puisse voir et parler » avec les détenus, a-t-il ajouté.

L’Odyssée de l’Aquarius

Le navire Antigone

Le vertige. Face à ces vies englouties. Là, dans cette mer que nous aimons : la Méditerranée. Sur les bords de laquelle beaucoup d’entre nous, Européens, vivons ou passons des vacances. Cette mer qui est un lieu de culture, de repos, de tourisme, de beauté, cette mer sur laquelle nous naviguons, parfois, cette mer devenue cimetière à ciel ouvert pour des femmes, des enfants, des jeunes hommes qui y meurent en masse.
Le vertige face aux récits terrifiants qui nous parviennent de Libye. Des mots que l’on croyait appartenir au passé ressurgissent : « traite humaine », « esclavagisme », et toute la cohorte des crimes qui vont avec : viol, séquestration, extorsion, torture…
Le vertige face au temps qui passe. Cela fait près de quinze ans que l’on meurt en Méditerranée. Demandez à Pietro Bartolo, médecin de Lampedusa : il vous dira avec son sourire triste qu’il est l’homme qui a fait le plus d’autopsies en Europe. Demandez à Giusi Nicolini, l’ancienne maire : elle vous dira que pendant des années, elle a appelé de ses vœux, en vain, une réponse européenne à la détresse qui s’échouait sur les rives de son île. Les routes changent. Elles varient selon les accords bilatéraux et la géopolitique mais le scandale humanitaire continue. Et jour après jour, il faut se faire violence pour ne pas s’habituer. J’ai écrit mon roman « Eldorado » en 2005 parce que déjà alors, la colère nous saisissait face à ces tragédies humaines. Et depuis, qu’est-ce qui a changé ? Rien, si ce n’est l’accumulation. Rien si ce n’est l’habitude. Est-ce que notre écoute peut s’émousser ? Est-ce que notre capacité d’empathie peut s’assécher ? Et si oui, qui allons-nous devenir ?
Face à la colère du citoyen européen que je suis, face à la rage ou à la mélancolie qui me saisissent parfois (c’est selon les jours…) : il y a SOS Méditerranée. Des hommes et des femmes se sont retroussés les manches pour faire quelque chose. Juste cela – qui est énorme : faire quelque chose. Et ça marche. Au prix d’une énergie folle, de sueur, de batailles et d’obstination, ça marche. Des vies sont sauvées. Plus de 28000 depuis 2015…
Pendant ce temps, l’Europe brille par ses dissensions, ses tractations minables et son embarras. Je l’ai vu pourtant, moi, l’Europe. Deux fois. Ce n’était ni dans les discours de nos hommes politiques, souvent si frileux, ni dans les politiques d’accueil des Etats. La première fois, c’était dans les « jungles » du Nord de la France, celle de Calais ou celle de Grande Synthe où des centaines de bénévoles venus de France, d’Angleterre, de Belgique et d’Allemagne venaient aider, distribuer de la nourriture, démontrer par des gestes simples leur solidarité. Et puis, je l’ai vue une seconde fois : chez SOS Méditerranée. Là aussi, Italiens, Français, Allemands sont unis pour apporter une réponse à la tragédie humanitaire de la Méditerranée, une réponse européenne et citoyenne. L’énorme vertu de SOS Méditerranée est de nous rappeler que si le politique a fui devant la question du sauvetage, le monde citoyen peut s’en emparer. Que si l’Europe a peur, le monde citoyen peut, lui, regarder le problème droit dans les yeux et agir. Cela ne fait pas que sauver l’honneur. Cela sauve des vies.
Nous savons depuis qu’Antigone s’est dressée face à Créon, qu’il existe des « lois non écrites ». Elles ne sont pas là pour veiller au bon ordre de la cité, elles sont garantes de notre humanité. Elles nous rappellent que les lois des Etats ne sont pas tout - parce que les gouvernements sont parfois peureux ou parfois se trompent. Sauver des hommes et des femmes qui vont se noyer est une de ces lois non écrites. On pourra parler pendant des heures de la situation migratoire en Europe, des relations Nord-Sud, on pourra lancer tous les débats que l’on voudra en s’étripant entre partisans de l’accueil et partisans de l’Europe forteresse, on se heurtera toujours à cette réalité qui gifle notre humanité à chaque fois qu’on l’énonce : chaque année, des milliers de migrants meurent en Méditerranée.
SOS Méditerranée s’est mis d’emblée du côté de cette vieille loi sacrée : on ne laisse pas mourir quelqu’un sous ses yeux. C’est un impératif catégorique. Cela ne viendrait à l’idée de personne de passer son chemin devant quelqu’un en train de mourir dans la rue. C’est pareil pour la Méditerranée. Elle est sous nos yeux. Nos bateaux la connaissent, la sillonnent. C’est notre mer. Ne laissons pas un certain discours politique nous faire croire que sauver des vies ne résout pas le problème et que si on n’a pas de solution globale pour « régler » la crise migratoire, il ne faut pas se lancer dans des actions humanitaires soit disant incertaines qui pourraient envoyer de « mauvais signaux »... C’est faux. Sauver des vies, c’est sauver des vies. Et c’est un devoir.
L’Europe va pourrir sur place si elle oublie cela et déserte ce combat. C’est d’autant plus notre devoir que nous sommes nous, Européens, les fils et les filles d’un continent qui, plus que les autres, sait ce que c’est que la lutte entre barbarie et humanisme. Aujourd’hui, la barbarie, c’est l’indifférence et SOS Méditerranée nous rappelle que l’humanisme, souvent, doit d’abord prendre le visage d’un refus. Les hommes et les femmes qui patrouillent en notre nom sur l’Aquarius refusent de ne rien faire. Ils giflent, à chaque jour qui se lève, à chaque vie sauvée, à chaque main tendue, cette indifférence coupable qui par haine, par peur ou par paresse, enlaidit l’Europe où nous vivons. Que leur élan inspire et nourrisse notre propre engagement.
 http://www.kheper.org/L-Odyssee-de-l-Aquarius